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9-12 mois, la période que j’affectionne

Il se passe des tas de choses géniales en ce moment avec la Granule qui a 10 mois passés et ça me fait réaliser que, pour la Globule aussi c’était une période que j’aimais vraiment particulièrement.

C’est évident que, chaque période à ses côtés sympas. Le nouveau né tout riquiqui qui se tortille, ça fait fondre tellement c’est choubidou. D’autres périodes comme celles des 3-4 ans sont bien sympas aussi, je le constate avec mon ainé en ce moment aussi, puisqu’on développe une complicité qui grimpe et l’humour, la répartie et les discussions de notre ainé nous donne parfois l’impression de pouvoir nous sentir aussi à l’aise que face à un de nos paires adultes.

Mais, mais! 9-12 mois c’est, c’est!

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D’abord je trouve que le petit, dans cette tranche d’âge est au top de sa mignonnerie. Sa bouille s’affine, ses joues restent rondes, les cheveux poussent, les jambes restent de jolis jambonneaux, alors si en plus il se met debout, les jambonneaux arqués, c’est à croquer!

Il s’entraine avec sa voix et nous fait des sons si divers et variés, qui vont du prout jusqu’aux syllabes si familières « ma » « man » « pa ». Il claque sa langue, imite le bruit du vent, etc, enfin, je crois que mille descriptions n’arriveraient pas à la hauteur de la mignonnerie.

Il se déplace, et je vous dis que ça, le regarder marcher avec ses cuisseaux dans une démarche de gangster de l’ouest en poussant sa petite voiture, ça me donne envie de le manger d’amour tout entier.

Il découvre l’espace et s’amuse à expérimenter la place de son corps. Il grimpe, redescend, il s’accroupit, recule au sol en relevant ses fesses, avance sur un seul genoux. Que du bon pour mon coeur de maman qui devient tout moelleux en l’observant.

Il se crée une relation d’échanges concrets et palpables. Il nous répond, nous imite, nous parle, il nous montre qu’il comprend ce qu’on lui envoie comme message et s’amuse à y répondre pour observer nos réactions d’exaltations. Il imite les sons de nos bouches, « cccchhhhhhhhh » quand on dit chut, « ma » »man » « pa » »pa » quand on dit le mot, il souffle lorsqu’on souffle. Il claque la langue au palais lorsqu’on le fait. Il tape des mains ou sur notre mains quand on lui dit « tapeuh tapeuh tape ». Il nous répond déjà lorsqu’on l’appelle: « la Granuuuuule, tu es où? » « Aoh! ». Et lui même nous appelle pour nous signifier de venir le chercher « Ah! » « Oh ». Il nous harponne du regard et se marre, éclate de rire face à nos gags. Enfin, dois je vraiment préciser que tout ça me fait totalement fondre d’amour..

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Il nous montre qui il est et manifeste ses besoins/désirs de façon plus traductible pour les adultes que nous sommes. Il râle si on lui enlève un objet dangereux qu’il voulait absolument examiner avec sa bouche, il éclate de rire et secoue les bras pour dire « encore, encore, t’es trop drôle, continue! ».

Il apprend de tout, partout, se familiarise avec notre monde sans être repu. C’est une période que j’affectionne vraiment beaucoup pour l’observation de l’apprentissage. Je suis assez fertile en idées d’activités. J’adore proposer un petit jeu, lui montrer, le regarder m’observer, puis l’observer en retour pour le voir faire à son tour. Et là, je constate tellement de jolies choses, j’adore voir qu’il comprend. Il aime remettre les choses à leur place, comme une affiche sur le mur, le petit chien dans sa niche, l’objet qui va dans sa boite, les lunettes sur le nez de maman ou sur sa tête à lui, le bouchon sur la bouteille, etc. C’est vraiment une période riches en apprentissages intéressants et amusants. Un nouvel objet à lui proposer, et il va le prendre d’une main, le tourner, le passer d’une main à l’autre, le secouer lentement pour tester son poids et le son qu’il fait, le serrer fort entre ses doigts et ses deux mains, puis le mettre à la bouche et pourquoi pas le taper au sol ou sur un autre objet pour comprendre sa consistance, sa densité et toujours le son qu’il peut faire. J’adore le voir répéter un geste de façon si déterminée. Lorsqu’il a appris à s’assoir, à se lever, à marcher et à grimper, je l’ai vu répéter, faire et refaire les gestes plusieurs dizaines de fois.
C’est beau cet instinct d’apprendre!

Maman se bouge le derrière

J’investis pas mal de mon temps pour mes enfants, c’est vrai. En fait, si je devais faire une moyenne, sans doute qu’elle s’approcherait des 20h/jour. Le reste du temps non dédié au enfant se morcellerait en: soirée avec l’homme, mes douches, le sommeil quand la Granule n’est pas réveillé, mes temps de loisirs.

Maintenant, sur mes temps de loisirs, j’ai rajouté quelques petites choses. Des choses qui ne m’étaient pas très familières voire pas du tout pour certaines d’entre elles.

J’ai remarqué que mon réservoir de patience et d’attention doit impérativement se recharger pour que je puisse réattaquer la journée suivante avec mes enfants et avoir assez de jus pour me consacrer à eux. C’est donc vital que je m’occupe de moi. Je l’ai toujours fait le mieux possible. Aujourd’hui j’en prends encore plus conscience et surtout j’ai l’envie qui augmente. Je suis importante moi aussi.

Des changements ont commencé et d’autres vont suivre.

1- Je-fais-du-sport.

J’te jure, rien que l’écrire ça me parait dingue. Moi, du sport? la feignasse en puissance? Et bien oui. Je fais du sport depuis, très précisément, le 23 janvier 2017. Je fais du sport trois fois par semaine, pendant environ 30 minutes. Je sue.

D’où vient le miracle? de cette envie dont je te parlais plus haut, de m’occuper de moi. Et puis, surtout, surtout, perdre son père d’une sale maladie, ça donne envie, plus que jamais, de prendre soin de son corps, parce qu’on a carrément pas envie de vivre la même chose.

La problématique était la suivante:
-Je suis une feignasse donc pas question de chercher par moi même quels exercices je dois faire.
-Je suis une feignasse donc pas question de devoir me déplacer pour aller en salle.
-J’ai deux enfants à temps plein, donc il était impératif de pouvoir le faire en leur présence.
-Je n’ai pas envie de mettre du pognon là dedans, il fallait donc que ce soit gratuit.

J’ai donc tenté le fameux coach sportif qui fait fureur sur le net: Fizzup. J’ai la version gratuite évidemment, et sans doute qu’il y a d’autres coachs virtuels tout aussi sympa, enfin bon, moi je suis sur Fizzup et ça me convient, pour le moment en tout cas.

Un jour je me suis inscrite. Mes enfants jouaient là, à côté de moi et je me suis dis « tiens, lançons ce bazar, au pire je me serais amusée avec les enfants ». J’ai donc lancé ma première séance et j’ai adhéré direct. Tu réfléchis pas, tu fais ce que le monsieur et la dame te montrent, ni plus ni moins. Je me suis éclatée, mon ainé a fait la séance avec moi, on s’est marré pendant que le plus petit nous regardait, interloqué.

C’était parti. Depuis je fais mes séances sans jamais en louper une. C’est devenu un moment sympa, un moment où j’aime sentir mon corps qui bosse, qui s’arrache sans pour autant que ce soit trop pénible.

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2- Je mange mieux

Je fais simple, y a pas mille changements: je mange beaucoup plus de légumes et j’achète un maximum bio. Et c’est tout.

Qu’est ce qui m’a poussé à mieux manger? Exactement les mêmes raisons que pour le sport. La bouffe a un impact considérable sur la santé et donc sur un sacré paquet de sales maladies.

Les légumes, on les épluche, on les coupe, on les fait cuire à la vapeur et on les mange. Je dis « on » parce que mon homme et moi sommes sur la même longueur d’onde. Du coup nos féculents ont pris moins d’importance dans les repas et les légumes remplissent bien plus nos assiettes.
A part ça, nous n’avons rien changé d’autre. Je mange tout ce qui me donne envie, beaucoup de gâteaux par exemple (l’allaitement me donne beaucoup d’envies de sucrés alors qu’habituellement je suis plus fan de salé), du fromage ou tout autre aliment gourmand. Je ne me prive de rien sauf du nut’ que j’ai désespérément supprimé de ma vie « snif ».

Les conséquences

Et le top? c’est que je constate les bienfaits concrets sur mon corps. Ce corps dont je te parlais dans le post précédent, celui qui a fait naitre deux enfants et qui a besoin qu’on s’occupe de lui.
– Même si ce n’était pas mon but, j’ai perdu un peu de poids. Quelques kilos, vraiment pas grand chose, mais cela se voit énormément vu ma petite taille. J’ai perdu 10cm de tour de hanche, je change progressivement ma garde robe puisque tous mes jeans, pantalons et autres bas ne me vont plus du tout.
– Je constate aussi des débuts de modelage. Des zones de mon corps un peu lâches (cuisses, fesses) se dessinent. Je me sculpte tout doucement, et j’apprécie ce que je vois!
– J’ai plus d’énergie, je sens que mon corps est ressourcé en tas de nutriments dont il disposait beaucoup moins avant.

Et sinon? Et bien à part ça, j’ai quelques autres projets en tête qui concerneraient l’envie de faire rentrer un peu plus de pognon à la maison, le fait encore de m’occuper de moi et également d’organiser l’année « scolaire » prochaine (les guillemets c’est parce que mon fiston fera l’école à la maison).

Est ce que ça va durer? Je n’en sais rien, mais on s’en cogne, là je profite de cette motivation inespérée!

Le pas est franchi: l’école c’est fini

La Globule a 4 ans et des brouettes. Il connait l’école depuis ses 3 ans. A ce moment là, j’étais pas très enjouée et c’était les fesses serrées que je l’avais inscrit.

J’avais écris sur ce sujet ( ici: L’école c’est bien et c’est obligatoire ), pour expliquer que je restais très vigilante quant à l’emprise éventuellement néfaste que l’école pourrait avoir sur lui et sur le fait que nous n’hésiterions pas beaucoup à l’enlever, l’arracher même, de ce système un peu/beaucoup influençant.

La petite section s’est bien passée. Globalement. Mais quand même c’était pas le paradis.
Dès les premières semaines la Globule a commencé à aller à l’école à reculons, jusqu’au jour où il ne voulait pas décoller de la maison. Il a su nous expliquer que les grands l’embêtaient lorsqu’ils venaient le caresser, le câliner, le consoler. Pour être plus précis, à l’école, les petites sections les plus choubidou sont souvent très très aimés des plus grands qui n’hésitent pas à leur caresser les cheveux ou la joue ou simplement à venir leur parler ou leur demander comment ça va. Mais, attention, la Globule n’aime pas-duuuu-tout qu’on le touche, tripote, caresse, surtout si tu es ni sa maman ni son papa.
Nous lui avons demandé s’il voulait qu’on en parle avec la maitresse, et donc avec son accord, moi et mon homme, à tour de rôle et de façon très insistante et quotidienne, nous en avons parlé à sa maitresse et à l’ASEM. Elles ont pris le soucis très au sérieux et, très rapidement les grands ont arrêté de vouloir papouiller notre bonhomme.

Et puis l’influence classique de l’école a fait son apparition sur la Globule, avec les stéréotypes, la violence, les contraintes d’autorité, le bien/pas bien, le stress des récrés « comment ça s’est passé la récréation? » »moi je m’assois sur le banc des maitresses et je leur raconte ma vie en regardant les autres courir partout ».
La Globule, intense comme il est, absorbe tout à l’école et ressort tout à la maison.
La première année s’est bien terminée, notre bonhomme étant un enfant trèèèès docile en classe, trèèèèès doué et trèèèès à l’aise avec les adultes.

La moyenne section se passe bien. Globalement. Cette année, il a crée des amitiés avec, entre autres, un meilleur copain. Cette année a donc montré que la Globule a des capacités sociales qui dépassent déjà largement les miennes et qui permettent donc logiquement de me rassurer sur ce point là. En gros, il est capable d’aller vers ses congénères sans aucune gène pendant que moi je continue de serrer les fesses.
L’influence de l’école a continué de faire son effet évidemment, avec, toujours, les punitions, les « maitresse elle a crié et j’ai eu peur« , la violence sous des tas de formes (je l’ai dis que la récré c’est la loi de la jungle?), les « même pas mal« , les jeux de force, etc.
Toutes ces petites choses, banales, considérées banales plus précisément, auxquelles je n’adhère pas. Et puis l’école classique c’est tout un concept qui est, selon moi, totalement à révolutionner (si t’as 4h devant toi, on peut papoter sur ce sujet).
La Globule est dans une petite école privée qui propose de supers ateliers autonomes montessoriens, mais, malgré mes demandes, non, ils n’iront pas plus loin dans le concept. Bon, dommage, vous étiez sur la bonne voie!

L’année prochaine c’est la grande section. Et qu’apprends-je. Les grandes section sont dans la même classe que les CP et sont donc déjà fourrés et immobilisés derrière des bureaux.
Et là, c’est devenu pour moi le critère rédhibitoire. No way. Stop. Pas question mon cochon.

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Alors, j’ai ruminé, réfléchis, discuté avec mon homme. Ensuite j’ai encore réfléchis, ruminé et puis j’ai recherché.
Autour de nous nous avons deux écoles intéressantes qui viennent tout juste d’ouvrir en 2016: une école Montessori et une école libre. La première coûte 4800€ par an. Ahum. Pas possib’. La deuxième est bien bien moins chère et le concept est super intéressant. J’ai eu des retours de maman qui disaient que l’organisation n’était pas encore super bien rodée. Bref, c’est devenu mon option numéro deux.

Je suis en congés parental et on arrive à se débrouiller financièrement. La Globule n’est pas encore dans l’âge où l’instruction est obligatoire, donc pas de stress d’inspection. L’école ne prône pas les valeurs qui nous sont plus que chères. Alors, la décision est venue tout simplement. Sur le cahier de vie de notre bonhomme, là où on nous demande si on souhaite le réinscrire l’année prochaine, on a coché « NON« . Nous ne réinscrirons pas notre fils. On se lance dans l’IEF (Instruction En Famille)

Ce pas, énormissime pour moi, cette case cochée, ça a eu l’effet pour moi, d’un énorme saut dans le vide, mais bondieu, un saut giga-excitant.

On est face à des choix tu vois, parfois ça demande beaucoup de temps pour le faire. On est en plein désarroi, on rumine un paquet de temps, on sait pas trop si on va faire le bon choix. Et puis des fois, lorsque le pas est franchi, ça fait comme un souffle frais sur le visage, un truc qui te fait respirer en dedans. Et là, tu sens que ton choix il est en accord total avec toi même. Ca colle, ça rend fière, ça concorde, ça coule de source, comme une bonne confiture étalée sur une couche de beurre. Nickel.

Certains points m’effraie. Ceux qui vont m’obliger à me mettre quelques gros coups de pieds au derrière. Ceux qui vont donc sans doute agiter mes faiblesses sociales, parce qu’il n’est pas question que ma peur de l’extérieur enterre mes gosses à l’intérieur de la maison.
J’ai peur également de l’épuisement, parce que mes mômes c’est pas des statues de cire, ils me sollicitent de façon intense.
Nous savons également que cette décision nous la prenons pour un an. Nous testons. Nous verrons. Peut être que l’IEF deviendra notre mode de vie à long terme, peut être que ça ne durera qu’un an. Nous n’en savons rien, et ça reste logique. Chaque choix doit répondre à un questionnement de l’instant. Chaque décision se fait à un moment donné, dans un contexte donné et doit pouvoir être réadapté selon l’évolution des besoins de la famille.

Un an et des brouettes, et le reste on verra.