Archives pour la catégorie Mon rôle d’humaine

Le syndrome du patient silencieux

Ou l’autoritarisme des blouses blanches.

L’autre matin je suis allée chez le dentiste. Un que j’avais jamais consulté avant. Il me reçoit, me tend la main et, tout en me serrant vaguement la main, il me tire le bras pour m’entrainer vers son cabinet, c’était brutal et surtout inattendu. Dans ma tête c’était fini, je savais déjà qu’il ne me reverrait plus. Il me demande ce que je fais là, je lui explique mon inquiétude face à mes dents qui deviennent translucides (signe d’érosion dentaire hein), il parait surpris et me dit qu’il va faire le tour de ma dentition. Il m’indique qu’il n’y a rien d’inquiétant, pas de carie et qu’il y a encore quelques résidus de colle orthodontique. Il gratte, il ponce, il fait bzzzzzzz bzzzzz avec ses trucs. Il m’applique un truc sur les dents et je sens un goût. J’attends qu’il termine pour lui demander ce qu’il m’a mis dans la bouche, il me répond qu’il n’a rien mis, juste de la pâte à poncer (contradiction, merci). Je lui fais part encore de mon inquiétude sur mes dents translucides, il ne réagit pas. Il me parle vaguement, des phrases un peu fourre tout, des phrases qu’il ne prend pas la peine de finir. Voilà, il a terminé. Je lui fais part, une 4ème fois, de ma question sur les dents translucides (je suis bornée, mais je suis venue pour avoir une réponse!), il me dit que « ooh, mais vous inquiétez pas, vos dents ne vont pas s’écrouler comme ça hein, héhé ». Aurevoir.

Peut être que pour toi, il n’ya rien d’extraordinaire dans ce récit, et c’est ça qui est grave selon moi, parce que, toujours selon moi, ce récit est tout à fait grave. Et ce que j’ai raconté là n’est qu’un cas, mais pour ma part, ce n’est pas un cas isolé.

woman-3187087_1920

Comme je le disais un peu dans un vieil article, lorsque j’étais petite (et jusqu’à tard), je considérais les adultes comme super-puissants, maitrisant et gérant tout au poil. Et, j’avais en tête que les médecins, praticiens et professionnels étaient de véritables experts, possesseurs du Savoir, et qu’ils savaient donc tout (je pensais qu’aller voir le médecin était forcément synonyme de diagnostic). Bien sûr c’est impossible, mais c’est pour te dire à quelle hauteur je mettais leur piédestal!
Et puis, tout doucement, au fil de mes expériences, ce piédestal a commencé à s’effriter pour finir totalement bousillé. Par exemple, 4 des 5 dernières fois où j’ai consulté un médecin, il ne savait pas ce que j’avais « oh, c’est sans doute transitoire, je vous prescris de la cortisone ». Ou encore le dentiste dont je parle plus haut, qui n’a pas su m’expliquer ce que des dents translucides peuvent cacher. Ou encore la pédiatre qui ne savait pas ce que mon bébé qui pleurait tant, avait. Ou encore…

Pire, non seulement les pros ne savent pas tout (ça te parait évident, et ça l’est, mais j’énonce ici la vision que j’avais qui a maintenant valdingué) , mais je me suis rendue compte de leur autoritarisme et d’une certaine forme de violence appliquée aux patients.

Ca a commencé en maternelle. Le médecin qui venait faire l’auscultation annuelle, ne m’expliquait rien et me manipulait comme un pantin (évidemment, je n’étais qu’une enfant, et on le sait bien, le corps d’un enfant ne lui appartient pas entièrement).
Puis, j’ai commencé à consulter un ophtalmo à partir du CE1. J’ai très peu de souvenir du son de sa voix, il ne me regardait pas, ou seulement à travers la lentille de ses gros appareils, et bien entendu, il ne m’expliquait rien. J’avais juste à exécuter ce qu’il me demandait sans trainer parce que monsieur l’ophtalmo avait un emploi du temps très chargé.
Il y a eu l’orthodontiste qui, bien qu’agréable, ne m’expliquait rien, ne me disait pas ce qu’elle faisait (ou si peu) et n’était pas assez disponible pour répondre à toutes mes questions. Les soins étaient parfois douloureux, mais on me demandait de ne pas bouger et de patienter. Pas bouger, madame, pas bouger, laissez vous faire, on sait ce qu’on fait, vous, vous ne savez pas, mais on s’en fout.
Tiens, je t’ai pas raconté ça, justement lorsque je cherchais un/e orthodontiste pour m’occuper de mes dents, l’une d’elles a refusé de me prendre comme patiente parce que je posais trop de questions. J’avais des inquiétudes (on m’annonçait des soins orthodontiques + une chirurgie lourde des mâchoires, on peut être un peu inquiet non?), et donc, trop enquiquinée, elle a préféré se délester de moi. Un patient ça doit être silencieux et surtout pas faire chier.

Si tu es une femme, tu vas maintenant savoir de quoi je parle.
Petite jeunette de 16 ans, je commence mes visites chez la gynéco, et c’est donc le début de visites parfois difficiles. J’ai eu de super sages femmes et gynéco, mais d’autres ont abusé de leur statut de praticien professionnel. J’ai eu des touchers vaginaux très douloureux et, c’est fou mais dans ces moments là, visiblement on ne peut pas s’arrêter, c’est comme si le bazar intra-vaginal était définitivement inséré, on ne peut pas faire une pause???? pour détendre la patiente?? Non, apparemment, faut se grouiller et expédier l’examen même si la patiente ressortira avec une forte douleur.
Petite anecdote: j’étais chez ma gynéco de l’époque, et bien entendu j’enlève mes vêtements du bas. Je suis donc à poil derrière son paravent, puis j’arrive vers le fauteuil de torture comme la dame me l’a demandé, mais le fauteuil n’a pas le fameux papier de protection. Je l’indique à la gynéco qui était encore de l’autre côté du cabinet, elle me répond « ah, prenez le rouleau, il doit être derrière le fauteuil, je crois qu’il est tombé ». Je suis à poil, farfouillant derrière le fauteuil, galérant pour récupérer son foutu rouleau, la gynéco arrive à ce moment là. Nue, penchée vers l’arrière du fauteuil, ma dignité exposée. J’étais très mal à l’aise. (Dans beaucoup de pays, notamment anglosaxons, les femmes ne sont pas laissées nues comme ça, il y a un linge pour les couvrir).

Il y aussi le bon gros dossier de la grossesse, avec toucher vaginaux à la pelle, examens douloureux et, toujours cette même façon d’appréhender la patiente comme quelqu’un qui doit se laisser faire. Je pourrais te raconter mes accouchements, mais ce serait ici un peu trop long. J’ai été victime, comme beaucoup de femmes, d’une certaine forme de maltraitance. On m’a arnaché au lit, et surtout on a fini mon premier accouchement avec la gynéco qui a appuyé fortement sur mon ventre. Pour mon deuxième accouchement, on m’a bien moins manipulé mais la sage femme a été très méprisante (nous ne voulions pas suivre leurs directives imposées et avions des demandes, très culottés hein) , par contre, ma gynéco m’a fait un décollement des membranes extrêmement douloureux et surtout sans me le dire, je ne l’ai compris que bien après. On montre, à la télé, de merveilleux accouchements en clinique classiquement très médicalisée et on dit aux futures mamans que l’équipe est là pour les accompagner, ce que je vois moi ce n’est pas ça du tout, je vois, dans la majorité des cas, des professionnels qui sont là pour diriger la femme qui n’a qu’à faire ce qu’on lui dit, pas besoin de réfléchir, juste à suivre les directives.
Je crois que je ferais bien un article rien que sur l’accouchement, durant lequel la femme est totalement dépossédée de son instinct et qu’on met dans une position et un contexte qui fait qu’elle n’est plus en capacité d’accoucher naturellement et sans problème et on en arrive à: « bah oui madame mais j’ai été obligé d’appuyer sur votre ventre/faire une épisio/utiliser les forceps/ect, puisque votre bébé avait du mal à sortir », sauf que, très probablement si on laissait la femme s’écouter et accoucher comme ELLE le sent, il y aurait sans doute moins d’interventions médicales nécessaires.

woman-2609115_1920

La veille de mon rendez vous chez le dentiste, j’avais lu un article, qui s’ajoutaient à tous ceux déjà lus et il tombait à pique.

Il semblerait que ce soit assez français cette attitude dirigiste, paternaliste, autoritaire des blouses blanches. Dans beaucoup d’autres pays industrialisés, le patient est consulté, on lui propose les soins, on attend son accord, et le praticien est vraiment dans un rôle d’offre de services, alors qu’en France, les professionnels ont tendance à montrer une forme d’autorité (c’est moi qui SAIS), et le patient, très docile, doit simplement se laisser faire sans qu’on lui ait demandé son avis sur les soins apportés. On en arrive à se demander à qui appartient notre corps? Qu’a fait exactement le professionnel sur mon corps? Tu sais toi, en sortant de chez l’ophtalmo ou le dentiste ce que le monsieur ou la madame a fait sur toi? Franchement moi je saurais pas trop dire et pourtant, une fois le chèque déposé, moi je ressors du cabinet avec mon corps, c’est moi qui me le coltine avec tout ce qu’on y a fait dessus et mis dedans (et les conséquences positives ou négatives de tous ces actes).
C’est assez désolant de travailler en contact avec d’autres humains et d’en arriver à avoir une attitude les considérant presque comme de simples objets de travail. Beaucoup de praticiens n’aiment pas les questions, n’aiment pas que les patients remettent en cause leur diagnostic ou leurs procédures. Ne parlons pas des patients qui osent chercher à s’informer ailleurs, sur internet par exemple, quel culot! En France on sait être docile et silencieux, on nous apprend dès tout petit à se soumettre à l’Autorité et à se laisser faire par ceux qui savent.

Pourtant, comme dans tous les domaines de service, les soins sont des offres de service, c’est à dire qu’on OFFRE au patient une procédure, et le patient, est censé resté maître de sa décision (et de son corps accessoirement). Tout comme un praticien peut refuser un patient, le patient a le droit de refuser d’être soigné par un praticien, encore faut il qu’on nous propose un choix et non pas que l’accord soit, par défaut, déjà enregistré par le praticien.

Evidemment, il y a beaucoup de praticiens respectueux, cet article n’a pas pour but de dézinguer les professions médicales, je suis une grande admiratrice des progrès et des apports phénoménaux des métiers de la santé, je suis scientifique de formation et je suis passionnée par tout ça, mais il me parait important de mettre en lumière une pratique, un comportement très fréquent dans ce domaine et de redonner la responsabilité et le contrôle du corps à son possesseur.
Bien sûr, très probablement que les blouses blanches qui ont cette attitude dirigiste ont des raisons qui expliquent tout ça, peut être des horaires surchargées, peut être une pression sociale ou une pression de performance, etc. Sans doute oui.
Mais, quoiqu’il en soit, le patient possède un corps et tout ce qui est fait sur ce corps devrait être connu de son possesseur et consenti. On en est loin.

« Prends soin de ton corps, c’est le seul endroit où tu es obligé de vivre » Jim Rohn

Publicités

Nominée aux Sunshine Blogger Awards

Ca fait classe d’être « nominée », ça fait briller l’égo un peu. C’est une femme que je suis depuis quelques temps maintenant et que je t’invite à découvrir (si c’est pas déjà fait) qui m’a nominée, tu la trouveras par là: Maman Lempicka
Et donc, je prends le temps de répondre à cet honneur (parce que c’est long de répondre à une nomination! Mais tu vois, je le fais, rien que pour toi).

sunshine

Je réponds aux 11 questions que Maman Lempicka m’a donc lancé:

1/ Présente-toi en 3 lieux
Ouah, ça commence déjà sec, pas facile de choisir.
Premier lieu:
le quartier de mon enfance, une banlieue lyonnaise.
Des HLM, du béton, des enfants qui zonent. Des aventures, des peurs, des lieux cachés, des échanges incongrus, des souvenirs de dingues.

Deuxième lieu: le petit village au Portugal
C’est un lieu particulier pour moi, j’y ai passé toutes les vacances d’été de mon enfance. Encore aujourd’hui, lorsque j’y vais (bien plus rarement), j’ai toujours une sensation étrange d’y être. C’est un endroit fabuleux. Il y a des eucalyptus partout, des collines qui montent et qui descendent (parfois des pans entiers sont brûlés), et j’ai joué là bas des journées entières avec mes frères et mes cousins. La maison de mes parents, le tank qui nous servaient de piscine (là bas, à l’époque chaque habitation avait son tank (=lavoir), même les appart’), les plages, l’océan et ses vagues impressionnantes, les monuments de pierres, les oliviers, etc.

Troisième lieu: ma maison actuelle.
Cette maison c’est 4 murs de moellons, du contreplaqué à l’intérieur, du carrelage et de la peinture. Et puis, dedans t’y mets les êtres humains (et félin) que j’aime le plus au monde.
Ce cocon dans lequel je me sens si bien, c’est mon papa qui me l’a construit. Tu comprendras alors l’importance que ce lieu représente pour moi. Tu comprendras encore plus si tu sais que mon papa est mort/décédé/cketuveupourdirekilestpluslà et que ces 4 p*tains de murs sont empreints de sa présence.

Pourquoi as-tu créé un blog?
Franchement, celle là elle est dure, elle parait simple, mais pour moi c’est pas du nougat.
J’avais envie d’écrire les choses qu’il y avait dans ma tête. J’avais aussi envie de m’approcher du monde via un média non anxiogène. J’avais envie de créer un petit coin, un truc qui existerait, même en virtuel mais quand même visible et concret, un endroit que c’est rien que moi qui l’ai décoré, rien que moi qui l’alimente, un genre de moyen de montrer mon existence.

Comment as-tu choisi le nom de ton blog?
Je voulais qu’on y retrouve mon prénom,. Mon prénom m’a toujours fait penser au mot « cendres », et je m’en suis inspiré pour nommer ce parcours, ce cheminement, cette révolution intérieure qui s’opère en moi depuis quelques années et qui me permet de passer d’un état de « petite fille qui se sent inexistante » à celui de « femme pleine d’assurance ».

Quelles sont tes sources d’inspiration?
Mes enfants en majeure partie. Mais aussi mon quotidien, les échanges avec d’autres personnes et puis ça peut être n’importe quoi, un détail, une connerie, un truc qui m’a fait réfléchir, etc.

Les réseaux sociaux, c’est un peu, beaucoup ou passionnément?
Moyen. C’est modéré. Je souhaite volontairement limiter ma présence sur les réseaux. Je ne suis que sur Facebook et Pinterest. Mais depuis que j’ai découvert les groupes sur Facebook (notamment sur la parentalité), je passe pas mal de temps mine de rien (tout est relatif, mon temps sur les écrans est très restreints, de par le fait d’avoir deux mômes à plein temps) à scroller et lire les cas, les problèmes, les expériences, c’est ultra enrichissant pour moi!

Couche tôt ou lève tard?
Je me suis toujours couché tard, c’est le moment que j’aime le plus dans ma journée, le soir, tranquilou, le calme de la journée qui s’éteint, etc.
Et puis, en ce moment, mes enfants s’endorment (enfin mon 22 mois en l’occurence) pas avant 22h et il m’est absolument indispensable, pour ma santé mentale, de passer un moment à m’occuper de moi sans eux, donc je ne me couche pas avant minuit en général.

Si tu pouvais choisir la destination de voyage de tes rêves, où serait-ce?
J’allais répondre le Japon (parce que je rêve d’y aller), ou encore la côte est des USA (parce que je rêve à fond d’y aller), mais je me suis dis que j’allais rapidement me mettre à lister un paquet d’endroits de la planète.
La destination de rêve dépendrait des personnes qui seraient avec moi:
– Voyage de rêve avec les enfants: sans doute une destination citée juste au dessus
– Voyage de rêve sans les enfants: le gros cliché de l’île paradisiaque ou en tout cas, de la plage de sable fin, avec personne d’autre que moi (et mon homme éventuellement), genre Bora Bora tu vois, où équivalent, j’suis pas exigente.

Quel est l’article que tu as écrit dont tu es la plus fière?
J’ai deux articles qui me viennent à l’esprit (j’arrive pas à en choisir qu’un), mais pas vraiment qu’ils me rendent fières, disons que je suis contente d’un article lorsque j’ai réussi à appliquer mon ressenti par des mots qui me conviennent, des fois on a l’impression d’écrire à côté de nos pompes et parfois on croirait qu’une muse est venue dans notre tête et à tout fait couler directement jusqu’au clavier. Bon et bien ces deux articles, sont donc: L’enfant face à la mort, comment j’ai dû m’en occuper et puis Il dit très bien « non merci ».

Quelle est la dernière photo que tu as prise?
Une photo de mon 5 ans et demi qui jouait dans notre jardin. De toute manière les photos que je fais sont soit des photos de mes fils, soit des photos de mes pieds.

Retravailles-tu beaucoup tes articles ou publies-tu des premiers jets?
La plupart du temps je fais souvent un gros jet (trop bizarre cette tournure de phrase), j’ajuste, je corrige un peu et puis bim, ça part en publication.
Il y a aussi des articles qui attendent depuis un bail dans ma partie « brouillon », soit parce que je suis pas super inspirée par le sujet, soit parce que c’est, au contraire, un sujet super important et que je souhaite que tout soit bien léché au poil (trop bizarre cette tournure). Je précise d’ailleurs que mon style est volontairement familier (la gonzesse qui veut pas paraître analphabète), je souhaite écrire comme si je m’adressais à quelqu’un avec qui je papote tranquilou.

Un seul mot pour tes lecteurs, à part merci?
Coucou 🙂

Je rebalance la nomination à 11 blogs que j’aime:

Lumai
Maman Chloe

Blog de mère
Cute Simplicity
Une vie en chantier
Mamans, mas pas que
Sweet and Spicy
Maman Nouille
Maman Orange
Hello Maman
Les petits ruisseaux font les grandes rivières

Voici mes 11 questions:
1/ Raconte nous 3 souvenirs marquants

2/ Tu pars en vacances cet été? où ça?

3/ Comment définirais tu ton style d’écriture et le ton que tu emploies dans tes articles?

4/ A part un blog, as tu d’autres plateformes de création de contenu? (ex: chaîne vidéos, podcasts, site, etc)

5/ Ton entourage connait il ton blog? Pourquoi?

6/ Classe ces idées de la moins importante à la plus importante pour toi:
-Faire des choses pour les autres
-Faire des choses pour soi même
-Etre poli et « bien élevé »
-Vivre selon tes envies et valeurs
-Vivre en faisant attention à ne pas faire de mal aux autres
-Travailler
-Partager des moments avec ceux que tu aimes

7/ Pense tu que, le jour où ta vie prendra fin (le plus tard possible, je te le souhaite hein), le classement de la question précédente sera identique?

8/ Dans ton rêve le plus fantastique, à quoi ressemble ta vie idéale?

9/ Comment vois tu ton enfance?

10/ Est ce que tu fais (ou as fait) du sport?

11/ Est ce que tu parles d’autres langues que le français?

C’était pas mieux avant

C’est un truc que je pensais avant. Avant, je pensais que c’était mieux avant.
Tu noteras que le terme « avant » est d’un flou intersidéral.

On pourrait croire qu' »avant » c’était il y a très longtemps, jadis, naguère, ou plus précisément il y a plusieurs siècles. Est ce que ces temps là étaient mieux que maintenant?
Entre la mortalité infantile élevée, la peste et autres épidémies, les régimes monarchiques ou le peuple crevait de faim et les guerres de pouvoirs et de conquêtes, ou les croisades et colonies, entre l’esclavage et les pendaisons en place publique comme divertissement du dimanche et la condition féminine atroce où enfanter n’était pas un choix mais plutôt un risque de mourir en couche, et où l’enfant, comme la femme étaient des monnaies pour accéder à plus de pouvoir, je crois qu’on peut dire qu’on n’est pas trop mal aujourd’hui. A la rigueur, le truc positif de cette époque floue et lointaine (tu choisiras toi même la fourchette historique dont je parle) serait peut être l’alimentation non industrialisée, les produits peu transformés et donc l’utilisation très peu répandue des produits de synthèses.
Donc, on peut être d’accord que les gens (probablement un peu aigris dans leur coeur) qui disent que « c’était mieux avant », ne parlent pas de cette époque.

album-2974646_1920.jpg

Ils parlent de quoi, de quand? L’indice qui m’aide à y voir plus clair serait leur tendance à ajouter également « Moi, de mon temps », « Moi, à mon époque ».
Qu’est ce que ça veut dire ça? LEUR époque? Mais, sont ils morts? actuellement, l’époque dans laquelle ils vivent encore n’est pas leur époque? Ils s’y trouvent encore pourtant!
Cela sous entendrait qu’ils estiment que leur vie, ou, en tout cas, l’essentiel de leur vie est terminée.
C’t’intéressant.

D’où vient cette pensée?
J’y vois deux raisons.

La première: ce n’est pas l’époque qui a changé mais leur vision de la vie.
Moi, ce que j’entends dans « c’était mieux avant », c’est qu’avant, lorsqu’ils étaient plus jeunes, enfants ou ados, ces gens avaient un enthousiasme, une joie de vivre, une force de vie qu’ils n’ont plus maintenant. Du coup leurs souvenirs sont remplis d’énergie, de découvertes, d’expériences enrichissantes, tout ce qu’un enfant ou un adolescent ou même un jeune adulte vit grâce à ses yeux pleins de passions et d’enthousiasme. Forcément, lorsqu’on se rappelle nos moments devant nos dessins animés (du club Dorothée pour ma part) ou devant la découverte d’un nouveau jeu vidéo (nintendo pour ma part), d’une nouvelle musique ou devant l’expérience toute nouvelle d’une balade qui nous paraissait fantastique, et bien, forcément, à côté de nos moments bien plus sobres, plus sérieux, plus planplans de nos vies d’adultes bien rangées, responsables et sages, ces derniers nous paraissent bien médiocres. Avant, c’était mieux! Oui, on est d’accord. Pas l’époque, pas les moeurs, pas la culture, non, notre vision si remplie d’enthousiasme était bien plus épanouissante avant, lorsque nous étions plus jeunes! (lorsque la société et la façon d’élever les enfants, n’avait pas encore réussi à écrabouiller notre force de vie, notre élan de découverte, notre enthousiasme (j’utilise beaucoup ce mot, « enthousiasme« , note qu’il représente pour moi tout ce que je cherche à retrouver dans ma vie).

La deuxième: je l’ai découverte dans un article . Il y est décrit (avec différentes études bien sympas à l’appui), que, plus nous côtoyons quelque chose, plus nous y sommes familiers et plus nous y trouverons du positifs.
Je te cite l’article en question pour illustrer l’idée:

« Ce serait ce qui nous est familier – ce qu’explique la théorie de l’effet de la simple exposition de Zajonc. Dans une expérience, le chercheur a présenté à des volontaires 12 mots de 7 lettres sans signification, en leur faisant croire qu’il s’agissait de mots turcs. Les mots étaient diffusés 0, 1, 2, 5, 10 ou 25 fois. Ensuite, les participants devaient évaluer si les mots étaient positifs ou négatifs. Autrement dit : sans connaître la signification des mots, les sujets ont dû leur attribuer un sens positif ou négatif. A priori, rien ne permet d’orienter leurs décisions… Et pourtant : les résultats montrent que les sujets attribuent un sens plus positif aux mots présentés un grand nombre de fois (10 et 25) qu’aux mots présentés rarement (0,1 et 2 fois) ! »

Cela concorde avec l’idée que l’on se fait des choses d’avant, puisque ce sont des choses, des habitudes, etc, que l’on a beaucoup côtoyé, qui nous sont très familières.

Est ce que c’était vraiment mieux avant?

Honnêtement, si on regarde bien, là, dans les faits, si on regarde comment on vivait dans les années 60, ou 70-80. C’était mieux?

Explosion de l’industrialisation: agriculture intensifiée, alimentation industrialisée, mal-bouffe à foison
Utilisation et exposition massive aux produits toxiques: pilules, médocs, antibiotiques à gogo, pesticides, additifs alimentaires, solvants, perturbateurs endocriniens, pétrochimie, polluants (transports, agriculture).
Les enfants des années 80 (dont je fais partis) ont été sous perfusion de sal*peries (Choco BN, Chocapic, Pitch, William Saurin, et toute la compagnie). Nous avons joui de l’explosion des nouvelles technologies citées juste au dessus qui ont facilité la vie des parents, mais, sans savoir que c’était bourré de m*rdes pour la santé. En conséquence, il est prévu une augmentation massive de cancers, maladies auto-immunes, maladies dégénératives dans les prochaines décennies. Plouf, plouf, ce sera toi ou toi ou toi qui n’y échappera pas.
Condition féminine difficile: inégalités, sexisme.
Condition des enfants: les adultes étaient, sans aucune inquiétude, maltraitants. Les professeurs étaient tout puissants et avaient le droit d’user de violences sur les enfants. Plus d’insouciance de la part des parents, ils laissaient plus de liberté aux enfants à l’extérieur (moins de peur qu’aujourd’hui avec le terrorisme, la pédophilie, etc).

Je sais pas c’que tu en penses, mais personnellement y a pas photo. Aujourd’hui, on revient au bio, on a le choix dans les produits que l’on achète, on a accès à des produits naturels, la réglementation devient plus stricte. La condition féminine avance, et celle des enfants aussi. C’est loin d’être un monde fantastique, y a du boulot, mais quand même, y a du mieux.

Il faut s’enlever les peaux de saucissons qu’on a devant les yeux les gars, avant c’était pas mieux. Et puis, tant que t’y es, remets tes yeux d’enfants, et observe le monde actuel, je suis sûre que tu trouveras de quoi nourrir ton enthousiasme retrouvé et ta soif d’expériences, les cailloux, les rivières, les aventures, y en a tout autant qu’avant, je t’assure.