Archives pour la catégorie Mon rôle d’humaine

Les mots chargés

Imagine que tu es face à un robot. Ce robot est programmé pour dire des phrases.
Dans ce premier scénario il programme des phrases au hasard et il te les récite. Là, la phrase est tirée au sort et il te la dit: « Je t’aime ». Ca te fait quoi? Que dalle.

Dans le second scénario, tu es toujours devant ce robot. Tu as une mère, que tu n’as pas vu depuis très longtemps. Avec elle c’est conflictuel, vous vous aimez mais tu as toujours eu la sensation de ne pas être aimé d’elle et de n’avoir jamais été à la hauteur. Tu rêves de lui plaire mais tu as tellement de ressentiment que la communication s’est brisée. Aujourd’hui, ce robot, c’est elle qui l’a programmé. C’est ta maman qui a choisi quelle phrase ce robot te dira. Le robot te récite alors la phrase choisie: « Je t’aime ». Ca te fait quoi? Un peu de frisson peut être? Une boule à la gorge? Les yeux humides ou en tout cas y a du remue ménage en dedans.

Dans le troisième scénario, tu es toujours assis là, dans cette pièce froide et sans meuble. Il y a toujours le robot mais il est éteint. On te dit que la phrase va arriver. La porte s’ouvre et ta mère est là en personne, cette même mère que tu aimes et avec qui l’histoire est si difficile. Elle te regarde, les yeux remplis d’émotions et elle récite la phrase qu’elle a choisi: « Je t’aime ». Ca te fait quoi? Perso j’imagine que ça te fait chialer, et que les émotions sont fortes.

Du premier scénario au troisième, les émotions vont crescendo tout comme les mots se rapprochent de la personne émettrice.

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J’ai remarqué ça quand j’écrivais un sms. J’écrivais le même message à deux personnes différentes. Une phrase un peu banale, du genre « je te souhaite une douce journée ». Mais j’avais chargé les mots de façon différente. Sur l’un des sms, les mots étaient chargés avec du positif, du cordial. Sur l’autre sms, j’avais chargé les mots avec du mélo, de la tendresse et du désir. Le premier sms n’a pas reçu de réponse et le deuxième a été répondu avec autant de tendresse et de désir que j’avais envoyé le mien.

Les mots, c’est pas juste des lettres qui se donnent la main. Ils se chargent en ions émotionnels chez la personne qui les émet et ils s’accrochent chez la personne qui les reçoit selon une attraction chaque fois particulière. Des ions positifs aux ions négatifs, avec, entre eux et avec eux, toute la palette des émotions humaines. C’est beau les mots, et c’est puissant. Les mots sont importants, plus que les actes souvent. Sisi, plus que les actes. Les actes sont des faits, mais derrière les actes souvent on ne connait pas l’intention qui s’y cache et parfois on passe à côté d’un message important. Les mots eux, expliquent. Ils définissent et retirent souvent le flou des actes.

Ex: une personne proche t’offre un voyage (= acte). Toi, que peux tu penser? « Cette personne est généreuse, c’est vraiment trop gentil de m’avoir offert ça, ouah », alors que le message de la personne était « Tu es une personne très spéciale pour moi, tu m’apportes tellement de moments heureux, j’avais envie de voir le bonheur sur ton visage en t’offrant quelque chose qui te ferait du bien ». Aurais tu pensé « Je suis une personne spéciale pour lui/elle »? Sans doute que non. Les actes sont beaux et importants, mais ils ne seront jamais aussi précis que les mots. Seuls les mots peuvent être totalement clairs et limpides quand ils sont dit, évidemment, avec le coeur. D’ailleurs, la majorité de la population préfère passer son temps (sa vie) à faire des actes plutôt qu’à dire des mots d’amour à ses proches, c’est plus dur de dire que de faire! Les mots sont plus difficiles à prononcer que les actes ne le sont à être effectués. C’est dire à quel point les mots sont chargés! Et puissants.

Pourquoi je dis tout ça? Ah oui, pour te dire: je te souhaite une douce journée.

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J’ai 35 ans

J’ai 35 ans
J’ai pas toutes mes dents
J’ai pas de cheveux blancs
J’ai une maison, pas d’appartement
J’ai un chat et deux enfants
J’ai un Homme aimant
J’ai plus mes deux parents
J’ai un emploi en suspend
J’ai peur de vieillir, bon dieu ça passe vite le temps
J’ai peur de mourir, qu’est ce qu’ils meurent les gens
J’ai changé de taille de vêtements
J’ai encore pas mal peur des gens
J’ai un cours de yoga dans lequel j’apprends
J’ai pas beaucoup d’argent
J’ai de l’anxiété et du stress presque permanents
J’ai pleins de projets en tête mais je ne sais pas pour quand

Je suis plus sûre de moi
Je suis fière de mes choix
Je suis capable de m’estimer et avoir plus confiance en moi
Je suis mal à l’aise avec les faux semblants, les règles sociales c’est pas pour moi
Je suis une maman bienveillante, un peu moins parfois
Je suis végétarienne depuis des lustres, c’est bon le quinoa
Je suis intelligente, indulgente et adepte du rire, parce que c’est bon pour soi
Je suis toujours ouverte pour discuter mais pas entre deux rues, ça, j’y arrive pas
Je suis asocial, philanthrope et sympa

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Je me rends compte qu’il est plus facile de dire ce que l’on a que ce que l’on est.
D’ailleurs, je me demande, comment se définie t on?
Est ce que:

Définition de ce que je suis = (mes opinions) + (mes idées) + (mon histoire) + (mes points forts) + (mes points faibles) (mon paraître)

Se définie t on par tous ces éléments? Pourtant tout ça change! On change d’avis, nos qualités, nos points faibles changent, alors est ce qu’on se définie par des paramètres fluctuants et évolutifs? Ce que nous sommes change t il tout le temps?
Ou alors, est ce que si on soulève toutes ces couches et qu’on regarde très loin en dessous, là, bien caché à l’abri, on trouvera ce que nous sommes, notre définition serait posée là, pure, immaculée et immuable?

Perso j’en sais rien. Ce que je sais c’est qu’à 34 ans je ne me posais pas cette question et qu’à 35 ans je me la pose.

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L’égoïsme: la conséquence d’un excès d’altruisme

Salut toi, ici je viens donner mon avis encore une fois, sur un comportement général que l’on associe finalement, à presque tout le monde.

Quand j’observe quelque chose qui se fait redondant, ça me donne toujours envie de l’étudier. Et oui, si quelque chose se répète, se généralise, et ici il s’agit d’une généralisation internationale hein, c’est qu’il y a forcément un lien et un cheminement commun, ou tout du moins de quoi faire réfléchir, ce qui fut mon cas.

Tout le monde se plaint constamment de tout le monde. Parmi les multiples plaintes, l’une d’elle revient constamment et fait parti du top: « le monde va mal, les gens sont égoïstes et ne pensent qu’à leur petite personne ». En parallèle, on entend souvent « MOI, j’essaie toujours de penser aux autres, je suis là pour les autres et en retour? rien du tout! ».

L’idéal serait donc que tout le monde pensent aux autres, sans se préoccuper d’eux même? Il faudrait être dévouer aux autres, généreux et surtout ne pas penser à soi? J’imagine qu’on pourrait me dire « mais non, il faut être un peu des deux quoi, penser aux autres, mais ne pas s’oublier ». Mais est ce faisable sans pour autant se faire juger d’égoïste durant la moindre fois où l’on pense à soi? Et puis c’est bien quelqu’un d’égoïste, il en a le droit non? C’est bien qu’il pense à lui, sinon c’est toi qui pensera à lui à sa place?

Mal jugés

Parlons des vrais égoïstes, ceux que l’on juge d’ailleurs bien trop vite, mais admettons. Les gens qui n’aident personnes, qui ne participent jamais et qui, visiblement, méprisent ses compères. Je suis convaincue que l’égoïsme qu’on leur attribue, est, dans la grande majorité des cas, un mauvais jugement lié aux apparences. La plupart de ces « égoïstes » sont simplement des personnes mal à l’aise, blessées, qui se sentent incapables d’être utiles, sans doute inhibées et ayant appris sagement à ne pas se sentir concernés par les autres (« ne t’en occupe pas » « tu sais pas faire » « laisse tomber »).

Au delà de cette catégorie, nous sommes de toute manière tous jugés, un jour ou l’autre d’égoïste.


La source de ce mauvais jugement

Comment cela se met il en place? nous qui rêvons, chacun, d’un monde merveilleux et altruiste?
Tout commence dans l’enfance. Oui, car de toute manière, TOUT commence là, c’est rarement à 70 ans que les mécanismes se mettent en place.

On apprend à nos chers bambins, dans un soucis de correction et de politesse sans doute exagérée, à: se taire pour laisser les autres parler, ne pas faire de bruits pour laisser les autres tranquille, bien se tenir pour laisser les autres avoir de l’espace, laisser passer les autres en premier, prêter ses jouets pour laisser les autres s’amuser, à dire merci et d’autres mots de convenances pour laisser les autres se sentir respectés, etc. En résumé, on nous apprend à faire passer l’autre avant nous. C’est ce que je j’appelle le phénomène du « laisse passer la dame« .

Le soucis c’est que, souvent, ce mécanisme inculqué à l’enfant s’arrête là. On ne lui apprend pas ses droits fondamentaux. L’enfant risque de se sentir oublié, inexistant, sans importance. Ses besoins ne sont pas écoutés, encore moins ses émotions. Il passe après tout le monde, on lui apprend finalement à s’effacer. Classique: l’être humain grandit alors avec des lacunes, des manques, son Etre grandit en se sentant sous considéré, en carence et surtout négligé. L’adulte qu’il deviendra, peut accumuler de la rancœur, de la colère contre les autres, ces fameux autres qu’il faut tant « chouchouter » et faire passer avant soi.

Pourtant, pourtant, personne d’autre que nous même ne peut prendre soin de notre Etre. Nos besoins, nos émotions sont des messages d’une importance capitale pour notre bien être intérieur. On devrait apprendre à nos enfants à écouter leurs besoins et à exprimer leurs émotions, ce sont des droits!

Oui, un enfant a le droit de ne pas vouloir prêter son jouet, t’oblige t on à prêter ta tablette à un inconnu? L’enfant a le droit de vouloir s’amuser autour de la table sans pouvoir se tenir tranquille, son corps a besoin de mouvements. Un enfant a le droit d’oublier de dire merci sans pour autant être mal jugé, les oublis arrivent à tous.

Une fois adulte, notre intérieur se sent mal aimé « les autres ne pensent pas à moi » « qui pense à moi? » « et moi dans tout ça? ». C’est là qu’apparait ce que j’appelle le syndrome du « et MOI?« . On ne s’est pas écouté et, forcément, les autres ne nous ont pas écouté car non conscients de nos besoins. C’est à cet instant précis que l’on se dit que les autres sont « égoïstes« .

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Le droit d’être égoïste

Nous devrions écouter ce dont nous avons envie et besoin et y répondre, car personne d’autre que nous même ne le fera. Ce n’est pas facile de s’écouter lorsqu’on ne nous a pas laisser apprendre à le faire, mais il faut un début à tout! Apprends à t’écouter et à répondre à tes besoins rien qu’à TOI. Nous avons le droit de:

Refuser une soirée parce qu’on a pas envie
Ne pas répondre au téléphone parce qu’on a pas envie
Refuser de rendre un service parce qu’on a pas envie
Laisser tout le monde qui nous attend parce qu’on a pas envie

Nous devrions pouvoir écouter nos « pas envie » car, selon moi, ils sont tout simplement le reflet d’un besoin (besoin d’isolement, de se protéger, de se reposer, de voir ailleurs, de liberté…). Nous devrions pouvoir faire tout ça sans culpabiliser, sans que tout ce joli petit monde autour de nous n’essaie de nous culpabiliser et sans que tout ce joli petit monde n’en arrive à vous juger de « sale égoïste qui pense qu’à soi ».


L’altruisme viendra

Si tu réponds à tes besoins, que tu écoutes ton corps et ton mental, si tu te laisses la liberté de faire et dire ce qui est BON pour toi, alors tu te sentiras bien. Remercie toi. Ton corps le fera. Aime toi, écoute toi. Ensuite que se passe t il lorsqu’une personne a ses besoins satisfaits et qu’elle est en harmonie avec elle même? De façon naturelle, elle deviendra en harmonie avec le reste du monde. Simplement, l’altruisme s’installe. Et oui, lorsqu’on se sent bien, on a envie d’être bien avec les autres. L’altruisme et la générosité ne devraient jamais être forcés, cela vient seul, avec le coeur j’ai envie de dire.


Résumé

On entend partout ces deux messages:
– Moi je pense aux autres et personne ne pense à moi
– Les gens ne pensent qu’à eux
Tu remarqueras la belle contradiction, c’est irrationnel! Tout le monde trouve les autres égoïstes et pourtant tout le monde se trouve altruiste! (note importante: quand je dis « tout le monde » c’est un raccourci pour dire « une bonne grosse partie des gens »).
C’est donc ainsi qu’un excès d’altruisme que l’on nous a inculpé depuis l’enfance, crée alors une impression d’égoïsme de la part des autres.
C’est une erreur d’attendre quelque chose des autres pour être heureux. C’est une erreur de croire que les autres sont là pour répondre à nos besoins. C’est à toi de le faire!
Sois égoïste, pense à TES besoins. Tu seras là pour les autres ensuite.

Oui, je pense à moi et je vais bien, et toi, tu vas bien?