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Une année scolaire sans école

Ca sent les vacances, j’aime bien cette ambiance. Même en étant décentrés du système scolaire, son calendrier reste majoritairement dominant dans les mouvements et l’organisation de la société entière, donc, on le ressent quand même, bien sûr!
Sans parler de l’été et du beau temps qui donnent, en plus, un peu de légèreté à nos pensées.

Cette année « scolaire » non scolaire (je rappelle que nous pratiquons l’IEF ou « Instruction En Famille ») ne s’achève pas réellement. Disons que nous n’avons pas établi de calendrier précis avec un arrêt net des apprentissages. On apprend tout le temps, un peu, partout.

Je fignole quand même un bilan, parce que mine de rien, même si nous n’avons aucune obligation de suivre un quelconque programme scolaire, j’aime m’aider des suivis mis en place selon les classes, pour savoir comment me situer lorsque l’inspection aura lieu.

Parce que nous y voilà. Dès septembre prochain, la Globule qui aura 6 ans entrera dans l’instruction obligatoire et nous serons donc inspecté une fois par an à partir de cette prochaine année. Alors je nous y prépare, douuuuuucement.

Donc, le bilan, comment ça s’est passé cette année là? Comment je m’en sors pour pas finir en maison de repos en étant H24 avec mes deux enfants? Est ce qu’ils sont sauvages? Est ce qu’ils apprennent autant qu’à l’école? Comment je m’organise? Je les force à travailler?

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Début septembre 2017

Je m’attelle à établir un programme, un thème de l’année et un emploi du temps.

9h-11h30: apprentissages formels
Repas
Début d’après midi: sieste de la Granule pendant que je joue avec mon ainé
Le reste de l’après midi: sortie/jeu libre

Mardi: éveil musical
Vendredi
: après midi avec copain de l’école

Tu vois, c’est pas non plus l’emploi du temps de fou, juste de quoi cadrer les heures d’apprentissages.
La Globule est demandeur, il veut qu’on fasse « comme à l’école » et que je joue à la maîtresse. Nous « travaillons » un peu le matin et l’après midi je sors mes enfants pour leur faire découvrir un lieu quel qu’il soit tant que c’est dehors.
Ca a duré quelques semaines. Au bout de quelques temps j’ai vu la motivation de la Globule décélérer, puis stagner puis il s’est mis à ne plus vouloir (du tout) qu’on fasse « comme à l’école ».
L’une des valeurs pour lesquelles nous avons choisi l’IEF c’est de ne pas forcer l’entrée des connaissances dans la tête de nos enfants, car plus on force, moins ça rentre. Alors j’ai jeté notre emploi du temps à la poubelle (c’est une image, en vrai, nous n’avions pas d’emploi du temps sur papier, la Globule étant très très réfractaire à tout ce qui est « règles, consignes, trucs à suivre, etc », sous peine de le mettre sous stress).

Fin 2017

Je me suis adaptée à mon fils et ai calqué nos apprentissages sur ses passions du moment. Le formel est devenu impossible, tout est passé par le jeu. Le jeu de rôle précisément, car la Globule est fana de jeux de rôles.
Alors, je suis devenue:
Annabelle (astro-physicienne)
Violette (archéologue-paléontologue)
Sarah (malvoyante qui a besoin d’un ami pour lui lire ses énigmes)
Farouk (le frère de Sarah, qui a du mal à écrire et qui a besoin d’aide pour écrire ses courriers)
Mr Sassou (un extraordinaire mathématicien qui a besoin qu’on l’aide à compter les wagons de son futur train interstellaire)
Dr Franck (Médecin, chirurgien)

Cela me demande beaucoup de temps  pour trouver des idées/préparer les activités et les fabriquer parfois! Mais c’est tellement amusant et agréable ensuite de voir mon fils s’amuser avec chaque personnage tout en intégrant pleins de choses!
En parallèle, mon homme a quitté son travail pour se lancer à son compte, nous sommes donc tous les quatre à la maison, je te laisse imaginer le saoûlage qu’on peut se mettre les uns sur les autres…
En parallèle, la Granule qui grandit commence à énormément me solliciter. Il demande beaucoup d’attentions, et je n’arrive pas beaucoup à l’occuper « de son côté » pour que je puisse faire des choses avec son frère.

Mars – avril 2018

Période compliquée. Mes idées d’activités se sont amoindries et, surtout, je suis épuisée. Etre avec mes deux garçons tout le temps m’a épuisé. La Globule n’est plus beaucoup intéressé par les activités que je lui propose (manque d’enthousiasme de ma part et mes idées ne sont plus aussi intéressantes). Nous sommes en totale unschooling, aucun programme, tout se fait sur l’instant. La Globule me sollicite toujours énormément ce qui rend les activités avec la Globule soit très compliquées, soit impossibles. Quelques moments vraiment difficiles. Nous sommes même allés visiter l’école démocratique du coin.

Mai à juillet 2018

Les choses se sont améliorées. La Globule a (re)trouvé de l’entrain, sans doute parce que j’ai moi même retrouvé de l’enthousiasme. Je laisse filé les apprentissages en mode autonome, je propose des activités de façon irrégulières (toujours calquées sur ses passions du moment) et la Globule s’ouvre aux apprentissages « sur papier et crayon« . Il en fait tous les jours maintenant (sauf quand je n’ai pas eu le temps d’en préparer). Toujours en mode « freestyling », nous faisons des sorties de façon irrégulières. La Granule me demande encore beaucoup mais il s’occupe un peu plus par lui même et surtout, les moments de jeu avec son grand frère augmentent.

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Les deux grosses difficultés de cette année:
– gérer le quotidien avec DEUX enfants qui ne veulent pas les même choses (évidemment)
– mon fils ainé qui peut beaucoup s’ennuyer (surtout en hiver) et dont il faut remplir les journées (partiellement au moins)

Les apports positifs de cette année:
– des apprentissages fluides sans contraintes
– zéro stress dû au quotidien fastidieux de l’école
– liberté TOTALE d’emploi du temps, aucune dépendance vis à vis du calendrier scolaire
– profiter à fond de nos enfants et de moments de famille
– mes enfants ne présentent aucun signe de sauvagerie et sont aussi sociables que leurs congénères

Je n’ai jamais imposé d’activités et je n’ai jamais forcé mon fils a travailler ou à faire quelque chose sur un thème qui ne l’intéresse pas. Aujourd’hui je fais le bilan et il est positif, même très positif malgré les difficultés.

L’année scolaire qui va arriver, va nous apporter des nouveautés:
– inspection obligatoire annuelle
– fin de mon congé parental et donc projet professionnel en cours dans ma tête

Les choses risquent de bien changer, mais probablement en mieux. Nous n’envisageons pas de retour dans le circuit scolaire, mais, j’ai pour principe de ne jamais jurer de rien, rien n’est impossible, rien n’est figé.

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Pas de cartable cette fois-ci

Les années précédentes je voyais passer des articles d’autres mamans qui annonçaient la non rentrée de leur(s) enfant(s) et je me disais « un jour j’écrirais la même chose ». Je ne savais pas vraiment si la vie nous y mènerait, finalement c’est nous qui avons décidé que la vie devait nous y mener qu’elle le veuille ou non.

C’est étrange ce décalage. L’effervescence de la rentrée, les enfants et les parents qui attendent et redoutent cette date et nous qui continuons notre quotidien sans une vague. J’avoue que je savoure ce délice. Je suis absolument heu-reuse de ce décalage. Et je te dis pas mon fils.

« J’irai plus jamais à l’école maman, l’école c’est trop dur. » « ici tu pourras faire la maitresse, mais une maitresse qui punit pas ».

J’appréhende quelque chose tout de même. Malgré tout je ne suis pas suffisamment armée je crois (je me surprendrai moi même j’en suis sûre) pour affronter tous les échanges qui m’attendent avec les autres, les voisins, les proches, etc. Ceux qui ne comprendront pas et ceux qui jugeront notre choix comme insensé ou même fou.

Vendredi soir je dinais avec des amis et j’ai déjà vu ce regard et ce jugement « mais vous avez pas peur qu’il soit asocial? ». Mais non mes chers gens, non, pas du tout, quand les autres enfants seront restreints à une cour de récré entourés quasi-exclusivement d’enfants (est ce ça la vie, une planète remplie d’enfants?), mes fils auront tout le reste de la planète à explorer!

La semaine d’avant j’entendais mon frère « mais vous êtes fous, vous croyez pouvoir vous substituer à des professionnels de l’enseignement! ». Mais oui mon cher, oui, sans jamais dénigrer le travail dingue des instit’, je crois que l’on peut faire autrement et mieux encore que ce système éducatif clairement défaillant.

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J’ai envie de dire: cela fait plusieurs années que nous étudions le concept de l’IEF et toi qui me juge, depuis combien de temps t’es tu penché sur le sujet? Sinon as tu 6h devant toi pour que l’on puisse réellement discuter de ce vaste sujet?

Je dirais aussi: pourquoi je ne mets pas mes enfants à l’école? mais et toi, pourquoi les y mets tu? Si tu pouvais assurer à tes enfants qu’ils apprendront avec plaisir et seront instruits sans avoir à subir les ravages d’une Ecole compétitive, punitive, parfois traumatique et souvent inefficace, le ferais tu?

Enfin, tout ça n’est pas si important, et je sais comme on peut être dubitatif face à des fonctionnements différents de ceux que l’on connait, c’est effrayant aussi.

J’appréhende une autre chose également, celle-ci liée à moi uniquement. Sortir et m’engager à rencontrer du monde. C’est un véritable défi qui se profile pour moi, pour la socialement handicapée qui me compose. J’ai déjà bien entamé cette aventure avec des contacts, d’autres familles, des activités prévues, en fait, y a plus qu’à se lancer et je sens que ça risque fortement de changer ma vie et celles de mes deux enfants de façon fantastique!

Le pas est franchi: l’école c’est fini

La Globule a 4 ans et des brouettes. Il connait l’école depuis ses 3 ans. A ce moment là, j’étais pas très enjouée et c’était les fesses serrées que je l’avais inscrit.

J’avais écris sur ce sujet ( ici: L’école c’est bien et c’est obligatoire ), pour expliquer que je restais très vigilante quant à l’emprise éventuellement néfaste que l’école pourrait avoir sur lui et sur le fait que nous n’hésiterions pas beaucoup à l’enlever, l’arracher même, de ce système un peu/beaucoup influençant.

La petite section s’est bien passée. Globalement. Mais quand même c’était pas le paradis.
Dès les premières semaines la Globule a commencé à aller à l’école à reculons, jusqu’au jour où il ne voulait pas décoller de la maison. Il a su nous expliquer que les grands l’embêtaient lorsqu’ils venaient le caresser, le câliner, le consoler. Pour être plus précis, à l’école, les petites sections les plus choubidou sont souvent très très aimés des plus grands qui n’hésitent pas à leur caresser les cheveux ou la joue ou simplement à venir leur parler ou leur demander comment ça va. Mais, attention, la Globule n’aime pas-duuuu-tout qu’on le touche, tripote, caresse, surtout si tu es ni sa maman ni son papa.
Nous lui avons demandé s’il voulait qu’on en parle avec la maitresse, et donc avec son accord, moi et mon homme, à tour de rôle et de façon très insistante et quotidienne, nous en avons parlé à sa maitresse et à l’ASEM. Elles ont pris le soucis très au sérieux et, très rapidement les grands ont arrêté de vouloir papouiller notre bonhomme.

Et puis l’influence classique de l’école a fait son apparition sur la Globule, avec les stéréotypes, la violence, les contraintes d’autorité, le bien/pas bien, le stress des récrés « comment ça s’est passé la récréation? » »moi je m’assois sur le banc des maitresses et je leur raconte ma vie en regardant les autres courir partout ».
La Globule, intense comme il est, absorbe tout à l’école et ressort tout à la maison.
La première année s’est bien terminée, notre bonhomme étant un enfant trèèèès docile en classe, trèèèèès doué et trèèèès à l’aise avec les adultes.

La moyenne section se passe bien. Globalement. Cette année, il a crée des amitiés avec, entre autres, un meilleur copain. Cette année a donc montré que la Globule a des capacités sociales qui dépassent déjà largement les miennes et qui permettent donc logiquement de me rassurer sur ce point là. En gros, il est capable d’aller vers ses congénères sans aucune gène pendant que moi je continue de serrer les fesses.
L’influence de l’école a continué de faire son effet évidemment, avec, toujours, les punitions, les « maitresse elle a crié et j’ai eu peur« , la violence sous des tas de formes (je l’ai dis que la récré c’est la loi de la jungle?), les « même pas mal« , les jeux de force, etc.
Toutes ces petites choses, banales, considérées banales plus précisément, auxquelles je n’adhère pas. Et puis l’école classique c’est tout un concept qui est, selon moi, totalement à révolutionner (si t’as 4h devant toi, on peut papoter sur ce sujet).
La Globule est dans une petite école privée qui propose de supers ateliers autonomes montessoriens, mais, malgré mes demandes, non, ils n’iront pas plus loin dans le concept. Bon, dommage, vous étiez sur la bonne voie!

L’année prochaine c’est la grande section. Et qu’apprends-je. Les grandes section sont dans la même classe que les CP et sont donc déjà fourrés et immobilisés derrière des bureaux.
Et là, c’est devenu pour moi le critère rédhibitoire. No way. Stop. Pas question mon cochon.

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Alors, j’ai ruminé, réfléchis, discuté avec mon homme. Ensuite j’ai encore réfléchis, ruminé et puis j’ai recherché.
Autour de nous nous avons deux écoles intéressantes qui viennent tout juste d’ouvrir en 2016: une école Montessori et une école libre. La première coûte 4800€ par an. Ahum. Pas possib’. La deuxième est bien bien moins chère et le concept est super intéressant. J’ai eu des retours de maman qui disaient que l’organisation n’était pas encore super bien rodée. Bref, c’est devenu mon option numéro deux.

Je suis en congés parental et on arrive à se débrouiller financièrement. La Globule n’est pas encore dans l’âge où l’instruction est obligatoire, donc pas de stress d’inspection. L’école ne prône pas les valeurs qui nous sont plus que chères. Alors, la décision est venue tout simplement. Sur le cahier de vie de notre bonhomme, là où on nous demande si on souhaite le réinscrire l’année prochaine, on a coché « NON« . Nous ne réinscrirons pas notre fils. On se lance dans l’IEF (Instruction En Famille)

Ce pas, énormissime pour moi, cette case cochée, ça a eu l’effet pour moi, d’un énorme saut dans le vide, mais bondieu, un saut giga-excitant.

On est face à des choix tu vois, parfois ça demande beaucoup de temps pour le faire. On est en plein désarroi, on rumine un paquet de temps, on sait pas trop si on va faire le bon choix. Et puis des fois, lorsque le pas est franchi, ça fait comme un souffle frais sur le visage, un truc qui te fait respirer en dedans. Et là, tu sens que ton choix il est en accord total avec toi même. Ca colle, ça rend fière, ça concorde, ça coule de source, comme une bonne confiture étalée sur une couche de beurre. Nickel.

Certains points m’effraie. Ceux qui vont m’obliger à me mettre quelques gros coups de pieds au derrière. Ceux qui vont donc sans doute agiter mes faiblesses sociales, parce qu’il n’est pas question que ma peur de l’extérieur enterre mes gosses à l’intérieur de la maison.
J’ai peur également de l’épuisement, parce que mes mômes c’est pas des statues de cire, ils me sollicitent de façon intense.
Nous savons également que cette décision nous la prenons pour un an. Nous testons. Nous verrons. Peut être que l’IEF deviendra notre mode de vie à long terme, peut être que ça ne durera qu’un an. Nous n’en savons rien, et ça reste logique. Chaque choix doit répondre à un questionnement de l’instant. Chaque décision se fait à un moment donné, dans un contexte donné et doit pouvoir être réadapté selon l’évolution des besoins de la famille.

Un an et des brouettes, et le reste on verra.