Les couches lavables: oui mais c’est pas du nougat

J’ai deux enfants et deux fessiers à m’occuper, enfin, j’ai eu deux fessiers à m’occuper l’un après l’autre pour être plus claire puisque mon ainé est sans couche depuis un bail. Mais, déjà, depuis lui, j’ai « étudié » le concept du lavable et, pour lui, je n’avais pas choisi ce camp. Mais là pour le second, je me suis lancée. Y avait juste un truc, il ne fallait pas que ça devienne un projet trop compliqué.

Après avoir lu un bon paquet d’articles sur ce sujet, avec un tas de comparaisons (je crois pas avoir fait autant de tableaux comparatifs pour ma bagnole!), j’ai acheté UNE couche lavable. C’était la marque que je voulais tester en TE2 et elle était en promo. Une fois reçue, j’ai rangé la couche et j’ai attendu que mon bébé arrive pour la tester.

Mon fils est né et à un moment donné j’ai donc ressorti la couche. Le test a été renouvelé plusieurs fois et ça roulait, c’était faisable, ça fuyait pas, ça n’abîmait pas les fesses de mon bébé, alors bon, j’ai validé l’idée. Il fallait maintenant passer aux choses sérieuses et acheter un lot.

J’ai refait des comparaisons, relu des articles et je suis donc restée sur la marque de mon essai, mais je suis partie sur des TE1 étant donné que je lisais de meilleurs avis et que ma sage femme utilisait justement cette marque en TE1 depuis un bon moment et qu’elle m’en avait fait un joli tableau. Une vente privée, des prix du tonnerre, quelques clics, c’était payé et bientôt chez moi.

On était paré, les accessoires étaient achetés (savon détachant, poubelle à couches sales, filets anti-caca, etc), on avait hâte de se lancer. Une fois reçues, j’ai fait plusieurs lavages des couches et des boosters et puis c’était parti.

On était enchanté, les fesses de bébé aussi. Les tâches ménagères c’est chiant mais m’occuper du linge m’a toujours plu, alors j’étais contente de faire mes lessives de couches lavables.

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Pourtant, et bien, rapidement les inconvénients (auxquels on s’attendait un peu), sont devenus un peu pénibles. Face à la facilité et rapidité d’utilisation des couches jetables, les inconvénients du lavable ont pris du poids. Je t’avoue que certains jours, au moment de changer la couche de la Granule, j’ai ma main qui manque de déraper vers le tas de couches jetables qui me fait de l’oeil, mais je me retiens.

C’est quand même vachement (plus) contraignant les lavables, sachez le. Je dis ça parce que de toutes mes lectures sur le net, je n’ai lu que des éloges sur le lavable, les contraintes me paraissaient si riquiqui. Pourtant, dans le concret, c’est pas mal chiant. Le plus pénible selon moi? le caca. Mon fils est encore un grand fan de lait, donc tu imagines que ses cacas s’étalent bien partout dans la couche. Le filet de protection ne suffit jamais. Alors, il faut passer un certain temps avec la couche sous le jet d’eau du lavabo, ça en met partout, ça utilise pas mal d’eau, ensuite on savonne avant d’y mettre dans la poubelle à couches sales. C’est chiant. Au début, j’ai tenté de me battre contre les tâches sur les couches, du savon, du prélavage, du relavage, maintenant j’ai laissé tomber. La plupart de mes couches sont encore bien blanches, mais beaucoup de boosters sont gris/oranges.

 

Inconvénients du lavable:

Il faut du matos: on croit pas comme ça, mais il ne faut pas juste des couches, il faut (bien sûr) des boosters, des filets de protection, du savon détachant, un seau ou une poubelle pour les couches sales, des paniers ou emplacements pour stocker les couches propres, et peut être d’autres choses auxquelles je ne pense pas.
Il faut de la place: il a fallu repenser les rangements de la chambre, ce n’est pas grand chose mais du coup une vingtaine de couches ça prend de la place!
Entretien contraignant (caca, prélavages, lavages, etc): ça c’est le plus chiant du concept. Après un caca, tu dois jeter le filet avec le caca dedans, rincer à l’eau froide la couche pour enlever le caca résiduel (chez moi il est assez conséquent…), savonner doucement, puis mettre le tout dans le seau à couches.
Avant de faire un lavage, je lance parfois un cycle de rinçage lorsque beaucoup de couches ont été salies par du caca (tout ça pour éviter d’encrasser le lave linge et le reste du linge avec des miettes de caca. Je te dis tout net, il nous arrive encore d’avoir des miettes de caca « propre » sur notre linge tout propre…)
Odeur forte d’urine: les couches lavables cachent évidemment beaucoup moins les odeurs que les couches jetables, c’est normal puisqu’elles ne sont pas bourrées de produits chimiques anti-odeur. Du coup ça sent fort l’urine quand bébé a vidé sa vessie!
Ca utilise plus d’eau quand même: entre les cycles de rinçage avant lavage, les machines qu’il faut faire un peu plus souvent que d’habitude et toute l’eau qu’on utilise pour retirer le caca des couches, ça fait, je crois, quand même un peu plus d’eau utilisé dans la maison, et on l’a constaté sur nos factures.
Ca n’absorbe pas autant: avec les jetables, je n’ai pas besoin de changer mon fils avant 4h d’utilisation, voire plus. Là, avec les lavables (avec les gros boosters), ça ne tient pas plus de 3h.
Ca fait des grosses fesses (attention aux tailles de vêtements). Le fait que ça fasse un gros popotin, en soi, ne me dérange pas, mais j’ai eu le soucis des bodys. Certains bodys qui lui vont avec des couches jetables, ne lui vont plus avec les lavables, je dois donc faire attention aux prochaines tailles que j’achèterai.

Avantages du lavable:

C’est écolo: quand même, même si on utilise plus d’eau, clairement nos poubelles ont trèèèèès fortement diminuées. C’est ultra gratifiant j’avoue.
C’est écono: on dépense quasiment plus rien pour le change de bébé. C’est simple, en 6 mois, on a amorti nos dépenses.
C’est sain pour bébé: pas de produits chimiques inconnus en contact permanent avec le fessier de bébé. Nous avons opté pour des couches et boosters en 100% bambou, donc il n’a que du bambou en contact avec sa peau. C’est carrément rassurant.
C’est plutôt joli: encore que nos modèles sont assez simples, mais tout de même, c’est chou, c’est doux, c’est mille fois plus joli que les jetables.

Inconvénients du jetable:

Ca pollue: les explications sont superflues, entre la fabrication et les poubelles, ça fait un paquet de plastoc qu’on fait bouffer à la planète.
C’est cher: 9.40€ pour 32 couches. Voilà précisément ce qu’on dépense en jetable. On utilisait un paquet par semaine.
C’est bourré de produits chimiques: il y a des dérivés de pétroles et autres saloperies dans les couches dont on ne connait même pas la composition.
C’est l’argument qui m’a fait passer au lavable, parce que les couches sont en contact permanent avec la peau de nos bébés, et ça durant plusieurs années. c’est dire comme l’impact des produits chimiques a bien le temps de s’installer dans les cellules et l’ADN des petits.

Avantages du jetable:

Rapidité d’utilisation: tu prends, tu mets, t’enlèves, tu jettes. Tu peux pas faire plus simple.
Forte absorption: absorption du tonnerre, plus de 4h sans avoir de fuites et toute une nuit sans problème également.
Couches fines: c’est tellement fin ces trucs, c’est vrai que c’est pas mal sympa d’avoir des couches « discrètes ».

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Alors, clairement les inconvénients du jetable ont fait l’essentiel de notre choix, le reste n’a pas vraiment pesé dans la balance. Je te parle ici beaucoup des inconvénients du lavable parce que clairement ce n’est pas super pratique comme concept surtout pour nous, ultra civilisés qui sommes habitués à la facilité du jetable. Mais, tout ça n’est rien en comparaison des bénéfices de ces couches qui sont tellement plus saines pour bébé.

Je sais également que j’aurais pu tester différents modèles de couches lavables pour trouver peut être celui qui nous conviendrait le mieux en portant le moins d’inconvénients possibles, mais il n’était pas question que j’achète quinze modèles différents pour me retrouver avec treize modèles qui ne conviennent pas et qui encombreront les placards après avoir vidé mon porte monnaie.

Nous avons 17 couches lavables et il faut faire des lessives tous les deux jours si on ne veut pas en manquer.  C’est de toute manière déjà la fréquence que nous avions pour les vêtements de toute la famille.

Niveau durée de vie des couches, je ne sais pas encore. Cela fait 6 mois qu’on en utilise et mes couches et boosters vont bien sauf une couche qui est abîmée mais je ne sais pas ce qui lui est arrivé à celle là…

Nous achetons encore du jetable pour la nuit et pour les longues sorties. Ce qui est sûr c’est qu’actuellement le budget couche est incomparable avec celui d’avant.

Avant: environ 9.40€/semaine. Sur un an: 489€
Maintenant: 170 euros + 9€/2 mois. Sur un an: 214€

En 6 mois, l’investissement de départ est amorti. Je précise que le modèle de couches lavables que l’on a choisi est un des moins cher, on trouve souvent des couches à 20€ l’unité soit le double du prix des nôtres.

Tu le vois le sourire sur mon banquier?

 

 

Je m’arrache du courant

Il y a quelque chose que mes proches ont constaté depuis un moment. Je dévie lentement mon chemin du leur. C’est pas grand chose et il y a bien plus décalés que moi mais tout de même, le peu de liberté que je m’accorde les chagrine parfois.

L’indice révélateur

Ca a commencé vers 13 ans, lorsque j’ai annoncé à ma famille de carnassiers que je ne mangerai plus d’animaux. Je vais te dire le plus saoulant, c’est que 20 ans plus tard, on me taquine (on me critique) encore beaucoup avec ça, « Mais pourquoi tu manges pas de poissons non plus? » « Tu sais qu’il y a des études qui montrent que… » « Mais du coup tu manges rien aux repas! ». Je ne mange pas de poissons pour em**rder les gens qui m’invitent chez eux pour un repas. Il y a des études bidons oui c’est sûr. Je ne mange rien à la place, je broute de la salade et c’est tout puisque la viande constitue visiblement l’ingrédient principal des repas, non?.
« Bon, remettez vous, et surtout on va pas échanger nos points de vues jusqu’à notre mort, on va se répéter un peu sinon ».

Pourtant, depuis mon berceau, je suis l’enfant typique qui est sage et obéissante. J’ai toujours suivi les règles, les devoirs et franchement, en dehors de ce « détail » alimentaire, c’était clairement le cas. Très silencieuse, j’avais, c’est sûr, peur de ne pas être aimée par mes parents et les autres, alors je faisais en sorte qu’on ne me remarque pas. Dans le rang, en silence.

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La rébellion, la révélation

Et puis… je suis devenue maman et là s’est révélée en moi la Cendra rebelle mais, plus que rebelle c’était surtout la Cendra réelle qui avait ses propres idées. Ca a mis du temps et ça en met encore, faut pas croire mais bondieu que c’est lent de modifier son cerveau et ses automatismes. Alors je bosse encore pour détruire ce satané message erroné « Cendra, sois sage et tais toi, fais ce qu’on te dit, on sait mieux que toi et surtout, tu dois suivre nos lois si tu veux qu’on t’aime ».

Avec le temps j’y arrive doucement. Je fais de moins en moins mes devoirs. Et, surtout je m’écoute de plus en plus. Il y a des principes de vie qui me sont devenus essentiels, au point de passer avant, bien avant, ma peur du jugement des autres. Je suis devenue prête à les affronter, même si ça doit se faire en tremblant un peu.

La fissure s’est élargie significativement lorsque, devenue mère de la Globule, j’ai cessé d’écouter les autres parents (et non parents) et j’ai totalement fait une croix au marqueur sur les principes d’éducation traditionnelle basée sur la peur, les menaces et la violence éducative ordinaire. Très nettement, mes proches étaient (et le sont encore beaucoup) médusés par notre façon de faire. Je les comprends puisque je pensais comme eux avant, alors je ne les juge pas. Cela ne m’empêche pas de défendre mes idées et de ne pas me laisser critiquée.
C’est évident, bien sûr que ça déstabilise et il est certain que voir sa soeur/fille/nièce/etc, prendre le large et ne plus être en accord avec les lois familiales, cela touche, peut être que ça donne même l’impression d’être trahi.

Mais là, très clairement, avoir un enfant m’avait fait repenser à mon enfance. J’ai revu la petite Cendra muette et bondieu, elle s’est mise à hurler en dedans. Je suis entrée dans une période de rejet complet. J’ai eu comme de grandes montées de colère contre mes parents et plus largement ma famille. Ma vision des choses passées étaient devenue noire, au point de me dire que tout avait été mal fait dans mon enfance. Je n’avais plus envie de voir ni de discuter avec mes proches, j’étais fermée à eux. Ce qu’ils pensaient, leurs idées, tout ça me paraissaient mauvais, loin de moi et pleins de jugement. J’ai compris rapidement que cette phase était normale et salutaire. Pour la suite, pour révéler mon identité. Pour me libérer des lois familiales, il fallait que je jette tout très loin pour y voir plus clair et me laisser aussi surtout, le droit de réécrire mes lois. Un peu comme lorsqu’on détruit un bâtiment, mais qu’ensuite on revient sur les lieux pour y récupérer quelques pierres qui pourraient servir.

L’apaisement

Doucement, ça s’est fait. Cette assiette pleine que j’avais repoussée si loin, je me suis surprise à venir y picorer quelques morceaux. C’est assez récent et loin d’être encore totalement apaisé. Alors qu’il y a peu, mes souvenirs du passé n’étaient que mauvais, j’entrevois maintenant un sacré paquet de bons moments et de positif. C’est fou, l’esprit, il voit que ce qu’il veut bien voir. C’est dingo, comme quoi. La réalité n’existe pas ou bien alors, nous ne la possédons pas. Avant, je ne me souvenais que des yeux détournés, ces yeux que je ne voyais pas, des insultes, du sang, des cris, des interdits, du mépris, de l’ignorance, de la violence, de la négligence, de la solitude, du silence, des non-dits. Maintenant, je n’ai pas oublié mais, à tout ça ce sont couplés des émotions opposées, de la présence, des caresses, de la liberté, des rires, des jeux, des échanges, de la complicité, de la bienveillance. Un peu de pile, un peu de face, on colle tout ça, et je crois que la maquette tient debout.
La mort de mon père, cette mort que je ne comprends pas, m’a apporté beaucoup. C’est lui, en partant qui m’a donné une autre pelle pour creuser encore et, avec cet entrain positif que je travaille maintenant depuis un moment, j’ai pu découvrir qu’il y a, sous ce tas de sable, pas mal d’amour. C’est tellement stupide et irrationnel de cacher notre amour pour nos proches, c’est une perte de temps et de positif. J’ai du mal à comprendre pourquoi, quel est donc ce foutu risque que l’on craint lorsqu’on dévoile nos émotions et sentiment. Il y avait de l’amour dans les actes très maladroits de mes parents. Je l’ai compris maintenant.

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Lever la tête

C’est ainsi que j’ai continuer à avancer dans mes démarches intérieures. Et j’ai donc continué mes choix avec le menton un peu plus haut.

On se décale d’avantage encore des habitudes familiales. Nous mangeons bio au maximum, nous cherchons au maximum des produits sains et nous faisons la chasse au Mauvais. Du coup, je fais moi même un maximum de produits ménagers et nous n’avons ni wifi, ni tablette, ni smartphone. Evidemment on est très loin du zéro-toxique, et pourtant cela suffit pour être considérés un peu comme des gens étranges dans notre entourage.

Le coup de grâce? Retirer notre enfant du système scolaire. Je crois que là, on nous a mis directement dans la case « hurluberlus bobo marginaux ». Pourtant il y a mille fois plus excentriques ou décalés que nous, largement!
A la différence d’il y a longtemps, c’est que maintenant j’arrive bien plus à assumer mes choix et à me détacher du jugement des autres. C’est un travail qui progresse disons. Ce regard-juge pèse beaucoup, mais il ne régit plus mes choix, c’est ça la différence.

Tout ces choix, ces détails sont surtout ici comme autant d’indices de mon grand pas de côté. Il y a ma famille sur une grande route là, bien définie, leurs lois, leurs devoirs, leurs limites manichéennes très précises. Dans ce flot rapide, j’y suis restée longtemps, j’essayais de me tenir au bord parfois, mais le courant tu sais, il est vachement fort. Et puis maintenant j’ai creusé mon mini sillon sur le côté. Il y a un chemin qui part ailleurs, il est minuscule, tout biscornu parfois et il est alimenté encore un peu par le grand flot familial mais il a maintenant son propre écosystème, toute une vie qui s’y développe.
Je veux bien, l’image est assez nullos, mais tu comprends l’idée j’en suis sûre.

Trop vite pour moi

A partir de quel âge tu as vu le temps s’accélérer? Aux alentours de 25 ans j’ai eu cette sensation. Je sais pas pourquoi. A ce moment là, je bossais, j’étais en « ménage », j’étais devenue « adulte et indépendante ». Peut être que c’est tout ça.

On dit que l’impression du temps qui va vite est proportionnelle à notre âge. A 4 ans, 1 année ne correspond qu’à 1/4 de notre âge alors tout nous parait looooong. Mon ainé me le confirme tous les jours. « Maman, on va au parc quand? » « Dans 15 minutes » « Mais 15 minutes c’est trop looooong! ». Du coup, moi c’est lorsque cette proportion est passée sous la barre des 1/25ème que j’ai vu le temps s’accélérer vraiment vraiment.

Et puis, je suis devenue maman… Et là, le temps s’est pris une raclée aux fesses et il a décidé de filer comme une balle, encore plus vite. Maintenant, je comprends plus rien à ce qui m’arrive, le temps me fout des baffes sans arrêt.

Alors, quand je vois mon deuxième bébé qui à 1 an aujourd’hui tout pile, je suis soufflée. J’ai rien compris, quoi 1 an? mais non, non, il vient à peine de sortir de mon ventre. Ce nouveau né il sait marcher depuis plusieurs semaines, il sait dire des mots, il sait remplir et vider des boites. Mais enfin? Un nouveau né ça sait pas faire tout ça! C’est exactement l’impression que j’ai. Qu’est ce qu’il me fait ce petit bébé, va pas si vite, moi je suis pas, je suis à la traine, essoufflée au fond du chemin. J’ai pas l’énergie, j’arrive pas à courir si vite.

Et mon ainé, mon tout petit grand. Il commence à lire, il fait maintenant la découverte du sentiment amoureux, et souhaiterait avoir des jeux d’ados. Mais non, non! Tu n’as pas 5 ans, tu devrais regarder Tchoupi et jouer au petit train mon petit bouchon.

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Il y a aussi cette vitesse dans leurs jambes, leur corps. Cette énergie que je n’ai plus. Quand je regarde La Globule qui court toujours, qui grimpe sur les murets, et saute du haut de tas de rochers, je revois des images de moi, enfant. Je me ressens à l’intérieur comme quand j’avais son âge. Le dessin de la Cendra petite se calque sur celui de mon fils. Mon énergie enfantine qui était intarissable, je la revois. J’avais toujours besoin de grimper sur tout ce qui passaient devant mes yeux. Monter dans les arbres, se balancer haut pour s’envoler dans le ciel, j’y croyais moi! et mon ainé y croit aussi. Je me souviens de tout ce qui ne me gênait pas et qui aujourd’hui, adulte, est devenu un soucis: attention à ma culotte qu’on pourrait apercevoir quand je faisais la roue, attention à la terre et aux salissures sur les vêtements, le soleil qui chauffe, le froid qui fait trembler et peut rendre malade, la fatigue du soir, les mains pleines de terre, la veste mal fermée, les éraflures, les bleus, l’herbe qui pique, l’eau qui mouille, le bain trop long devenu froid et qui fait plisser mes doigts, le sable de la plage qui rempli mes poches, la pastèque qui dégouline en la mangeant, les cheveux mal peignés.
Je m’en contrefichais et la Globule aussi. C’était tellement plus libertaire comme façon de penser. Les adultes se cassent les noyaux pour des détails si inutiles. Enfant, on ne pense qu’à courir, sauter, grimper et surtout, être en contact avec notre monde. Les détails de la logistique des adultes leur passe au dessus. C’est eux qui ont raison.
Mais, malgré ces souvenirs qui reviennent sous ma peau, je n’ai plus cette fougue, cette énergie dans les jambes et les bras. Je laisse mon fils courir jusqu’à la boîte aux lettres, comme ça je regarde ses jolies jambes et je souris. Bien sûr, parfois j’y arrive, durant nos longs jeux, nos courses, la petite Cendra vient jouer avec lui et je crois que lui et elle auraient été de sacrés copains.

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Ce temps qui part en courant, ça me donne le vertige, j’ai l’impression qu’un jour, en clignant des yeux, je me retrouverais d’un coup aux portes de la fin. Vieille, grand mère, prête à mourir. Et j’ai peur de la rapidité avec laquelle tout avance. Et, le pire, c’est que le temps, il va donc me paraitre de plus en plus rapide avec les années.

Enfin, tu l’auras compris, mon petit à 1 an et je suis toute chamallow