Ce manque d’une soeur

Je suis fière, encore aujourd’hui, d’avoir grandi entourée de frères. Entourée est bien le mot, j’ai grandi avec un grand frère et un petit frère. Casée là au milieu, j’avais l’horizon assez particulier, c’était masculin, y a pas de doute.

Comme pour tout besoin d’appartenance, je me suis fondue dans cette majorité. J’ai appris à grandir avec les idées et les passions de garçons. Je suis devenue le parfait « garçon manqué« . J’ai accompagné les jeux, les passions de mes frères, je suis devenue moi même une fervente joueuse de jeux vidéos, voitures, et autre expressions verbales très masculines. J’ai beaucoup appris sur le monde des « garçons », c’est pour moi un monde totalement familier. Je suis devenue, naturellement, très à l’aise avec les hommes et beaucoup moins lorsque je suis entourée de femmes.

Je crois que cela m’a aidé dans ma vie amoureuse aussi. Etre à l’aise avec les mâles et les connaitre assez bien, c’est, je crois, un bel avantage dont je me suis bien servie!

Tout de même, lorsque mon père nous annonçait que nous allions avoir une petite soeur (avec sa nouvelle copine), j’étais ravie. Tiens, une autre fille que moi, je n’aurais jamais imaginé que ça me ferait tant plaisir finalement! Mais, le destin voulait que je ne sois entourée QUE d’hommes, puisque ce pronostic se révéla erroné, et c’est alors un autre petit frère qui est entré dans la famille.

Aujourd’hui, je repense à mon histoire familiale avec de nouveaux yeux, beaucoup de choses qui me paraissaient négatives m’apparaissent plus positives, et, à l’inverse peut être, je vois maintenant certains points de fierté qui portent avec eux quelques pointes de regrets.

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Une soeur, c’est quoi une soeur? Finalement, ça aurait été pas mal d’en avoir une. J’aurais partagé avec elle toute une complicité de filles, et tout ce qui compose ma féminité aurait pu se sentir le droit de s’épanouir sans avoir peur d’être rejeté par les hommes de la maison.

J’ai eu des copines, des amies avec qui j’ai passé beaucoup de temps à parler et à échanger sur nos trucs de filles. J’ai trouvé en elles des soeurs qui me manquaient, c’est évident. En grandissant, j’ai pu découvrir aussi une complicité avec ma mère, cette autre femme de la famille. La vie éloigne les amies, les copines, mais, si j’avais eu une soeur, nous serions nous éloignées aussi?
J’ai tellement de mal à m’imaginer avec une soeur, ça me parait surréaliste! Mais bondieu, j’aurais aimé vivre ça je crois. Mes soucis de fille, mes questionnements intimes, mes passions féminines, toutes ces choses que je n’ai pas pu partager avec mes frères, j’aurais pu les partager sans doute avec une soeur!

Je suis fière d’avoir grandi entourée de frères et d’avoir intégré en moi un peu de leur masculinité. Il est pourtant évident que ma féminité n’avait parfois pas sa place dans notre relation. Parfois. « Mais c’est des trucs de filles ça, c’est nul! » « Arrête avec tes machins de gonzesses ».

J’avoue alors avoir eu un petit soulagement lorsque j’ai su que mon deuxième bébé était du même sexe que le premier. Bien sûr on ne peut rien présager, et tout est possible, mais, mais! En étant du même sexe, il y aura potentiellement plus de chances pour qu’ils partagent plus de choses, surtout celles qui les différencient des filles (problèmes intimes, questions sur le corps, leurs ressentis, leurs soucis amoureux peut être, etc). Ils trouveront un écho à leurs questions, une complicité « masculine », c’est en tout cas ce que je leur souhaite.

Je les vois déjà, les deux frères, la tête de l’un sur l’épaule de l’autre. Je les vois les soeurs dont j’aurais pu faire partie, la main de l’une dans la main de l’autre. Ca aurait été beau, je crois. Je crois.

4 réflexions au sujet de « Ce manque d’une soeur »

  1. Picou

    J’ai moi aussi eu 2 frères – ce qui ne m’a pourtant pas empêchée d’être très « fifille » enfant – mais aujourdh’ui que j’ai 2 filles j’avoue que ça me fait plaisir et que je leur envie d’avance la jolie relation qu’elles devraient avoir (elles sont déjà très complices et s’entendent bien). Elles pourront se confier l’une à l’autre, partager leurs vécus, c’est très chouette de m’imaginer ça en tant que maman!

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  2. Pascaline

    J’aime cet article, j’aime l’idée qu’on se fait d’un manque qui serait comblé. Je me pose la question de ma fille unique en ce moment. Quelle serait la relation qu’elle pourrait nouer avec une toute petite soeur, ou un petit frère ? Quant à moi je n’ai eu qu’un frère de 10 ans de plus que moi. J’ai presque été unique dans un paysage de grands, rien de comparable à ce que tu as vécu.

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  3. ornellastro

    Je ne vois pas les choses du tout comme toi à ce sujet. Moi, j’ai deux grands frères et je suis très heureuse que ça n’ait pas été différent. Premièrement, quand je pense à une soeur, la première chose à laquelle je pense n’est pas « complicité » mais « rivalité/chamailleries ». Et d’être la seule fille, je pense que d’un point de vue narcissique, ça me ravit. Parce qu’il n’y a pas de comparaison possible. Mon frère Victor, le cadet a énormément souffert de la comparaison constante avec notre ainé. Surtout que l’aîné était assez parfait, ne connaissait aucune difficulté contrairement à lui.
    Pour ma part, j’avais une entente parfaite avec l’ainé, et des relations très conflictuelles avec le second qui longtemps m’a jalousée ma place de petite dernière, qu’il a cru sienne pendant 8 ans et demi. En tout cas, de n’avoir que des frères est un vrai plaisir pour moi, je me sens protégée.

    Et enfin, j’ai trouvé des soeurs ailleurs que dans le sang, ma mère est ma soeur, ma belle-soeur est ma soeur (celle ci je la connais depuis l’âge de 3ans, alors elle aurait vraiment pu être ma soeur).

    Enfin, bref, désolée pour ce laïus. ^^

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Ne sois pas désolée, au contraire 🙂 Ton point de vue me ravie, je trouve ça soulageant quelque part de voir qu’il y a des points de vue différents et finalement je les comprends aussi!

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