Papa, où t’es?

« Orpheline de toi » « Le commencement du deuil » « Perdre son père » « L’injuste et implacable mort » « Tu me manques ». J’ai hésité sur le titre mais finalement celui choisi correspond totalement à mon état d’esprit.

C’est vrai, on dit « j’ai perdu mon père » pour parler de son décès, mais c’est justement ce que je ressens, au premier sens du terme. J’ai perdu mon papa, il est où? Il a quitté son corps, ce costume humain et mortel, mais est-il parti et où?

On peut me répondre qu’il est au ciel, qu’il veille sur moi, qu’il est aux côtés de dieu, etc. On peut me dire également qu’il s’est réincarné dans un autre être vivant ou simplement qu’il n’est plus rien, qu’il est nulle part. Moi, je sais pas. Et c’est douloureux de ne pas être sûr, de ne pas avoir de faits pour adoucir ma peine. J’aimerais tellement savoir qu’il est bien, quelque part.

Au moment de sa mort, il avait, à sa droite, ma mère avec qui il était divorcé mais qui était la femme de sa vie et, à sa gauche, sa compagne, une femme d’un courage et d’une tendresse sans faille.
Il était calme mais avait du mal à respirer. Tout à coup il s’agite, il a des spasmes aux bras et aux jambes. Il demande « soulève moi, soulève moi ». C’est ce qu’elles font en relevant le dossier de son lit. Puis, il tend les deux bras en l’air, les yeux grands ouverts et dit « aidez moi, aidez moi ». Sa compagne, affolée, lui demande de ne pas la laisser. Il fait trois respirations et tout est terminé. Il n’est plus là.

Ma mère me raconte tout ça, et tout cela me parait irréel, cela ressemble tant à quelqu’un qui voit l’au delà ou bien, à quelqu’un qui souffre. La compagne de mon père a été marquée par ce départ étrange, marquée par cette façon qu’il avait de demander de l’aide. Alors, moi, là, j’aimerais tellement, tellement savoir ce qu’il a ressenti et vu. A t il vu quelque chose, a t il vu un au delà, ou était il seulement tellement conscient de son départ qu’il demandait de l’aide à dieu, (il était croyant)?

Parfois j’aimerais mourir, quelques minutes, juste pour apercevoir ce qu’il y a de l’autre côté, pour savoir s’il y a quelque chose ou s’il n’y a rien du tout. J’aimerais m’y rendre, voir que mon père y est bien et revenir ici.

Papa, qu’as tu vu? qu’as tu ressenti? Voyais tu quelque chose, était tu attiré vers cet endroit de façon si intense que tu demandais de l’aide pour t’y rendre? Tu as ouvert les yeux pour cet ultime instant. Tu es mort, les yeux grands ouverts vers le haut et les bras tendus au ciel. Cela signifie t il quelque chose? Ou était ce un signe de souffrance?

Et puis, il a ce parallèle si étrange. Mon père a appris son cancer, peu de temps après que j’ai appris ma grossesse. Je portais la vie dans mon ventre et lui, il y portait la mort. J’ai mis neuf mois à donner la vie un petit cancer et mon père a mis neuf mois à mourir d’un cancer. Mon bébé et son papi, il y a comme un lien particulier entre eux…

Papa, c’est dur sans toi. Ce n’est pas juste. Tu as travaillé toute ta vie, tu méritais de profiter du soleil et d’un repos terrestre.

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Mon père a travaillé toute sa vie, mais il ne se plaignait jamais. Il nous disait souvent « c’est comme ça, c’est la vie, c’est comme ça ».
Il a décidé du moment de sa mort comme il décidait sa vie. Chaque fois qu’il faisait un choix, c’était toujours de façon déterminée.
Aujourd’hui, ses souffrances, sa douleur, n’existent plus. Il ne reste que les nôtres et ça rend, je crois, les choses un peu plus faciles à supporter.
On ne se le disait pas, mais on le savait. Papa, je suis si fière, fière, d’être ta fille. Papa, je t’aime.

Ma chair et ma peau

C’est un peu étrange comme titre, surtout pour parler d’amour.

C’est si différent, et pourtant tout aussi fort. Mes garçons sont uniques, ma relation à chacun est également unique. Avant l’arrivée de la Granule, j’imaginais qu’avec lui ce serait, à peu de choses près, comme avec la Globule. Ben ouais, c’était mon seul enfant, ma seule expérience, ma seule référence. Mais, la Granule est né et tout est parti comme sous un coup de vent. Ca n’avait clairement rien à voir et c’est pourtant tout aussi fort.

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La Globule, mon fils ainé, ma chair.

La relation avec la Globule a très très rapidement été sanguine, passionnée, fusionnelle. Je saurais pas comment l’expliquer, je ressens mon amour dans mes tripes, mes entrailles, il est lié à moi de façon profonde et parfois douloureuse. J’ai été collée à lui de façon assez puissante, je me souviens encore de la difficulté que j’avais de le laisser dans les bras de quelqu’un d’autre, c’était mon bébé, ma chair, personne d’autre que moi ne pouvait le comprendre. C’est lui qui m’a faite mère, clairement il m’a révolutionné de l’intérieur, comme s’il y avait mis un tel bazar que j’avais du y faire de l’ordre. Il a dézingué mes neurones, bousillé mes principes, trituré mes tripes. Il m’a changé en profondeur. Sans lui, je n’aurais pas fait un aussi grand chemin, je serais encore bien loin derrière, totalement à la ramasse. Il est mon sang, ma chair, ma fureur, mes globules rouges.

 

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La Granule, mon fils cadet, ma peau.

C’est incroyable ce qui c’est passé avec lui. Je ne m’y attendais tellement pas. J’ai passé ma grossesse à avoir peur de revivre les angoisses et le stress que je ressentais constamment avec mon ainé. Et, dès la naissance de la Granule, j’ai ressenti une vague de calme, comme un grand souffle chaud sur mon visage. Avec lui, c’est dingue comme je me sens sereine et tranquille. Je me sens dans l’instant, j’arrive à savourer chaque petit moment avec lui, sans être inquiète pour la suite. Je sais également que tout ça est du en grande partie à son grand frère et au travail qu’il a provoqué dans ma chair. Grâce à mon ainé j’ai su appréhender ce deuxième rôle de mère avec bien plus de confiance et d’assurance. La Granule me donne ce dont j’avais tant besoin: vivre cette expérience de maternité dans une totale assurance en étant convaincue et bien dans mes bottes. Avec lui, le maternage est toujours très collé, mais sans difficultés, j’arrive à le laisser dans les bras des autres sans angoisses. Il est ma peau, d’un grain doux et velouté (ma peau est douce et veloutée, je t’assure), il est apaisant, il est ma granule d’homéo.

C’est tellement différent oui! Mais chacun m’est vital, sans chair on ne vit pas, et sans peau, j’te fait pas un dessin, t’as compris l’idée.

 

DIY: fabriquer une cape de super héros! (sans machine à coudre)

cape portee rouge

Un jour, comme ça, ça m’a pris, au cours d’une conversation dont je ne me souviens plus le sujet, mon fils me demande si je peux lui faire une cape de super héros. Moi, naïvement, je lui réponds que « oh oui, ça doit être tout simple à faire avec un tissu et de la colle ».

Sauf que, sauf que je ne peux pas me contenter d’un truc découpé et fait rapidement, comme d’hab, je me rajoute toujours plus de contraintes. Ca devient un défi à moi même. Je sais coudre de façon basique et je n’ai pas de machine à coudre, autant dire que ça compliquait la chose, mais bon je voulais tenter et tester.

J’ai fouiné sur le net, on trouve pas mal de tuto, et j’ai choppé les principales idées sur le blog de tata cousette.

Matériel:

– tissus satin
– feutrines

– ciseaux
– stylo
– feuilles de papier
– du fil et une aiguille (ou une machine à coudre si t’as la classe)

Quand on se lance comme ça, un peu à l’aveuglette, on apprend c’est certain. Du coup, il y a des choses que je ferais autrement, j’en parle en fin d’article.

J’ai choisi de faire une cape à deux faces avec deux logos différents, c’est mon fils qui a choisi ce qu’il voulait.

Etape 1: Créer les deux faces de tissu

– Plie le premier tissu en deux (ça permettra d’avoir une forme bien symétrique). Dessine un arrondi en haut (pour faire le col) et un arrondi en bas, relie les deux par un trait droit et découpe la forme. J’ai fait en sorte que la longueur de la cape fasse environ 70 cm puisque mon fils mesure environ 1 mètre.

cape face découpe

Sers toi de cette première forme comme patron sur le deuxième tissu, dessine le contour et découpe.

cape face modèle bleu

cape faces fini

Etape 2: Créer les logos

Dessine les logos sur du papier (je te conseille de dessiner chaque forme séparément et non pas toutes les unes sur les autres, l’éclair, le rond, la lettre, etc). Sers t’en ensuite comme patron sur du tissu de couleur.

Découpe, et couds les formes les unes sur les autres.

Etape 3: Assemblage et finitions

Couds les logos sur chaque face de tissu.

Puis, superpose les deux tissus (les faces avec logos doivent se toucher) pour les coudre à l’envers sur tout le tour. Ne couds pas l’encolure, ça sert à rien et en plus tu vas avoir besoin de l’ouverture.

 

Retourne ta cape pour l’avoir à l’endroit, logos visibles, et passe un coup de fer à repasser le long de ta couture.

Pour le cordon, j’ai découpé une bande de tissu rouge et je l’ai plié plusieurs fois pour qu’elle soit assez épaisse. J’ai passé le fer à repasser pour que les pliures soient bien définies.

Couds ensuite le cordon avec l’encolure.

cape couture coucape couture cou finicape couture cou bleu

Le rendu final n’est pas trop mal, mais clairement les logos ne sont pas géniaux, le tissu satin n’est pas facile à coudre, il se distend, ne reste pas nickel et s’effiloche très facilement.
Avec du recul, je ne ferais pas les logos avec du tissu satin (bien trop fragile à coudre) mais entièrement avec de la feutrine. Je le vois avec le logo noir batman qui, lui, est en feutrine et qui est bien plus nickel.
Au niveau des coutures, j’ai tenté des coutures perpendiculaires au tissu (en zigzag en fait, on les voit sur les logos) et ce n’est pas du tout l’idéal, du coup j’ai fait le reste en couture droite toute simple et c’est bien mieux.
Pour le cordon, si c’était à refaire, je le ferais un peu plus long. Je trouve que le tissu satin est plutôt bien adapté, lorsqu’on fait le nœud, il est très facile à défaire par un enfant et n’est donc pas trop serré autour du cou.

En tout cas, même si la cape n’est pas parfaite, elle fait la joie de mon bonhomme, il adore complètement!

cape portée

 

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