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J’aurais voulu être un papa

C’est dur d’être une femme.
Oui, c’est plus facile d’être un papa que d’être une maman.

Est ce la vérité ? Peu importe, c’est celle qui m’habite dans cette phase de ma vie. Cela changera, c’est probable !
Attention, dans cet article, je choisi volontairement de généraliser, parce que j’ai la conviction que généraliser est à la fois naturel et utile (je pourrais en écrire une flopée sur cette idée, j’en avais même fait un vieil épisode de podcast). Donc, ici je vais généraliser parce que j’apporte une vision personnelle mais aussi parce que c’est utile à mon propos.

Aujourd’hui j’ai envie de dire que oui, être une femme dans le monde dans lequel je nage, c’est pas du nougat.

Dois je parler de l’image de la femme ici ? de l’image de l’homme ?
Je te dirais simplement que mon bagage familial et personnel m’a fait inscrire dans mon cerveau certains messages très profonds et j’ai donc intégré une image de l’homme et une image de la femme à la fois assez précises et totalement personnelles. Car, toi aussi tu as une image de l’homme et de la femme, tout aussi personnelles que les miennes. Penses-y à ces images, demande toi d’où elles viennent.

Les miennes sont de cet ordre (on simplifie ici, tu comprendras) :
Les hommes sont dominants, ils sont meilleurs, ils sont le sexe par défaut, de base. Mais, sous une apparence dominante, sous ce physique plus imposant, sous cette impression de force et de puissance, se cache un bien plus bas tableau : les hommes ne portent que peu de choses, ils cherchent à être maternés, et restent des enfants qu’il faut guider. Les hommes portent à bout de bras des moellons lourds, mais ils ne portent rien sur leurs épaules.

Les femmes sont dominées, c’est moins bien vu d’être une femme, c’est le sexe faible, celui qui doit se soumettre et subir. Mais, sous une apparence de dominées, sous ce physique plus fragile, sous cette impression de faiblesse et de soumissions, se cache un insoupçonnable tableau : les femmes portent le monde, elles gouvernent par les tâches interminables qu’elles prennent en charge. Les femmes n’ont que des enfants autour d’elles, leurs enfants mais aussi les hommes de leur entourage. c’est elles qui prennent en charge, tout. TOUT. Le foyer (ce petit mot regroupe ici des milliers de tâches à lui seul), la gestion personnelle et professionnelle, la gestion du maternage, de l’éducation, et tout le quotidien, et tout ce qui n’est pas quotidien. Les femmes, sur leurs frêles épaules, portent avec une force incomparable, la charge mentale la plus impressionnante que l’on puisse voir (l’état de sur-vigilance connue par beaucoup de mères est comparable à celui des soldats au front sauf que ça ne s’arrête jamais. Je n’ai plus la source de cette info en tête, et peu importe si elle te convainc, moi je la ressens).

Une chose est sûre, en devenant mère, on ne s’allège pas la vie !
Je défends farouchement les rôles naturels, qui pour moi, ne sont pas, à la base, interchangeables :  la maman et le papa n’apportent pas les même choses à l’enfant. La nature a fait que, en tant que mammifères, nos bébés dépendent de leurs mères avant tout autre chose. Le bébé dans le ventre, le cordon ombilical, les seins faits pour nourrir, les bras qui peuvent porter, bref, le maternage est essentiellement destiné aux mamans. Les cas inverses (papas qui maternent plus que les mamans) restent des cas rares.

Donc, en devenant maman, bien sûr, j’ai donc été destinée, de par le fait, à être très sollicitée par mes bébés, puis mes enfants. Je prône le maternage, l’allaitement, tout ça, mais, cela n’empêche pas de dire que c’est tout de même fatigant et très prenant.

Tout comme j’ai une image de l’homme et une image de la femme, j’ai aussi une image du père et une image de la mère (toi aussi, c’est certain). Ces images sont basées encore ici sur mon histoire personnelle et mes pensées. Bien sûr. Elles sont basées aussi sur ce que je retiens de façon fondamentale sur ce qui compose les humains et sur mes valeurs. L’humain est un animal avec bien plus de comportements instinctifs et basiques qu’on ne le croit et qu’on ne l’accepte. Alors, comme je le disais avant, il est évident que, comme dans toute espèce animal, le mâle et la femelle ont des rôles spécifiques. Celui de la maman humaine mammifère est composée de beaucoup d’usure, de dons d’elle, de présence indispensable à la survie du petit humain. Ca passe par elle avant tout.

Bien sûr, nous sommes civilisés, et le père prend de plus en plus de place auprès des enfants. C’est génial, et j’ai hâte qu’ils en prennent encore plus. Il est certain aussi que les hommes ont une certaine forme de charge mentale et des pressions de toute part, simplement, elle n’ont probablement pas les même sources que celles des mamans.

J’ai un homme à la maison. Un homme wanéguène, comme certaines pourraient en rêver. Il fait sa part, il fait la vaisselle, il cuisine et même qu’il s’occupe du linge. Il est présent pour nos enfants, jouent avec eux et même qu’il les habillent et leur brosse les dents, c’est fou.
C’est fou, sauf qu’il faut pas se leurrer, la charge mentale spéciale « enfants et foyer », c’est pas sur lui que ça repose le plus.

Au delà de mon homme, j’ai un peu de colère aujourd’hui, face aux épuisements maternels incomparablement plus colossaux (quel mot incroyable), que ceux des papas.

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Les mamans ont globalement:
– plus de patience
– plus de présence
– plus de force dans les bras (porter des bébés)
– plus de résistance
– plus d’inquiétudes
– plus de connaissance
– plus de tendresse (câlins, bisous, caresses)
– plus de force dans le dos (porter des bébés, des enfants, des sacs, la baguette et le colis, la draisienne, le manteau du plus petit, etc)

Globalement, être une maman c’est épuisant. Ca concerne pas que l’espèce humaine, va demander à n’importe quelle autre femelle, elles te répondront toutes qu’elles sont épuisées et qu’elles rêvent d’être seule pour se faire un bon bain chaud avec des bougies et des huiles essentielles, tout en écoutant un bon podcast.

C’est épuisant d’être une maman, et c’est épuisant de voir tout ce que l’on donne, apporte, supporte, tout en observant le seuil si bas des papas en matière de patience/calme/temps de jeu/tendresse qui est atteint très rapidement, renvoyant d’un coup de vent les enfants qui tenteraient de les solliciter encore.

Alors parfois, je rêve d’être un papa qui joue un peu avec ses enfants, les habillent de temps en temps, les emmène ponctuellement à leurs activités, ne s’occupe pas des achats pour les vêtir, ne s’occupe pas des soins et de leur santé, qui reste un peu près d’eux durant le bain, qui ne connait pas leurs tailles de vêtements et chaussures, qui ne s’occupe pas de leurs trouver des activités, des lieux pour sortir, des invitations de copains, des mots et les demandes de la maitresses, ni de prendre les rendez vous chez les divers praticiens, des recommandations de l’OMS, du pédiatre, du dentiste, de l’ostéo, du pharmacien, de l’orthophoniste et tous leurs compères, ni de s’inquiéter pour tous les petits ou grands maux des enfants, qui ne trouvent pas nécessaire de chercher les meilleurs solutions sans VEO pour régler les divers problèmes. Je rêve parfois d’être un papa qui, en dehors des ces quelques moments auprès des enfants (souvent courts), vaquent à leur vie, à leur personne, librement sans marmots pendus au bras, sans entendre « papa » 896 fois par jour, sans avoir à s’enfermer dans la salle de bain pour pleurer un coup et relâcher un peu la pression.

Et à la question « aimes tu être une femme », j’avoue que j’ai les lèvres qui tremblent un peu, pas sûr que je saurais répondre « oui ». Et j’me dis que les foyers avec deux mamans, ça peut être plutôt sympa. J’imagine seulement.

Je n’ai pas la tête pleine de négatif, loin de là. Je ne me rends pas compte si cet article parait péjoratif, c’possible. Mais, dans ma tête, il y a un paquet bien lourd et conséquents de positifs. Je le ressens ce positif tous les jours, parce que malgré l’épuisement et le fait d’être sollicitée constamment, j’admire et je savoure certains moments avec un délice que seules les mamans peuvent connaitre. Quand mon fils est tout recroquevillé contre moi pour prendre le sein. Quand mon fils enfile ses pieds entre mes jambes pour se réchauffer. Quand mon fils me dit que « c’est moi qu’ils adorent parce que je suis trop bien ». Quand mon fils vient de s’endormir, tout juste contre ma joue et que j’ai l’incroyable privilège de pouvoir le regarder dormir, les yeux doux, la joue rose et la bouche en coeur mimant parfois le mouvent d’une tétée. Quand j’assiste tous les jours aux progrès, aux avancés et aux nouvelles acquisitions qu’ils font là, juste sous mes yeux ouverts et posés sur eux. Quand mon fils se fait un bobo et que c’est vers moi qu’il se dirige pour le plus doux des câlins sur mon épaule. Quand mon fils éclate de rire parce qu’on a tenté de faire une pyramide humaine mais qu’on s’est retrouvé à plat sur le lit. Quand mon fils me sert avec force entre ses petits bras et me fait un bisou sur la joue. T’as compris le truc j’imagine.

J’ai aussi conscience d’une chose, et avoir conscience de cette chose est la différence incroyable entre maintenant et il y a plusieurs années où je me laissais emporter par mes phases diverses. J’ai conscience maintenant que ce que j’expose ici, dans cet article, est lié à mes émotions à moi, liées elles même à mes pensées bien à moi. Ce que ça signifie ? tout simplement qu’il suffit de changer mes pensées pour changer ma vision des choses. Donc, tout ceci n’est qu‘une phase, et tout peut changer, rien n’est figé.
En attendant, je vais me faire couler un bain chaud avec des bougies et tout le bazar en écoutant un bon podcast.

 

 

 

 

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La journée du fond du gouffre

Suite à nos soucis dont je te parlais ici, et ensuite , nous sommes repartis, une ordonnance de granules en main.

Le lendemain nous étions mercredi, j’allais donc passer la journée avec mon fils. La période était difficile, la fatigue était là, j’appréhendais cette journée mère/fils.

Pour faire court, ce jour là j’ai vécu la journée la plus difficile depuis que je suis maman. La journée ne fut qu’un enchainement de crises à rallonges, très expansives, très épuisantes. La Globule avait décidé de déverser ses colères et son malêtre en un amas de cris et de tapes. La moindre frustration était, pour lui, l’occasion d’extérioriser sa colère, parce que maintenant, avec du recul, il était évident qu’il était en colère contre moi. J’ai donc enchaîné la gestion de ses crises, très longues chacune, très douloureuses pour lui et extrêmement épuisantes pour moi. J’ai pris tout ce qui me restait d’énergie et de patience pour les gérer au mieux, en tentant de rester le plus calme possible et toujours présente près de lui. Ce fut laborieux, il ne voulait pas que je le touche, mais si j’avais le malheur de m’éloigner, il me courait après pour tenter de m’agripper. Il cherchait simplement le contact, l’attention qu’il me reprochait de ne plus avoir envers lui.

Le soir, au retour de mon homme salvateur, je me suis écroulée dans mon lit. Je n’en suis sortie que le lendemain à midi.
Midi les gars, midi quoi! Tu te rends pas compte, depuis 2 ans et demi, me réveiller de moi même, c’est pour moi aussi rare que le PQ qui s’effrite pas, autant dire que c’était pas rien.
A mon réveil, je n’étais rien d’autre qu’un amas de chair lourde et sans énergie. Je ne suis donc pas allé bosser, la Globule est allée à la crèche, j’ai passé la toute première journée de maman seule à la maison. J’étais pas dans un état permettant d’en profiter, mais n’empêche que c’était bienfaisant. Je n’ai pas bougé du canapé, même pas pour manger, je n’avais pas faim, ni l’envie de rien.

La journée est passée très vite, entre dormir et ne rien faire, j’avais cette sensation que mon corps reprenait ce qui lui revenait de droit: du repos et qu’on lui foute la paix.

lampadaire

Le lendemain j’étais tout autant vidée, je me suis donc trainée jusque chez mon médecin généraliste. Là bas, à la question « alors, qu’est ce qui vous amène », j’ai répondu par une explosion de larmes.

Il a compris que j’étais à bout de nerfs, mais il a également constaté par la suite que j’étais anémiée, vidée d’oxygène.

Je suis retournée chez moi avec un arrêt de travail d’une semaine, des médocs et des compléments. Cette semaine a été dure pour la Globule. Voir sa maman dans un état lamentable ça inquiète, mais il m’a laissé le temps qu’il m’a fallut. Mon Homme a géré comme un chef, du matin au soir.

Au bout d’une semaine, mes forces ont commencé à revenir, doucement, et j’ai ressenti à nouveau l’envie et l’énergie de m’occuper et de m’éclater avec mon fils.

En parallèle, le traitement homéopathique avait été commencé. Nous y avons vu un seul et unique effet bénéfique: la diminution, voire parfois la suppression des réveils nocturnes. Ce n’est pas rien bien sûr, mais les couchers et les endormissements difficiles ont persisté.

 

Alors on a continue de chercher… La suite, plus tard.

 

Le cercle vicieux de la fatigue qui fatigue

Voilà, j’en parlais dans mon post précédent, une fois parent, nos limites sont chamboulées, mais ce n’est pas tant le fait d’être maman que celui d’être tout le reste qui a entrainé mon corps à me dire « STOP, arrête les frais, moi j’te suis plus sur ce coup ».

Je ne saurais dire qu’est ce qui est la cause de quoi, d’où même est parti le problème, ce que je sais c’est que notre quotidien de famille est devenu de plus en plus lourd jusqu’à ce qu’un fil ne pète.

Il y a eu les soucis de sommeil de la Globule qui ont (re)commencé aux alentours de ses 20 mois, insidieusement les couchers sont devenus de plus en plus dur et de plus en plus tard. Il a fallut en venir à se coucher près de lui pour espérer le voir plonger dans le sommeil. Nos soirées à deux se sont de plus en plus écourtées, le peu de temps qui nous restait nous étions épuisés. Nous sommes arrivés à un stade où la Globule, petit garçon de 2 ans presque et demi, dort aussi peu qu’un adulte: endormi aux alentours de 22h, réveillé vers 6h, tu sais compter, ça fait pas beaucoup, surtout qu’il faut soustraire les réveils nocturnes, multiples et présents à chaque nuit, qui durent entre 30 min jusqu’à parfois 2h. C’est un sacré dépassement corporel quand il est 3h du mat’, que ton môme ne veut plus dormir et qu’il te maintient donc réveillé jusqu’à 5h. Ca pique, ça arrache… surtout quand c’est toutes les nuits.

Le travail aussi m’a pris de l’énergie. En décembre, en pleine période de Noël j’ai du enchainer des journées de boulot de dingue, une charge de travail énorme, qui a donc participé à ma descente vers l’épuisement. Les journées de travail étaient devenues dures à supporter physiquement, avec cette impression de me trainer un corps de 200kg avec le souffle court au moindre effort. Mais ce n’était rien en comparaison des soucis familiaux qui pèsent depuis maintenant plusieurs années sur mon moral, cette inquiétude permanente, cette peur, tous les jours, de recevoir le fameux coup de fil, et ce sentiment de culpabilité, de se dire que je ne peux rien faire.

la fatigue 2

L’anxiété est devenue calvaire, la fatigue est devenue épuisement. C’est notre quotidien à trois qui est devenu dur, car la fatigue des uns entrainaient celles des autres. La Globule est devenue sensible à nos mauvaises humeurs, à notre manque de patience, et, il a choisi de nous le faire savoir par des crises de colères très intenses.

Il fallait réagir, sinon on allait droit dans le mur, je sais pas quel mur, mais pas celui de la maison des bisounours. On a décidé de s’occuper de ce paquet de nœuds et de commencer par un des bouts: le sommeil de la Globule.

Alors, on a consulté.

Je t’en dis plus, très bientôt.