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La pudeur que je n’ai plus

Je voulais partager ça avec toi, partager ma pudeur.

Ici je parle de pudeur physique, corporelle, parce qu’il m’est apparu que j’en ai bien plus pour ce qui est de l’être cérébral que je suis. Mon corps, je n’ai plus de problème réel avec.

En fait, je n’ai jamais vraiment eu de soucis avec mon corps, en tout cas pas de ceux qui te font complexer au point de devenir obsédants. Après mon adolescence (à l’adolescence, je crois que le corps est un problème pour tout le monde), j’ai accepté mon corps dans son ensemble. Ma petite taille n’a jamais été un problème pour moi, d’ailleurs je ne l’aurais jamais vraiment remarqué si on avait arrêté de me bassiner avec ça. Mes fesses et mes hanches larges ont toujours été plutôt un atout et puis tant pis pour ma poitrine pas très épaisse, je l’aime ainsi.

Tout de même, se mettre nue c’était pas un truc naturel. Je crois même que me mettre nue, seule chez moi, me gênait moi même, au point de me couvrir la poitrine en courant entre la salle de bain et la chambre. Me mettre nue devant un homme, c’était pas facile facile, mais les jeux amoureux vous font briser quelques chaînes, un peu de désinhibition ne fait pas de mal, au contraire…

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Les premiers rendez-vous chez la gynéco sont un peu stressants (rapport à l’adolescence où tu piges rien à ton corps), les sorties piscines se font toujours avec le petit paréo aux motifs dégueu et les garçons ne verront pas le haut de mes jambes à moins d’avoir un sacré passeport à l’accès illimité.

Et puis, comme pour beaucoup de choses (parce que je me rends compte que j’écris souvent cette phrase), je suis devenue maman. Plus précisément, je suis tombée enceinte et les visites de l’intimité féminine se sont succédées. La poitrine tu la montres, les jambes tu les ouvres, le ventre tu le découvres. Bref, tu passes du temps à te déshabiller devant une pelleté de praticiens. Ca devient banal. On s’habitue à tout dit on. D’ailleurs, tu noteras qu’en France on s’en balance de ta pudeur pour ce genre d’examen alors que dans beaucoup d’autres pays (anglo-saxons notamment), on te posera toujours un drap sur les parties déshabillées. Et bien sûr, tu accouches et là, la gêne tu t’en cognes, tu vas mettre au monde un bébé, tu vas réaliser l’exploit le plus incroyable de notre monde alors ta pudeur c’est pas un soucis, au contraire t’es fière de ce que tu vas accomplir avec ton corps. En tout cas c’est un peu comme ça que je l’ai vécu.

Après l’accouchement (et le suivant), mon corps n’était pas vraiment « beau » (t’as vu j’ai mis des guillemets, parce que le concept de beauté, tu m’excuseras mais il est un peu bancal). Malgré ça, il n’était pas un problème: je venais de donner la vie et je savais que je pourrai lui accorder du temps quand je le souhaiterai. Mon corps, c’est ma maison, c’est l’enveloppe qui me contient et j’ai pris conscience depuis, que je dois en prendre soin et l’aimer si je veux qu’il continue à bien faire son job.

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Ma pudeur naturelle s’est alors évaporée doucement. Bien sûr, faut pas déconner, je me balade pas nue chez les gens, mais un jour, je sortais de ma douche, j’étais nue, et j’arpentais ma maison dans tous les sens pour rechercher un sous vêtement bien précis (tu sais ta culotte fétiche, celle que tu mets à peine après l’avoir lavée) et mon homme me fait remarquer que, bon, quand même, les rideaux de nos baies vitrées sont grands ouverts, qu’on a pas encore mis les brise-vue le long de notre impasse et que le voisin passe souvent par là. « Ah oui, mais bon c’est rien » je lui réponds. Voilà, c’est devenu pas grave. C’est mon corps, mais y en a quelques milliards d’autres sur Terre, alors le mien je vois pas pourquoi il gênerait quelqu’un.

Le détail supplémentaire c’est que j’allaite. Je n’exhibe pas ma poitrine, je reste discrète mais il n’est pas question non plus de ne pas nourrir mon bébé juste parce qu’il y a des yeux pas loin. Ils verraient quoi? un téton? et puis quoi, ils en ont vu et en verront d’autres. Au pire, ils trouveront que j’ai un joli téton et c’est pas grand chose au final.

Alors peut être que tout ça n’est qu’une passade (la vie n’est elle pas faite que de passades plus ou moins longues?), peut être que dans quelques temps je retrouverai cette gêne, cette pudeur que j’avais comme beaucoup d’entre nous. Mon corps je l’aime bien, il est cool, il est un peu le reflet de ce que je suis en dedans, pleine de vie, nerveuse et douce. Je lui dois mon respect, et les yeux des autres n’auraient que ça à y voir s’ils devaient se poser sur lui, mon respect et je m’attends à leur respect en retour.

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