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Le 6ème sens des enfants

T’y crois peut être, ça t’est évident ou peut être que tu penses que c’est du flan, moi je fais parti de ceux qui sont convaincus que les enfants ont une certaine magie dans les sensations, une sensibilité épatante qui font d’eux des êtres « supérieurs » dans l’émotionnel.

J’y croyais déjà avant la Globule, et, depuis la Globule, je peux dire que je l’ai maintenant constaté.

La Globule a toujours été « hyper sensible », à capter le moindre sourcil qui tremble, le moindre menton froissé ou penché, et tout un tas d’autres stimuli dont je ne soupçonne absolument pas l’existence et qui me sont passés devant les yeux sans que je ne les vois. Il est capable, comme tous les enfants je dirais, de ressentir ton intérieur avant toi, comme s’il avait accès à une part de ton inconscient alors que toi tu es à la ramasse.

Plus particulièrement avec La Globule, depuis sa naissance, lui si intense, si hyper sensible, je l’ai toujours senti connecté à mes tripes. J’ai parfois l’impression qu’il y a un câble invisible entre son intérieur et le mien, un genre de cordon ombilical émotionnel, qui ne va que dans un sens, de mon intérieur vers le sien et qu’il capte tout.

Alors, je dis que les enfants ressentent un paquet de choses, mais je pense également que ça peut énormément les déstabiliser puisqu’ils ressentent sans pouvoir l’expliquer, ni mettre des mots dessus. Pour eux, il y a « quelque chose » sans pour autant pouvoir toujours définir vraiment de quoi il s’agit.

C’est durant la grossesse de La Granule que j’ai constaté ce sens sur-développé chez mon ainé. J’ai trois anecdotes à ce sujet.

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Première
Moi et mon homme sommes en essais pour bébé numéro deux. C’est le deuxième mois d’essai. Le test de grossesse ne va pas tarder, nous sommes dimanche. Ce jour là, La Globule, 3 ans, passe une journée difficile avec de grosses colères, des pleurs assez forts. C’est étrange puisque ça faisait longtemps qu’il n’en faisait plus autant. Je suis épuisée, la journée m’a lessivée, le soir arrive, je m’assois sur le canapé. La Globule s’approche, la mine toujours basse, les sourcils froncés. Je le prends sur mes genoux, et, face à face, je tente de lui demander « chéri, je vois que ça ne va pas, dis moi avec des mots ce qui te contrarie autant, avec des mots ». Et lui, le regard bas et, gardant le visage froissé, il ne dit pas un mot. Mais, il lève son index et me montre mon ventre. « Et bien, quoi, mon ventre, qu’est ce qu’il y a? ». Il ne dit toujours rien et ne s’arrête pas, il montre et remontre mon ventre. A ce moment là, je suis effrayée, une montée d’adrénaline me prend. J’ai compris. Lui, ne s’arrête pas, il me montre mon ventre et puis ma poitrine, son index devant mes seins. Oui, il avait raison, ma poitrine avait un peu grossi ce jour là. Il insiste, soulève mon t-shirt et attrape la peau de mon ventre entre son pouce et son index. Alors, je le câline puis il va se coucher. Le lendemain matin, je faisais le test qui me montrait une double barre. A partir de ce moment où j’ai pris conscience de cette grossesse, La Globule n’a plus été contrarié et a retrouvé sa bonne humeur. Il fallait que je sache.

Deuxième
Les premières semaines de grossesses défilent et les nausées se sont bien installées. Alors, forcément je me plains et plus la journée passe et plus les nausées sont envahissantes, du coup le soir, en famille je suis au summum de la râlerie. La Globule le voit, l’entend et plus encore le ressent. Lui aussi il a mal au ventre, lui aussi il est malade. « Oui, maman, papa, j’ai envie de vomir, je crois que j’ai un hoquet qui fait vomir ». Tous les soirs il se plaint, il se dit malade, son ventre le gène. Moi et mon homme sommes un peu désemparés, il montre des signes de mal-aise, et pourtant le reste du temps il continue de jouer avec énergie. Je vomis deux ou trois fois, mais le reste du temps je n’ai que des écœurements et nausées. Une nuit, La Globule nous rejoint dans notre lit. Il tourne, se plaint, visiblement ça ne va pas. « Maman, j’ai un hoquet qui vient ». J’ai eu le temps d’aller chercher un récipient et il dégobille tout ce qu’il peut. Les jours passent, il se plaint de son ventre, il vomit une autre fois, pourtant, le reste du temps il a la pêche! Et puis, je pige enfin ce qui se passe, il a mal au ventre comme j’ai moi même mal au ventre… Le temps passe, j’essaie différentes choses pour calmer mes nausées, et puis le premier trimestre se termine, les nausées s’évaporent. Et bien sûr, les maux de ventre de La Globule s’évaporent au même moment.

Troisième
Nous avons gardé le sexe du bébé secret. La plupart du temps les gens se sont donc amusés à tenter de prédire ce qui se cachait là dedans. « Oh, je suis sûre que c’est une fille!! » (oui, sache le, si tu as un garçon, les gens s’attendent à ce que tu aies ensuite une fille, et inversement!), alors à chaque discussion, avec chaque personne, l’échange avec La Globule est le même:
« Et toi La Globule, tu aimerais avoir quoi, un petit frère ou une petite soeur?
-C’est un petit frère
-C’est ce que tu voudrais? mais tu sais on ne choisi pas
(alors pourquoi tu lui poses la question??)
-Non, non, C’EST un garçon ».
Voilà, merci au revoir.

 

Nota Bene: penser à lui demander les prochains numéros gagnants du loto

Le pas est franchi: l’école c’est fini

La Globule a 4 ans et des brouettes. Il connait l’école depuis ses 3 ans. A ce moment là, j’étais pas très enjouée et c’était les fesses serrées que je l’avais inscrit.

J’avais écris sur ce sujet ( ici: L’école c’est bien et c’est obligatoire ), pour expliquer que je restais très vigilante quant à l’emprise éventuellement néfaste que l’école pourrait avoir sur lui et sur le fait que nous n’hésiterions pas beaucoup à l’enlever, l’arracher même, de ce système un peu/beaucoup influençant.

La petite section s’est bien passée. Globalement. Mais quand même c’était pas le paradis.
Dès les premières semaines la Globule a commencé à aller à l’école à reculons, jusqu’au jour où il ne voulait pas décoller de la maison. Il a su nous expliquer que les grands l’embêtaient lorsqu’ils venaient le caresser, le câliner, le consoler. Pour être plus précis, à l’école, les petites sections les plus choubidou sont souvent très très aimés des plus grands qui n’hésitent pas à leur caresser les cheveux ou la joue ou simplement à venir leur parler ou leur demander comment ça va. Mais, attention, la Globule n’aime pas-duuuu-tout qu’on le touche, tripote, caresse, surtout si tu es ni sa maman ni son papa.
Nous lui avons demandé s’il voulait qu’on en parle avec la maitresse, et donc avec son accord, moi et mon homme, à tour de rôle et de façon très insistante et quotidienne, nous en avons parlé à sa maitresse et à l’ASEM. Elles ont pris le soucis très au sérieux et, très rapidement les grands ont arrêté de vouloir papouiller notre bonhomme.

Et puis l’influence classique de l’école a fait son apparition sur la Globule, avec les stéréotypes, la violence, les contraintes d’autorité, le bien/pas bien, le stress des récrés « comment ça s’est passé la récréation? » »moi je m’assois sur le banc des maitresses et je leur raconte ma vie en regardant les autres courir partout ».
La Globule, intense comme il est, absorbe tout à l’école et ressort tout à la maison.
La première année s’est bien terminée, notre bonhomme étant un enfant trèèèès docile en classe, trèèèèès doué et trèèèès à l’aise avec les adultes.

La moyenne section se passe bien. Globalement. Cette année, il a crée des amitiés avec, entre autres, un meilleur copain. Cette année a donc montré que la Globule a des capacités sociales qui dépassent déjà largement les miennes et qui permettent donc logiquement de me rassurer sur ce point là. En gros, il est capable d’aller vers ses congénères sans aucune gène pendant que moi je continue de serrer les fesses.
L’influence de l’école a continué de faire son effet évidemment, avec, toujours, les punitions, les « maitresse elle a crié et j’ai eu peur« , la violence sous des tas de formes (je l’ai dis que la récré c’est la loi de la jungle?), les « même pas mal« , les jeux de force, etc.
Toutes ces petites choses, banales, considérées banales plus précisément, auxquelles je n’adhère pas. Et puis l’école classique c’est tout un concept qui est, selon moi, totalement à révolutionner (si t’as 4h devant toi, on peut papoter sur ce sujet).
La Globule est dans une petite école privée qui propose de supers ateliers autonomes montessoriens, mais, malgré mes demandes, non, ils n’iront pas plus loin dans le concept. Bon, dommage, vous étiez sur la bonne voie!

L’année prochaine c’est la grande section. Et qu’apprends-je. Les grandes section sont dans la même classe que les CP et sont donc déjà fourrés et immobilisés derrière des bureaux.
Et là, c’est devenu pour moi le critère rédhibitoire. No way. Stop. Pas question mon cochon.

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Alors, j’ai ruminé, réfléchis, discuté avec mon homme. Ensuite j’ai encore réfléchis, ruminé et puis j’ai recherché.
Autour de nous nous avons deux écoles intéressantes qui viennent tout juste d’ouvrir en 2016: une école Montessori et une école libre. La première coûte 4800€ par an. Ahum. Pas possib’. La deuxième est bien bien moins chère et le concept est super intéressant. J’ai eu des retours de maman qui disaient que l’organisation n’était pas encore super bien rodée. Bref, c’est devenu mon option numéro deux.

Je suis en congés parental et on arrive à se débrouiller financièrement. La Globule n’est pas encore dans l’âge où l’instruction est obligatoire, donc pas de stress d’inspection. L’école ne prône pas les valeurs qui nous sont plus que chères. Alors, la décision est venue tout simplement. Sur le cahier de vie de notre bonhomme, là où on nous demande si on souhaite le réinscrire l’année prochaine, on a coché « NON« . Nous ne réinscrirons pas notre fils. On se lance dans l’IEF (Instruction En Famille)

Ce pas, énormissime pour moi, cette case cochée, ça a eu l’effet pour moi, d’un énorme saut dans le vide, mais bondieu, un saut giga-excitant.

On est face à des choix tu vois, parfois ça demande beaucoup de temps pour le faire. On est en plein désarroi, on rumine un paquet de temps, on sait pas trop si on va faire le bon choix. Et puis des fois, lorsque le pas est franchi, ça fait comme un souffle frais sur le visage, un truc qui te fait respirer en dedans. Et là, tu sens que ton choix il est en accord total avec toi même. Ca colle, ça rend fière, ça concorde, ça coule de source, comme une bonne confiture étalée sur une couche de beurre. Nickel.

Certains points m’effraie. Ceux qui vont m’obliger à me mettre quelques gros coups de pieds au derrière. Ceux qui vont donc sans doute agiter mes faiblesses sociales, parce qu’il n’est pas question que ma peur de l’extérieur enterre mes gosses à l’intérieur de la maison.
J’ai peur également de l’épuisement, parce que mes mômes c’est pas des statues de cire, ils me sollicitent de façon intense.
Nous savons également que cette décision nous la prenons pour un an. Nous testons. Nous verrons. Peut être que l’IEF deviendra notre mode de vie à long terme, peut être que ça ne durera qu’un an. Nous n’en savons rien, et ça reste logique. Chaque choix doit répondre à un questionnement de l’instant. Chaque décision se fait à un moment donné, dans un contexte donné et doit pouvoir être réadapté selon l’évolution des besoins de la famille.

Un an et des brouettes, et le reste on verra.

Mon fils, l’intense

Comment définir ce bonhomme sans en perdre une miette. Bien sûr c’est impossible, il est une merveille, unique et infini. La Globule, mon ainé est puissant.

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Depuis sa naissance, il a su nous montrer sa présence, sa puissance… vocale d’abord. J’en parlais déjà ici. Nous avons donc très rapidement compris que la Globule avait des choses à dire, à exprimer et qu’il ne le ferait pas dans le feutré. La Globule était un bébé très demandeur, avec de gros besoins de calinoux, de contact. Un intense.

Alors, évidemment, en cherchant un peu sur le net, pif paf pouf, je comprends qu’il entre dans la description des BABI (bébés aux besoins intenses). Je ne cherchais pas spécialement à le rentrer dans une case, simplement à ne pas me sentir seule et à comprendre ce qui nous arrivait et j’ai compris, ça fait du bien.

Mon fils est donc intense. Il fait tout de façon intense. Il pleure en hurlant fort, il rit en hurlant fort, il n’aime pas il adore. Il est intense dans le négatif mais surtout dans le positif.

La Globule ressent les émotions de façon intense, il les exprime de façon intense.

Une frustration, un chagrin le feront pleurer fort. La colère aussi est une émotion qui l’envahit. Lorsque quelque chose le contrarie ou le gène, il n’hésitera pas à te le dire au grand désarroi des adultes aux idées restreintes « vous faites trop de bruit, je n’arrive pas à regarder mon livre/à jouer ». Un cadeau ou simplement une idée de jeu le feront courir vite et fort jusqu’à toi pour te serrer fort, très fort dans ses bras et tu auras droit à un « Merci!!! c’est le plus beau cadeau du monde!/la plus belle idée du monde!!, j’adore, c’est trop bien, merci!!! ».

C’est un choubidou de garçon, il est extrêmement câlins, bisous. Il adore rire, se marrer, s’éclater. La Globule est un enfant créatif et sans cesse plongé dans un imaginaire sans frontière. Il ne joue pas avec beaucoup de jouets, il lui suffit de leur créer un monde dans lequel il aime que nous plongions. Il est doué pour la mécanique, la manipulation, la logique. Il démonte ses jouets et les remonte et sait faire mille autres choses qui nous épatent.

Etre intense chez la Globule signifie ne pas aimer dormir. « Maman, j’aime pas dormir, j’aime que jouer. Dormir c’est une perte de temps. ». Au coucher il me dit qu’il a hâte d’être le matin pour continuer ses aventures et si son papa se levait à 5h du mat’, crois moi que notre bout d’homme le suivrait en vitesse.

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Il veut faire, comprendre, jouer, se dépenser, rire, continuer, manipuler, créer.
Il bouffe la vie, la dévore.

A 4 ans maintenant, il apprend de plus en plus à s’écouter, reconnaitre ses émotions, les nommer, les exprimer et connait des moyens pour les canaliser. Il me parait si mature lorsqu’il gère ses émotions « maman, je suis trop en colère contre toi, tu n’as pas écouter ma phrase jusqu’au bout et je sens que ça monte en moi et que je vais bientôt pleurer ».

La Globule est un garçon très très attaché à ses parents. Il se détache tout doucement mais a besoin de nous savoir tout proches.
Il est également très attaché à la logique et peut facilement être perturbé et entrer dans un gros chagrin si les choses ne sont pas ou ne se déroulent pas comme prévues. « Mais, maman, tu avais dis que tu ferais ça, et après ci et ensuite ça, mais tu as fais ça, puis ça et ensuite ci » « Mais pourquoi on va à la boulangerie maintenant? on a dit qu’on allait d’abord au parc ». Alors, quand on sort, qu’on va quelque part ou qu’on fait quelque chose, on prépare le terrain en lui expliquant ce qui va se passer ou ce qui pourrait se passer. Une fois toutes les possibilités connues par lui, elles deviennent acceptables.

Il est d’une patience dingue avec son petit frère, il l’aime tellement. « Maman, je l’adore trop petit frère, il est trop mignon ».

C’est épuisant certains jours d’être près d’un intense, mais c’est ça de vivre près d’un soleil, c’est lumineux, plein de vie, brûlant d’énergie, puissant.
Etre intense, c’est aimer in-ten-sé-ment la vie.