IEF : notre première inspection académique

inspection académique

 

Elle est passée, c’est bon c’est fait.

De quoi je parle: J’ai un fils de 6 ans et il ne va pas à l’école (mon dieu, mais tu es folle!). Il est instruit à la maison, ce qu’on appelle l’Instruction En Famille ou encore « l’école à la maison » (c’est plus rassurant quand y a le mot « école »).

En France, on a le droit (pour le moment j’ai envie de dire) de ne pas aller à l’école. En contre partie, pour surveiller tout ça, nous avons:
– une visite de la mairie une fois tous les deux ans
– une inspection académique tous les ans

Et nous avons passé l’inspection académique en janvier dernier. Du stress mais aussi beaucoup de confiance à la fois dans les capacités innées d’apprentissage fluide de mon fils et à la fois dans notre façon de faire (c’est à dire pas grand chose, héhé, nan je déconne, ou pas).

Voilà comment ça s’est déroulé:

Au préalable
Plusieurs semaines avant l’inspection, j’ai envoyé par mail à Monsieur l’inspecteur,un dossier pédagogique qui contenait:
– un rappel de certains passages de la loi
– un paragraphe sur notre fils pour le présenter
– un paragraphe sur nos valeurs et notre méthode d’apprentissage
– le bilan des connaissances et apprentissages de mon fils à l’instant T (qu’est ce qu’il sait faire, en gros, selon les attentes classiquement attendues en classe de CP).

Le jour J
14h30: arrivée de l’inspecteur académique et de la conseillère pédagogique. Ils se sont présentés, puis l’inspecteur a expliqué le déroulement: la conseillère questionnera notre fils pendant que lui nous questionnera moi et mon homme.
J’ai fais un rappel de la loi en expliquant qu’il me semblait que, lors de la première inspection, l’enfant n’avait pas besoin d’être interrogé. L’inspecteur m’explique qu’il ne s’agit pas d’exercices ou de tests, mais d’un échange pour constater les apprentissages. J’ai alors demandé s’il pouvait rester dans la même pièce, sur la même table. Ils ont été d’accord. J’ai ensuite demandé à mon fils s’il était d’accord pour répondre à quelques questions et il était d’accord, bien sûr, nous lui avions expliqué avant que cela pouvait arriver. L’inspecteur nous a précisé rapidement qu’ils n’étaient pas là pour juger notre choix, que ça n’était pas du tout leur travail, qu’ils étaient là pour établir un constat de départ, à partir duquel les prochains contrôles se baseront pour apprécier une progression des apprentissages.

Nous étions donc tous autour de la table, moi, mon homme, mon fils juste à côté de moi, la conseillère et l’inspecteur en face de nous.

 

inspection académique 2

Du côté de l’inspecteur, il nous a posé des questions sur le contexte, ou d’ordre plus général: dans quelle ville est né notre fils, pour quelle raison nous avions choisi l’IEF, quels supports utilisons nous pour les apprentissages, est-il inscrit à une activité, quelles sorties/sports faisons nous, qui est en charge de l’IEF, où se font les apprentissages, combien de temps environ durent les apprentissages par semaine, etc.
Du côté de la conseillère pédagogique, elle a souhaité le voir lire. Mon fils est allé chercher son livre préféré du moment et l’a lu devant elle. Puis elle a souhaité le voir écrire. J’ai donc sorti des traces écrites récentes, elle a ainsi pu constater comment écrivait mon fils et cela a permis de ne pas faire écrire mon fils. Mon fils a pu échanger sur sa passion actuelle sur les Pokemon (l’inspecteur s’y connait pas mal en Pokemon, il nous a épaté!), la conseillère a profité de ces échanges pour lui poser quelques questions de mathématiques, très simples (additions simples 10+1; et lectures des nombres 60, 75, 95, etc).
Ils nous ont expliqué que ce serait probablement eux qui viendront les années suivantes et qu’ils pourront ainsi faire encore plus connaissance avec notre fils. L’inspecteur nous a conseillé de bien suivre les lois qui vont passer puisque l’instruction obligatoire risque fortement de s’abaisser à 3 ans.

Nous avons beaucoup discuté, surtout mon fils qui était tout heureux de pouvoir parler et échanger sur sa passion avec des gens qui étaient là pour lui.
Mon fils plus jeune a dormi durant toute l’inspection, c’était parfait pour être totalement disponible pour l’inspection. Il s’est réveillé sur la fin, je suis allée le rejoindre dans le lit pour une tétée/câlin pendant que l’inspecteur et la conseillère terminaient de discuter encore avec mon fils ainé avant de partir.

Entre leur arrivée et leur départ, l’inspection a duré environ 45 minutes, cela aurait pu être moitié moins long si nous n’avions pas tant discuté.

L’inspecteur et la conseillère ont été très professionnels, tout a été très formel mais agréable.
Voilà pour cette année, on est maintenant encore plus sereins et encore plus confiants par notre façon de faire.

Je précise un point assez important à mes yeux: nous n’avions aucun préjugé sur l’inspecteur et la conseillère, nous n’étions pas en position de défense. J’ai moi même été auditrice qualité (en laboratoire, donc pas du tout le même domaine), et je sais ce que c’est d’avoir comme travail de venir constater des choses. J’estime qu’ils sont là pour faire le travail correctement : venir constater les apprentissages sans jugement ni débordements, et que moi et mon homme sommes là pour faire le nôtre: protéger les intérêts de nos enfants en coopérant tant que tout est respecté. Donc pas de tensions, tant que tout est respecté et bienveillant, ce qui fut le cas.

14 réflexions au sujet de « IEF : notre première inspection académique »

  1. irene doutsas

    Merci pour cet article très intéressant qui nous fait découvrir une inspection dans le cadre de l’école à la maison. En tant qu’enseignante (agrégée de Lettres), je suis néanmoins étonnée par 2 choses. La première : la durée de l’inspection. 45 min, cela me semble très court. En classe, l’inspecteur observe une séance de travail d’environ 1 heure, puis discute avec l’enseignant pendant 1 heure encore. Ce qui est déjà très court. Je suis étonnée par l’absence d’observation d’une séance de travail (même de 10 minutes, lors d’une situation du quotidien). Non pas pour vous juger, mais pour donner des conseils. Un regard extérieur ne peut être que bénéfique pour réfléchir à ses pratiques. Votre article ne fait part d’aucun conseil pédagogique. Ce qui me conduit à mon 2ème point d’étonnement : faire venir et un inspecteur et un conseiller pédagogique, pour finalement ne rester que 45 min, ne faire qu’un constat, sans axes pédagogiques à travailler….ça coûte cher à l’Etat. Alors oui, votre enfant n’ira pas dans une classe avec un enseignant payé par l’Etat, mais quand même, mobiliser une après-midi (aller + 45 min + retour + rapport à rédiger) un inspecteur (à la paie supérieure à celle d’un enseignant) + un conseiller pédagogique, et cela tous les ans…ça m’impressionne. Moi j’ai eu ma dernière inspection cette année, à 41 ans, et je ne serai plus inspectée les 20 années qui me restent à enseigner. Les inspecteurs n’ont pas le temps de nous inspecter, de base, et ce depuis bien des années. Mais j’imagine bien que ce n’est pas vous qui demandez ces inspections, surtout si vous n’en attendez pas de conseils pour améliorer vos pratiques.

    J'aime

    Répondre
    1. Cendra Auteur de l’article

      Je comprends vos étonnements surtout si vous vous basez de votre point de vue et de vos expériences personnelles. Pour la durée, je n’ai pas d’explications particulières. Je précise qu’il s’agit ici de la toute première inspection qui n’a qu’une seule vocation légale: constater les apprentissages pour s’en servir comme base pour constater, les années suivantes, des progrès. Pour ce qui de l’idée d’observer une séance de travail, aucune loi n’oblige à du travail formel. Le « unschooling » (je ne sais pas si vous êtes familière avec cette notion) est totalement autorisé en France. Rien oblige, au niveau légal, ni les parents ni les enseignements à suivre un programme, à établir des apprentissages formels ou à fixer des âges auxquels les enfants devraient tous savoir faire telle ou telle chose (au niveau des lois, mais en pratique c’est bien plus compliqué pour les enseignants j’en conviens, même s’il y a bien plus de possibilités et de libertés qu’on peut l’imaginer). L’inspecteur et la conseillère nous ont dit qu’ils étaient là si nous avions besoins d’aides ou de conseils, mais qu’il n’y a rien d’obligatoire. Pour le fait de solliciter leur temps, je pense qu’effectivement cela coûte moins à l’Etat, au final, que si mon enfant était scolarisé, cela ne me parait donc pas démesuré comme mobilisation.

      J'aime

      Répondre
      1. irene doutsas

        Je sais bien que légalement rien n’oblige à faire suivre un enseignement. Mais le coût me paraît important pour juste faire un constat. Un grand nombre d’enseignant fait des demandes pour être inspectés, en vain. Alors qu’ils ont sous leur responsabilité entre 25 et 800 élèves (prof d’éducation musicale en collège par ex). Je trouve dommage que ce ne soit pas un moment de conseil, mais juste de constat. Peu importe le niveau des acquisitions de l’enfant (très différent d’un élève à l’autre, en classe ou pas), mais la démarche d’un enseignant ou d’un parent devrait selon moi être un objet non pas d’évaluation mais d’accompagnement et de conseils (et pas juste dire : vous pouvez nous contacter si besoin). Après, l’enseignement à la maison n’est selon moi ni meilleur ni pire qu’en classe….jusqu’à la fin de l’école élémentaire. Après, au niveau de l’enseignement (et je parle juste à ce niveau-là), je ne vois pas trop ce qu’un parent qui n’a pas fait d’études spécialisées de Lettres peut enseigner…J’ai moi-même tellement à faire avec ma seule matière : réflexion, remise en question, stages…Apprendre à comprendre un texte, littéraire qui plus est, est tellement compliqué…La plupart des élèves pense d’ailleurs savoir lire, alors que non, ils ne savent pas lire. Je vous souhaite bon courage !

        J'aime

  2. canadinhas

    Je trouve tellement dommage de priver vos enfants de l’école où on se fait nos premiers amis, où on vit des expériences communes entre différentes couches sociales, si on ne vit pas l’école ensemble qu’avons-nous en commun les uns les autres ? Est ce dû à une phobie scolaire ? J’aimerais comprendre…Je vous souhaite une bonne soirée!

    J'aime

    Répondre
    1. Cendra Auteur de l’article

      Je peux comprends votre point de vue, même s’il n’est pas le mien sur ce sujet. Mes enfants voient le monde, des gens, des petits, des grands, c’est d’une incroyable diversité! L’école est un lieu où l’on peut se créer de beaux souvenirs mais cela ne signifie pas que l’on ne peut pas s’en créer d’autres tout aussi beaux, ailleurs. C’est exactement ce que font mes enfants pendant que les autres sont à l’école. C’est vraiment doux et beau à voir un enfant qui apprend par plaisir et qui profite de tous les espaces extérieurs dans une bel épanouissement! Il nous restera toujours des points en communs, nous sommes tous humains 🙂 Vos craintes ne sont pas les miennes, même si je les comprends, j’ai pu passer par certaines d’entre elles avant. Mon avis sur l’école est à la fois subjectif et très réfléchi. Je vous souhaite une belle soirée également ! 🙂

      J'aime

      Répondre
    2. majabzz

      C’est surtout à l’école que les enfants subissent le plus de violence et dans ce contexte de besoins sans cesse sacrifiés je ne dirais pas que les enfants s’y font des amis mais juste des aliés. Les vrais amis on les choisis et pas parmi un groupe d’enfants du meme âge dont on nous impose la fréquentation :/ il y a des façons plus saine de découvrir les autres et leur diversité ainsi que le monde qu’enfermé entre 4 murs en subissant l’autorité d’adultes non respecteux des besoins et rythme des enfants. L’école est positive pour les familles défaillantes qui sont encore pmus violente que l’institution pour toutes les autres ce n’est pas la panacée 😉

      Aimé par 1 personne

      Répondre
      1. canadinhas

        Whouaou, quelle vision élitiste du monde, en gros l’école est bien pour ceux qui sont défavorisés socialement parlant mais pour ceux qui pensent avoir un certain niveau de réflexion c’est nul ….je pense que souvent des parents qui n’ont pas aimé l’école à LEUR EPOQUE retranscrivent tous leurs ressentiments à travers l’école et peuvent parfois priver leurs enfants de belles découvertes, car à l’école on n’est pas forcément fermé entre 4 murs, on sort, on va au théâtre, on va voir des personnes âgées, ou des enfants handicapés, on partage des repas plus ou moins bons à la cantine, on a des professeurs qui vont nous plaire plus ou moins, mais c’est ça la vie aussi il faudra à un moment donné savoir composer et faire avec, mes filles ont été en zep, elles sont en rep+ elles le sont car c’est notre secteur mais aussi nos convictions, elles ont des amis d’origines très vairées, de milieux plus ou moins défavorisés et une vision de la société déjà bien ancrée dans le réel. Je suis prof également, tous les jours je me réjouis d’aller au travail, les élèves apprécient mes cours et moi j’adore les voir évoluer, et je défendrai toujours l’école, j’ai des élèves en grande difficulté et je fais tout mon possible pour qu’ils soient heureux dans mon cours, je suis prof d’arts plastiques alors c’est sûrement plus facile qu’avec une matière moins ludique mais les murs ont aussi de grandes fenêtres ouvertes sur le monde et un autre monde que la culture familiale qui est, quelque soit le milieu une seule vision du monde. Je vous souhaite de rencontrer des enseignants bienveillants.

        J'aime

  3. SPITERI

    Je trouve l’l’expérience de l’IEF tellement belle !
    Et je trouve aussi tellement dommage qu’il y ai encore des personnes qui pensent que instruction en famille=pas d’amis, pas d’ouverture sur le monde qui nous entoure, associable etc…
    C’est fou tout de meme cette facon de voir les choses.
    Personnellement, j’ai démissionnée de mon job pour m’occuper de mon enfant et l’élever a temps pleins…..et je rencontre tellement de personnes qui sont tellement désolées pour mon fils qu’il ne fréquente pas la garderie, qui pensent que mon fils sera associable, que les fois ou mon fils ne veut pas partager c’est la faute a « il est garde par maman » et j’en passe et j’en passe….
    Et du coup ces personnes sont tellement campés sur leurs positions et facon de voir les choses….que paradoxalement ils ne voient meme pas que mon fils est hyper sociable (avec adultes ET enfants), ni toutes les fois ou il veut bien partager, et encore moins que le partage a 2 ans non ce n’est pas inné et cela chez TOUS les enfants, et ils n’entendent pas lorsque je leur explique que justement, il voit du monde, ca ne se limite pas a une structure (garderie).
    Alors imaginez lorsque ces mêmes personnes nous entendent parler de l’IEF 😂😅🤣
    C juste un outrage a enfant pour eux, malgré tous les points positifs que nous pouvons énumérer 😃

    Aimé par 1 personne

    Répondre
    1. Cendra Auteur de l’article

      Cela s’observe lorsque l’on a un point de vue fixe et fermé, c’est tellement vrai! Il n’y a que lorsque une ouverture se fait intérieurement que l’on peut commencer à comprendre et à arrêter de voir négativement quelque chose que l’on considérait comme « anormal » ou « inconnu ».

      J'aime

      Répondre
    1. Cendra Auteur de l’article

      Pourriez vous m’affirmer que votre point de vue sur le monde n’a jamais influencé les messages que vous envoyez par voie verbale et non verbale à vos enfants et/ou ceux qui vous entourent? Nous sommes humains donc TOUS subjectifs. Mon avis sur l’école n’a pas été la raison de notre IEF (je n’ai d’ailleurs aucune animosité pour l’école). D’ailleurs mon fils aîné a été scolarisé durant deux années, et il est tout à fait libre de nous demander d’y retourner. Ne vous méprenez pas sur les motivations préjugées que vous pourriez avoir sur les familles qui pratiquent l’IEF. J’ai justement à cœur de laisser mes enfants pratiquer leur libre arbitre, et il me semble assez flagrant que l’école est loin d’être le lieu le plus à même de leur laisser être ce qu’ils souhaitent, sans influence, et exercer leur esprit critique. Maintenant je comprends tout à fait vos réticences sur un concept qui ne vous est pas familier (ce qui ne fait pas partie de notre normalité a tendance à être rejeté avant de chercher à comprendre, c’est normal). Je propose de clore cet échange, aussi cordial qu’il soit. Je vous souhaite une bonne journée.

      J'aime

      Répondre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s