Des Cendres à l’Or sur Facebook

Ca fait un bail que j’ai ouvert un compte Facebook Cendres à l’Or, mais j’étais pas du tout motivée pour l’alimenter.

Aujourd’hui, j’ai un peu plus de motiv’, ça veut pas dire que je posterai tous les jours, mais tout de même, juste suffisamment sans doute pour te signaler sa présence.

Alors voilà, rejoins moi sur Facebook si t’as envie:

Cendres à l’Or sur Facebook

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Bonne journée à toi!

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Faire voler les rideaux

J’adore ces moments de fun, quand mes enfants s’éclatent avec peu de choses dans un esprit de totale liberté (en gardant un contexte de sécurité évidemment). Je sais que ça n’amuse pas tous les parents. On nous fait parfois la remarque « mais tu les laisse jouer avec ça? » « attention, il grimpe sur ton canapé! » « elle en profite ici parce qu’elle sait qu’elle n’a pas le droit à la maison ».

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Nous laissons nos enfants faire les singes sur notre canapé. Nous les laissons jouer dans l’évier de la cuisine. Ils peuvent patauger dans les flaques de boues dehors. Nous laissons les matelas pliables des invités à disposition des enfants pour qu’ils s’en servent comme matelas de motricité. Ils ont le droit de sauter sur notre lit. Ils peuvent prendre les draps et faire une cabane avec l’étendoir. Ils peuvent faire des bulles dans la maison ou lancer des confettis. Ils peuvent amener leurs jouets dans le salon. Ils peuvent dérouler une pelote de laine toute entière. Nous les laissons déplacer toutes nos chaises de cuisine partout dans la maison pour qu’ils s’amusent à passer de l’une à l’autre. Ils peuvent mettre au sol tous nos oreillers et couettes pour faire une « montagne de moelleux ». Ils ont le droit de démolir nos tas de livres pour les éparpiller partout. Ils peuvent jouer derrière les rideaux et les faire voler comme s’ils étaient en plein ouragan.

Ca met un sacré bazar qu’il faut ranger ensuite, c’est pas de la tarte. Je comprends aussi tellement les parents qui n’aiment pas ça, qui souhaitent que l’enfant ne dérange que sa zone personnelle sans tâcher le canapé ou les rideaux, sans risquer de casser les lattes du lit ou faire tomber la tringle des rideaux et j’avoue que parfois, j’ai hâte de retrouver mon décor d’adulte, net et rangé. Mais voilà:
S‘ils ne le font pas maintenant, s’ils n’ont pas droit à cette folie, quand le feront ils? Quand ils seront adultes?

J’adore, alors être spectatrice. Je me mets dans un coin, mon appareil photo dans les mains, j’ouvre grand mes yeux et mon sourire et je savoure. Je les regarde faire les fous, danser, chanter, grimper. Je ne vois pas le désordre, je ne voix qu’eux et leur folle gaieté.

Que c’est terne un adulte. Son aigreur le rend si malheureux. Je veux des enfants joyeux, fous, sans bride. Je veux qu’ils adorent la vie et que ça brille tout le temps dans leurs yeux. Et j’aimerais, sans déconner, qu’ils gardent ça le plus longtemps possible, pour, pourquoi pas, garder cette ferveur une fois adulte.

Je nous vois dans les rues, nous sommes la famille qui fait du bruit, celle où le père n’hésite pas à faire le guignol pour faire marrer ses enfants, même en pleine rue et même s’il faut grimper sur une fontaine pour ça. Je suis la maman qui fait la course avec son fils pour arriver la première au lampadaire et qui crie comme un singe pour entendre le rire de son fils qui lui répond.

J’aime cette idée, bouffer la vie, s’en mettre plein la bouche et pisser de rire tellement on en a partout. Je crois que j’aime le rire plus que tout, c’est un plaisir d’une intensité incroyable. Couple ça à l’émerveillement et je crois que l’on atteint le bonheur ou pas loin. « Mamaaaaaaaan, regarde l’arc en cieeeeeeeeeel!!!!!! Ouaaaahh!! » « Hé, maman maman, regarde, j’arrive à grimper sur trois coussins, je vais bientôt toucher le plafond!!!! ».

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Les enfants ont besoin d’exprimer leur énergie dingue, faire le poirier, rouler, grimper, crier, lancer, je suis convaincue qu’il faut répondre à ce besoin primordial. Un enfant ne peut pas rester longtemps calme et immobile sans que cela ne lui demande beaucoup d’énergie pour se contenir de façon néfaste pour l’organisme. Je ne veux pas que leur maison soit un lieu avec des interdits superflus. Quand ils sont chez eux je veux qu’ils se sentent libres d’être to-ta-le-ment eux même et qu’ils puissent ici répondre à leurs besoins d’enfants.

Voilà ce que je me suis dis il y a maintenant très longtemps:
Qu’est ce qui est le plus important pour toi, profondément important: une maison avec des barrières invisibles partout pour garder un maximum de vases et de beaux tissus bien rangés, ou voir tes enfants s’épanouir en leur laissant la liberté dont ils ont tant besoin pour apprendre et pour aimer la vie follement?

C’est beau la ferveur enfantine, ne la canalisons pas, ne la bridons pas, c’est si précieux. J’aime leur offrir de la liberté, suffisamment d’espace pour que leur joie ne se sente pas à l’étroit. J’ouvre grand mon cocon, j’ouvre très grand mes yeux et je laisse s’exprimer leur corps, leur créativité, leur folie.

La folie est salvatrice, la joie farfelue est peut être la plus agréable façon de traverser la vie.
« Pour les fous, c’est les autres qui sont fous ».

 

Deux enfants, c’est facile!

J’étais enceinte de la Granule je crois ce jour là, et il y avait un repas de famille avec quelques amis également.

J’étais enceinte de la Granule aussi cet autre jour, et j’étais à la pause café dans mon labo.

Sinon, il y avait cette autre fois, j’étais enceinte de la Granule toujours, et une amie de ma mère était chez nous.

Toutes ces fois là, j’ai entendu la même chose.

« Tu verras, un deuxième ça change pas grand chose. C’est au troisième que ça chamboule tout ».

Je n’écoutais pas vraiment ces fois là, comme depuis longtemps maintenant, j’écoute les paroles, mais je ne prends rien de ce qu’on me prédis/conseille/affirme comme des vérités établies.

Un deuxième enfant, dis moi, comment cela ne pourrait il pas changer ton quotidien?
A la rigueur, un poupon de supermarché je veux bien, mais un deuxième être humain qui vient de naître en plus, ça vie, ça émet, ça demande. A moins que je ne le fiche dans un placard insonorisé… et que je le nourrisse au gré de mes humeurs, ou mieux, que je l’oblige à synchroniser parfaitement ses besoins et envies avec ceux de son grand frère, comme ça, je ne fais tout qu’une fois! C’est dommage, j’ai pas choisi la facilité.

Pour mon deuxième, je ne m’attendais à rien. Ni qu’il chamboule complètement mon quotidien, ni qu’il s’adapte si bien qu’il paraîtrait s’être faufilé en douce dans nos vies et nos habitudes, ni vu ni connu. Il prendrait sa place, et, peut être même, comme son grand frère, qu’il ne le ferait pas dans le feutré, qui pouvait savoir!

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La Granule est arrivé, et il a su se faire discret d’abord. Il ne hurlait pas, ne pleurait pas beaucoup, dormait plutôt bien. Je me suis dis, tiens, voilà un modèle plutôt calme que je viens de mettre au monde. C’est vrai, il était plutôt cool. Ca c’était au début, les premières impressions à chaud. Tranquillement la fatigue est arrivée, et, tout aussi tranquillement, la Granule a pris sa place et plus précisément, a montré sa place. « Les siestes, ce n’est pas quand ça vous arrange, c’est quand je suis fatigué et c’est pas tous les jours pareils. Le sein, je le veux près de moi, à disposition siouplait. Je veux pouvoir explorer tout mon environnement sans aucune restriction, peu importe si un couteau ça coupe ou si monter sur un meuble d’1m peut faire bobo. »

On pourrait croire que les moments les plus fatigants se passent durant les premiers mois de vie, mais ça n’est pas notre cas ici pour la Granule. D’ailleurs, comment cela pourrait être le plus fatiguant puisqu’un nouveau né dort toutes les heures et ne cherche pas à crapahuter partout sans surveillance? Ah, c’était si bon quand à peine réveillé depuis une petite heure nous reposions notre tout petit et qu’il s’endormait sans trop sourciller. C’était facile lorsqu’il gardait la place où nous le posions sans chercher à s’en échapper, juste quelques tortillements tout mignons. Mais, depuis, la Granule court, grimpe, râle et se fait entendre et voir.

Il veut, je le vois bien, faire connaissance avec le monde et se met à courir jusqu’aux quatre coins de son environnement même si ces coins doivent se situer au fond de l’univers. Il veut, je l’entends si bien, se faire comprendre et va se battre pour ses désirs. Il nous indique ce qu’il veut toucher, manger, boire, et nous montre sa frustration quand sa demande n’aboutit pas.

Et puis, il est le petit de sa maman. Sa Maman. Il est mon fils, y a pas de doute, comme un sac en bandoulière, il est là. Comme un circuit dérivé, il se tient là, mon fils tirant sur ma jupe, entourant ma jambe, serrant ses cuisses autour de ma hanche, posant sa joue ronde sur mon épaule, partageant tout son être avec le mien. Il me demande, me réclame, me veut là. C’est si épuisant parfois! C’est si gratifiant aussi, d’être l’unique être unique à ses yeux.

J’aime aussi le voir coller son frère, comme une ombre en écho, il va reproduire chacun de ses gestes. Ce grand frère modèle, son idole qui sait le faire éclater de rire comme aucun autre. Mais, il a quatre ans de moins, alors non, mon petibout, tu ne peux pas encore tout faire comme la Globule, et ça c’est si frustrant. Et ce grand frère qui a parfois besoin de son espace, aimerait le voir parfois un peu plus loin (mais pas trop, parce que quand même, il est trop mignon mon petit frère), alors tout ça, ça demande beaucoup d’énergie.

Les fatigues de chacun des mes enfants n’arrivent pas aux mêmes moments, les faims, les bobos, les besoins de jeux, les demandes d’attention, les pipis, les cacas, les envies d’espace, les envies de câlins, les contrariétés, et ben, non, tout ça n’arrive pas en même temps, alors c’est évident, pour moi, qu’un deuxième enfant change tout! Tout le quotidien, l’organisation, l’énergie dépensée, l’amour décuplé, la vision du monde, les possibilités.

Et puis la Granule et son grand frère sont bien différents, ils n’ont pas besoin des même choses, je dois apporter à chacun des attentions bien particulières et les relations que je crée avec eux ont leur propre carte d’identité.

Alors, j’ai envie de conclure en répondant que si! bien sûr que si, un deuxième ça change tout!
En tout cas, chez nous ça a tout chamboulé. Tout s’est agrandit, mes cernes comme mon coeur.