Archives pour la catégorie La Granule

D-MER, c’est quoi cette mer**?

Si tu suis un peu le fil alors tu sais que j’ai un bébé que je nomme ici La Granule, peut être même que si t’as fouiné un peu tu sais qu’il a 6 mois. Cela fait donc 6 mois que j’allaite.

Si tu suis bien le fil tu sais aussi peut être que j’ai « perdu » mon père il y a peu, c’était en septembre 2016.

Le lien entre les deux infos? Un truc un peu étrange, un truc qui, je crois s’est déclenché suite au décès de mon père.

Je resitue le bazar: mon père meurt, le chagrin est immense et là, je prends soudainement conscience qu’il se passe quelque chose lorsque je mets la Granule au sein. Dès les premières secondes de la tétée, je ressens une montée brutale et très intense d’émotions négatives.
Pour te décrire le truc plus précisément encore: j’ai mon bébé d’amour au sein, on est tranquille et là, au creux de mon ventre je ressens un pic immense, une boule dure et profonde de désespoir noir et morbide. Le genre de sensation qui te donne l’impression que la vie c’est de la grosse pourriture, que tu n’arriveras à rien, que tout est noir et dégueulasse et ça te donne l’envie de crier « au secours!! aidez moi, je suis perdue, finie, la vie est trop dure!! ». Pour préciser encore, cette sensation se manifeste tout simplement quelques secondes avant une montée de lait. Quelques minutes se passent, la sensation disparait, la tétée se termine, et tu retrouves ton moral et tes petits papillons devant les yeux… Personnellement, ça ne me le fait pas à toutes les tétées, c’est surtout lorsque je suis tranquille à ne rien faire d’autre, ce qui fait quand même un bon nombres de tétées.
Le petit détail supplémentaire dans mon cas, c’est que, durant les tétées j’ai un dégout particulier pour les boissons et la nourriture, je ne peux rien mettre dans ma bouche.

J’en ai parlé à ma psy-la-bonne-fée, et elle m’a immédiatement parlé de ce syndrome bien chelou: la dysphorie associée au réflexe d’éjection de lait (D-MER en anglais).

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Plusieurs sites en parle, je te mets celui de la Leche League.

Ce n’est pas une dépression post-partum, ni un problème de lien mère-enfant, ni même rien en rapport avec des problèmes psychologiques de la mère, c’est simplement hormonal.

Lors d’une tétée, l’ocytocine est excrétée, permettant une production progressive de prolactine, hormone qui permet la lactation. La dopamine étant un inhibiteur de la prolactine, son taux diminue. Dans la plupart des cas, cela ne pose pas de problème, mais lors des D-MER, cette chute de dopamine est trop importante. Et qui dit trop peu de dopamine (hormone qui porte bien son nom puisqu’elle est synonyme d’entrain, de motivation, de bonne humeur), dit angoisse, déprime, apathie, désespoir.

Selon les femmes et le contexte, les émotions négatives sont variables (tristesse, colère, angoisse) et leur intensité aussi.

Quoi faire pour y remédier?
Y a pas grand chose à faire à part en parler à ton médecin/sage femme/psy si cela est trop envahissant. Sinon, ce qui fonctionne pour moi c’est d’être occupée lors des tétées (lire, discuter, regarder la télé, etc).

Dans mon cas, je ne me souviens pas avoir ressenti ça avec mon ainé et, ce qui est étonnant c’est que cela se manifeste uniquement depuis la mort de mon père. Ca a peut être donc été le déclencheur. Il y a un lien fort entre ces moments de grand désespoir et les dernières images de mon père, mourant, qui me regardait allaiter mon fils. Je crois que la D-MER était peut être faible avant sa mort ou latente, mais qu’ensuite, j’ai associé la sensation négative avec les derniers souvenirs douloureux de mon père, ce qui a amplifié le désespoir ressenti. Enfin, c’est comme ça que je le vois.

J’ai voulu écrire et décrire ce syndrome encore peu connu, pour contribuer à informer des mamans allaitantes qui passeraient par ici et qui se demanderaient ce qui leur arrive.

Ne culpabilise pas Supermaman, tu aimes ton mioche, tu aimes allaiter (enfin sans doute, cela te regarde après tout), cette sensation pourrie n’est que passagère et n’est pas de ta faute.

DIY: le coin éveil de bébé

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J’étais enceinte de la Granule quand le blog d’une maman aux millions de super idées m’a inspirée (encore une fois) (Maman Nougatine). J’ai trouvé ça tellement simple et génial que j’ai fait de même pour mon tout petit lorsque j’étais encore enceinte.

Ce coin éveil est adapté aux nouveaux-nés de 0 à 3 mois selon mon expérience. En effet, La Granule a maintenant 4 mois et j’ai déjà en tête de modifier ces coins éveil!

La vision des bébés évoluent: à la naissance ils ne voient qu’à 20-30 cm, de façon monochrome et essentiellement les contrastes importants (noir/blanc, sombre/lumière). Arrivent progressivement les couleurs, d’abord le vert et rouge essentiellement puis le jaune et le bleu et le reste. Alors, pour stimuler leur vision, rien de mieux que de leur présenter des choses qu’ils voient le mieux!

Pour être plus juste, j’aurais dû nommer l’article « les coins éveil », mais je trouvais que ça sonnait pas top dans le titre, cherche pas à comprendre.

LE COIN AU SOL

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J’ai installé, dans le coin de sa chambre, un matelas (ici plié en deux, qui sera déplié quand La Granule aura grandit) devant un miroir et devant plusieurs affiches contrastées. Je l’y installe un peu tous les jours, il y passe de longs moments sympas. Il contemple les affiches, fasciné par les contrastes et bascule sa tête vers le miroir, attiré par ce qui s’y reflète.

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Le matelas vient de mon supermarché du coin (les mousquetaires), le miroir vient de chez le suédois (ici) et les affiches viennent de chez moi:

Les affiches contrastées

Le principe est simple, il suffit d’alterner des formes noires et blanches. Tu fais ce que tu veux, des gribouillis, des formes géométriques, on s’en fiche dans l’absolu!

Matériel:

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– feuilles cartonnées blanches et noires (noires , blanches)
– marqueur noir (ici par exemple)
– ciseaux
– colle
– crayon
– règle
– perforatrice forme rond (ici par exemple)
– masking tape
– feuilles transparentes autocollantes (ou plastifieuse si t’as la classe)

Fais confiance à ton imagination ou à celle de tes enfants pour créer les affiches. Pour cinq de mes six affiches, j’ai tout simplement découpé des carrés, des bandes, un soleil, des lunes et des cercles que j’ai collé sur une feuille de la couleur opposée aux formes. La perforatrice à forme rond a permis de faire les lunes et les cercles. Pour la dernière affiche, j’ai calqué l’idée de la super maman dont je te parlais au début de l’article et j’ai donc fait participer mon fils qui a adoré préparer ça pour le (futur) bébé:

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Une fois les affiches terminées, soit tu passes tout ça à la plastifieuse, soit tu fais comme moi et tu te prends le chou à découper des feuilles transparentes autocollantes (trouvées au rayon papiers d’imprimante) et à couvrir tes affiches avec. Hop, un peu de pâte adhésive et ton mûr est prêt pour bébé.

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LE COIN A LANGER

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Le changement de couche est souvent un moment ennuyant pour le bébé, y a rien à faire et faut en plus se laisser essuyer les fesses. Pour mon ainé c’était des moments souvent compliqués, il avait besoin d’être occupé durant le change.

J’ai choisi d’installer au dessus du matelas à langer un mobile de boules contrastées et de boules transparentes. Et sur le mur, j’ai disposé 3 petits miroirs carrés qui glandaient dans la buanderie à ne rien faire.

Ça lui a plu dès le début! Il lorgne à fond les miroirs, regardant son reflet, interloqué. Et le mobile, il est fan! Il regarde systématiquement les boules, surtout celles à poids et à spirales. Il leur fait sans arrêt des sourires, j’te jure j’en suis jalouse.

Le mobile à contraste

Là aussi c’est plutôt simple, il faut proposer à bébé des choses suspendues qui attirera ses yeux peu entrainés.

Matériel:

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– boules polystyrène (ici par exemple)
– boules transparentes (ici par exemple)
– marqueur noir
– plumes ou autre objet (ici par exemple)
– fil nylon (ici par exemple)
– cercle

Dessine les formes que tu veux avec ton marqueur sur les boules en polystyrène

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Insère le crochet fourni avec les boules en polystyrène. Là c’est un détail, mais je te jure que j’ai réfléchis un moment avant de comprendre comment il fallait insérer le crochet… je suis gentille, je te donne l’astuce si t’es à la ramasse comme moi:

Mets quelques plumes dans les deux boules transparentes pour attirer l’œil de bébé lorsque sa vision commencera à évoluer vers les couleurs. J’ai mis quelques plumes blanches dans une des boules pour avoir une cible à regarder plus subtile et aussi parce que c’est joli.

Trouve un cercle suffisamment rigide pour tenir ton mobile. Perso, j’ai pris du fil aluminium que j’ai enroulé et recouvert de laine mais ce n’est pas l’idéal, mon cercle n’est pas très régulier. Sinon, tu peux prendre deux bâtons que tu attaches en croix, ça peut être sympa aussi.

Attache chaque boule au cercle avec du fil nylon à des hauteurs différentes.

Enfin, il te reste à fixer ton mobile au mur. Ici, j’ai pris deux restes de tasseau et plinthe que j’ai peins en gris. Mon homme a percé un trou à l’extrémité du tasseau, puis il l’a fixé au bout de plinthe avant de fixer l’ensemble au mur avec deux clous tout simples.
Attache ton cercle au support mural avec du fil nylon. Et voi-là.

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Ma chair et ma peau

C’est un peu étrange comme titre, surtout pour parler d’amour.

C’est si différent, et pourtant tout aussi fort. Mes garçons sont uniques, ma relation à chacun est également unique. Avant l’arrivée de la Granule, j’imaginais qu’avec lui ce serait, à peu de choses près, comme avec la Globule. Ben ouais, c’était mon seul enfant, ma seule expérience, ma seule référence. Mais, la Granule est né et tout est parti comme sous un coup de vent. Ca n’avait clairement rien à voir et c’est pourtant tout aussi fort.

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La Globule, mon fils ainé, ma chair.

La relation avec la Globule a très très rapidement été sanguine, passionnée, fusionnelle. Je saurais pas comment l’expliquer, je ressens mon amour dans mes tripes, mes entrailles, il est lié à moi de façon profonde et parfois douloureuse. J’ai été collée à lui de façon assez puissante, je me souviens encore de la difficulté que j’avais de le laisser dans les bras de quelqu’un d’autre, c’était mon bébé, ma chair, personne d’autre que moi ne pouvait le comprendre. C’est lui qui m’a faite mère, clairement il m’a révolutionné de l’intérieur, comme s’il y avait mis un tel bazar que j’avais du y faire de l’ordre. Il a dézingué mes neurones, bousillé mes principes, trituré mes tripes. Il m’a changé en profondeur. Sans lui, je n’aurais pas fait un aussi grand chemin, je serais encore bien loin derrière, totalement à la ramasse. Il est mon sang, ma chair, ma fureur, mes globules rouges.

 

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La Granule, mon fils cadet, ma peau.

C’est incroyable ce qui c’est passé avec lui. Je ne m’y attendais tellement pas. J’ai passé ma grossesse à avoir peur de revivre les angoisses et le stress que je ressentais constamment avec mon ainé. Et, dès la naissance de la Granule, j’ai ressenti une vague de calme, comme un grand souffle chaud sur mon visage. Avec lui, c’est dingue comme je me sens sereine et tranquille. Je me sens dans l’instant, j’arrive à savourer chaque petit moment avec lui, sans être inquiète pour la suite. Je sais également que tout ça est du en grande partie à son grand frère et au travail qu’il a provoqué dans ma chair. Grâce à mon ainé j’ai su appréhender ce deuxième rôle de mère avec bien plus de confiance et d’assurance. La Granule me donne ce dont j’avais tant besoin: vivre cette expérience de maternité dans une totale assurance en étant convaincue et bien dans mes bottes. Avec lui, le maternage est toujours très collé, mais sans difficultés, j’arrive à le laisser dans les bras des autres sans angoisses. Il est ma peau, d’un grain doux et velouté (ma peau est douce et veloutée, je t’assure), il est apaisant, il est ma granule d’homéo.

C’est tellement différent oui! Mais chacun m’est vital, sans chair on ne vit pas, et sans peau, j’te fait pas un dessin, t’as compris l’idée.