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Deux enfants, c’est facile!

J’étais enceinte de la Granule je crois ce jour là, et il y avait un repas de famille avec quelques amis également.

J’étais enceinte de la Granule aussi cet autre jour, et j’étais à la pause café dans mon labo.

Sinon, il y avait cette autre fois, j’étais enceinte de la Granule toujours, et une amie de ma mère était chez nous.

Toutes ces fois là, j’ai entendu la même chose.

« Tu verras, un deuxième ça change pas grand chose. C’est au troisième que ça chamboule tout ».

Je n’écoutais pas vraiment ces fois là, comme depuis longtemps maintenant, j’écoute les paroles, mais je ne prends rien de ce qu’on me prédis/conseille/affirme comme des vérités établies.

Un deuxième enfant, dis moi, comment cela ne pourrait il pas changer ton quotidien?
A la rigueur, un poupon de supermarché je veux bien, mais un deuxième être humain qui vient de naître en plus, ça vie, ça émet, ça demande. A moins que je ne le fiche dans un placard insonorisé… et que je le nourrisse au gré de mes humeurs, ou mieux, que je l’oblige à synchroniser parfaitement ses besoins et envies avec ceux de son grand frère, comme ça, je ne fais tout qu’une fois! C’est dommage, j’ai pas choisi la facilité.

Pour mon deuxième, je ne m’attendais à rien. Ni qu’il chamboule complètement mon quotidien, ni qu’il s’adapte si bien qu’il paraîtrait s’être faufilé en douce dans nos vies et nos habitudes, ni vu ni connu. Il prendrait sa place, et, peut être même, comme son grand frère, qu’il ne le ferait pas dans le feutré, qui pouvait savoir!

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La Granule est arrivé, et il a su se faire discret d’abord. Il ne hurlait pas, ne pleurait pas beaucoup, dormait plutôt bien. Je me suis dis, tiens, voilà un modèle plutôt calme que je viens de mettre au monde. C’est vrai, il était plutôt cool. Ca c’était au début, les premières impressions à chaud. Tranquillement la fatigue est arrivée, et, tout aussi tranquillement, la Granule a pris sa place et plus précisément, a montré sa place. « Les siestes, ce n’est pas quand ça vous arrange, c’est quand je suis fatigué et c’est pas tous les jours pareils. Le sein, je le veux près de moi, à disposition siouplait. Je veux pouvoir explorer tout mon environnement sans aucune restriction, peu importe si un couteau ça coupe ou si monter sur un meuble d’1m peut faire bobo. »

On pourrait croire que les moments les plus fatigants se passent durant les premiers mois de vie, mais ça n’est pas notre cas ici pour la Granule. D’ailleurs, comment cela pourrait être le plus fatiguant puisqu’un nouveau né dort toutes les heures et ne cherche pas à crapahuter partout sans surveillance? Ah, c’était si bon quand à peine réveillé depuis une petite heure nous reposions notre tout petit et qu’il s’endormait sans trop sourciller. C’était facile lorsqu’il gardait la place où nous le posions sans chercher à s’en échapper, juste quelques tortillements tout mignons. Mais, depuis, la Granule court, grimpe, râle et se fait entendre et voir.

Il veut, je le vois bien, faire connaissance avec le monde et se met à courir jusqu’aux quatre coins de son environnement même si ces coins doivent se situer au fond de l’univers. Il veut, je l’entends si bien, se faire comprendre et va se battre pour ses désirs. Il nous indique ce qu’il veut toucher, manger, boire, et nous montre sa frustration quand sa demande n’aboutit pas.

Et puis, il est le petit de sa maman. Sa Maman. Il est mon fils, y a pas de doute, comme un sac en bandoulière, il est là. Comme un circuit dérivé, il se tient là, mon fils tirant sur ma jupe, entourant ma jambe, serrant ses cuisses autour de ma hanche, posant sa joue ronde sur mon épaule, partageant tout son être avec le mien. Il me demande, me réclame, me veut là. C’est si épuisant parfois! C’est si gratifiant aussi, d’être l’unique être unique à ses yeux.

J’aime aussi le voir coller son frère, comme une ombre en écho, il va reproduire chacun de ses gestes. Ce grand frère modèle, son idole qui sait le faire éclater de rire comme aucun autre. Mais, il a quatre ans de moins, alors non, mon petibout, tu ne peux pas encore tout faire comme la Globule, et ça c’est si frustrant. Et ce grand frère qui a parfois besoin de son espace, aimerait le voir parfois un peu plus loin (mais pas trop, parce que quand même, il est trop mignon mon petit frère), alors tout ça, ça demande beaucoup d’énergie.

Les fatigues de chacun des mes enfants n’arrivent pas aux mêmes moments, les faims, les bobos, les besoins de jeux, les demandes d’attention, les pipis, les cacas, les envies d’espace, les envies de câlins, les contrariétés, et ben, non, tout ça n’arrive pas en même temps, alors c’est évident, pour moi, qu’un deuxième enfant change tout! Tout le quotidien, l’organisation, l’énergie dépensée, l’amour décuplé, la vision du monde, les possibilités.

Et puis la Granule et son grand frère sont bien différents, ils n’ont pas besoin des même choses, je dois apporter à chacun des attentions bien particulières et les relations que je crée avec eux ont leur propre carte d’identité.

Alors, j’ai envie de conclure en répondant que si! bien sûr que si, un deuxième ça change tout!
En tout cas, chez nous ça a tout chamboulé. Tout s’est agrandit, mes cernes comme mon coeur.

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Pas de cartable cette fois-ci

Les années précédentes je voyais passer des articles d’autres mamans qui annonçaient la non rentrée de leur(s) enfant(s) et je me disais « un jour j’écrirais la même chose ». Je ne savais pas vraiment si la vie nous y mènerait, finalement c’est nous qui avons décidé que la vie devait nous y mener qu’elle le veuille ou non.

C’est étrange ce décalage. L’effervescence de la rentrée, les enfants et les parents qui attendent et redoutent cette date et nous qui continuons notre quotidien sans une vague. J’avoue que je savoure ce délice. Je suis absolument heu-reuse de ce décalage. Et je te dis pas mon fils.

« J’irai plus jamais à l’école maman, l’école c’est trop dur. » « ici tu pourras faire la maitresse, mais une maitresse qui punit pas ».

J’appréhende quelque chose tout de même. Malgré tout je ne suis pas suffisamment armée je crois (je me surprendrai moi même j’en suis sûre) pour affronter tous les échanges qui m’attendent avec les autres, les voisins, les proches, etc. Ceux qui ne comprendront pas et ceux qui jugeront notre choix comme insensé ou même fou.

Vendredi soir je dinais avec des amis et j’ai déjà vu ce regard et ce jugement « mais vous avez pas peur qu’il soit asocial? ». Mais non mes chers gens, non, pas du tout, quand les autres enfants seront restreints à une cour de récré entourés quasi-exclusivement d’enfants (est ce ça la vie, une planète remplie d’enfants?), mes fils auront tout le reste de la planète à explorer!

La semaine d’avant j’entendais mon frère « mais vous êtes fous, vous croyez pouvoir vous substituer à des professionnels de l’enseignement! ». Mais oui mon cher, oui, sans jamais dénigrer le travail dingue des instit’, je crois que l’on peut faire autrement et mieux encore que ce système éducatif clairement défaillant.

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J’ai envie de dire: cela fait plusieurs années que nous étudions le concept de l’IEF et toi qui me juge, depuis combien de temps t’es tu penché sur le sujet? Sinon as tu 6h devant toi pour que l’on puisse réellement discuter de ce vaste sujet?

Je dirais aussi: pourquoi je ne mets pas mes enfants à l’école? mais et toi, pourquoi les y mets tu? Si tu pouvais assurer à tes enfants qu’ils apprendront avec plaisir et seront instruits sans avoir à subir les ravages d’une Ecole compétitive, punitive, parfois traumatique et souvent inefficace, le ferais tu?

Enfin, tout ça n’est pas si important, et je sais comme on peut être dubitatif face à des fonctionnements différents de ceux que l’on connait, c’est effrayant aussi.

J’appréhende une autre chose également, celle-ci liée à moi uniquement. Sortir et m’engager à rencontrer du monde. C’est un véritable défi qui se profile pour moi, pour la socialement handicapée qui me compose. J’ai déjà bien entamé cette aventure avec des contacts, d’autres familles, des activités prévues, en fait, y a plus qu’à se lancer et je sens que ça risque fortement de changer ma vie et celles de mes deux enfants de façon fantastique!

Le 6ème sens des enfants

T’y crois peut être, ça t’est évident ou peut être que tu penses que c’est du flan, moi je fais parti de ceux qui sont convaincus que les enfants ont une certaine magie dans les sensations, une sensibilité épatante qui font d’eux des êtres « supérieurs » dans l’émotionnel.

J’y croyais déjà avant la Globule, et, depuis la Globule, je peux dire que je l’ai maintenant constaté.

La Globule a toujours été « hyper sensible », à capter le moindre sourcil qui tremble, le moindre menton froissé ou penché, et tout un tas d’autres stimuli dont je ne soupçonne absolument pas l’existence et qui me sont passés devant les yeux sans que je ne les vois. Il est capable, comme tous les enfants je dirais, de ressentir ton intérieur avant toi, comme s’il avait accès à une part de ton inconscient alors que toi tu es à la ramasse.

Plus particulièrement avec La Globule, depuis sa naissance, lui si intense, si hyper sensible, je l’ai toujours senti connecté à mes tripes. J’ai parfois l’impression qu’il y a un câble invisible entre son intérieur et le mien, un genre de cordon ombilical émotionnel, qui ne va que dans un sens, de mon intérieur vers le sien et qu’il capte tout.

Alors, je dis que les enfants ressentent un paquet de choses, mais je pense également que ça peut énormément les déstabiliser puisqu’ils ressentent sans pouvoir l’expliquer, ni mettre des mots dessus. Pour eux, il y a « quelque chose » sans pour autant pouvoir toujours définir vraiment de quoi il s’agit.

C’est durant la grossesse de La Granule que j’ai constaté ce sens sur-développé chez mon ainé. J’ai trois anecdotes à ce sujet.

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Première
Moi et mon homme sommes en essais pour bébé numéro deux. C’est le deuxième mois d’essai. Le test de grossesse ne va pas tarder, nous sommes dimanche. Ce jour là, La Globule, 3 ans, passe une journée difficile avec de grosses colères, des pleurs assez forts. C’est étrange puisque ça faisait longtemps qu’il n’en faisait plus autant. Je suis épuisée, la journée m’a lessivée, le soir arrive, je m’assois sur le canapé. La Globule s’approche, la mine toujours basse, les sourcils froncés. Je le prends sur mes genoux, et, face à face, je tente de lui demander « chéri, je vois que ça ne va pas, dis moi avec des mots ce qui te contrarie autant, avec des mots ». Et lui, le regard bas et, gardant le visage froissé, il ne dit pas un mot. Mais, il lève son index et me montre mon ventre. « Et bien, quoi, mon ventre, qu’est ce qu’il y a? ». Il ne dit toujours rien et ne s’arrête pas, il montre et remontre mon ventre. A ce moment là, je suis effrayée, une montée d’adrénaline me prend. J’ai compris. Lui, ne s’arrête pas, il me montre mon ventre et puis ma poitrine, son index devant mes seins. Oui, il avait raison, ma poitrine avait un peu grossi ce jour là. Il insiste, soulève mon t-shirt et attrape la peau de mon ventre entre son pouce et son index. Alors, je le câline puis il va se coucher. Le lendemain matin, je faisais le test qui me montrait une double barre. A partir de ce moment où j’ai pris conscience de cette grossesse, La Globule n’a plus été contrarié et a retrouvé sa bonne humeur. Il fallait que je sache.

Deuxième
Les premières semaines de grossesses défilent et les nausées se sont bien installées. Alors, forcément je me plains et plus la journée passe et plus les nausées sont envahissantes, du coup le soir, en famille je suis au summum de la râlerie. La Globule le voit, l’entend et plus encore le ressent. Lui aussi il a mal au ventre, lui aussi il est malade. « Oui, maman, papa, j’ai envie de vomir, je crois que j’ai un hoquet qui fait vomir ». Tous les soirs il se plaint, il se dit malade, son ventre le gène. Moi et mon homme sommes un peu désemparés, il montre des signes de mal-aise, et pourtant le reste du temps il continue de jouer avec énergie. Je vomis deux ou trois fois, mais le reste du temps je n’ai que des écœurements et nausées. Une nuit, La Globule nous rejoint dans notre lit. Il tourne, se plaint, visiblement ça ne va pas. « Maman, j’ai un hoquet qui vient ». J’ai eu le temps d’aller chercher un récipient et il dégobille tout ce qu’il peut. Les jours passent, il se plaint de son ventre, il vomit une autre fois, pourtant, le reste du temps il a la pêche! Et puis, je pige enfin ce qui se passe, il a mal au ventre comme j’ai moi même mal au ventre… Le temps passe, j’essaie différentes choses pour calmer mes nausées, et puis le premier trimestre se termine, les nausées s’évaporent. Et bien sûr, les maux de ventre de La Globule s’évaporent au même moment.

Troisième
Nous avons gardé le sexe du bébé secret. La plupart du temps les gens se sont donc amusés à tenter de prédire ce qui se cachait là dedans. « Oh, je suis sûre que c’est une fille!! » (oui, sache le, si tu as un garçon, les gens s’attendent à ce que tu aies ensuite une fille, et inversement!), alors à chaque discussion, avec chaque personne, l’échange avec La Globule est le même:
« Et toi La Globule, tu aimerais avoir quoi, un petit frère ou une petite soeur?
-C’est un petit frère
-C’est ce que tu voudrais? mais tu sais on ne choisi pas
(alors pourquoi tu lui poses la question??)
-Non, non, C’EST un garçon ».
Voilà, merci au revoir.

 

Nota Bene: penser à lui demander les prochains numéros gagnants du loto