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Trop vite pour moi

A partir de quel âge tu as vu le temps s’accélérer? Aux alentours de 25 ans j’ai eu cette sensation. Je sais pas pourquoi. A ce moment là, je bossais, j’étais en « ménage », j’étais devenue « adulte et indépendante ». Peut être que c’est tout ça.

On dit que l’impression du temps qui va vite est proportionnelle à notre âge. A 4 ans, 1 année ne correspond qu’à 1/4 de notre âge alors tout nous parait looooong. Mon ainé me le confirme tous les jours. « Maman, on va au parc quand? » « Dans 15 minutes » « Mais 15 minutes c’est trop looooong! ». Du coup, moi c’est lorsque cette proportion est passée sous la barre des 1/25ème que j’ai vu le temps s’accélérer vraiment vraiment.

Et puis, je suis devenue maman… Et là, le temps s’est pris une raclée aux fesses et il a décidé de filer comme une balle, encore plus vite. Maintenant, je comprends plus rien à ce qui m’arrive, le temps me fout des baffes sans arrêt.

Alors, quand je vois mon deuxième bébé qui à 1 an aujourd’hui tout pile, je suis soufflée. J’ai rien compris, quoi 1 an? mais non, non, il vient à peine de sortir de mon ventre. Ce nouveau né il sait marcher depuis plusieurs semaines, il sait dire des mots, il sait remplir et vider des boites. Mais enfin? Un nouveau né ça sait pas faire tout ça! C’est exactement l’impression que j’ai. Qu’est ce qu’il me fait ce petit bébé, va pas si vite, moi je suis pas, je suis à la traine, essoufflée au fond du chemin. J’ai pas l’énergie, j’arrive pas à courir si vite.

Et mon ainé, mon tout petit grand. Il commence à lire, il fait maintenant la découverte du sentiment amoureux, et souhaiterait avoir des jeux d’ados. Mais non, non! Tu n’as pas 5 ans, tu devrais regarder Tchoupi et jouer au petit train mon petit bouchon.

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Il y a aussi cette vitesse dans leurs jambes, leur corps. Cette énergie que je n’ai plus. Quand je regarde La Globule qui court toujours, qui grimpe sur les murets, et saute du haut de tas de rochers, je revois des images de moi, enfant. Je me ressens à l’intérieur comme quand j’avais son âge. Le dessin de la Cendra petite se calque sur celui de mon fils. Mon énergie enfantine qui était intarissable, je la revois. J’avais toujours besoin de grimper sur tout ce qui passaient devant mes yeux. Monter dans les arbres, se balancer haut pour s’envoler dans le ciel, j’y croyais moi! et mon ainé y croit aussi. Je me souviens de tout ce qui ne me gênait pas et qui aujourd’hui, adulte, est devenu un soucis: attention à ma culotte qu’on pourrait apercevoir quand je faisais la roue, attention à la terre et aux salissures sur les vêtements, le soleil qui chauffe, le froid qui fait trembler et peut rendre malade, la fatigue du soir, les mains pleines de terre, la veste mal fermée, les éraflures, les bleus, l’herbe qui pique, l’eau qui mouille, le bain trop long devenu froid et qui fait plisser mes doigts, le sable de la plage qui rempli mes poches, la pastèque qui dégouline en la mangeant, les cheveux mal peignés.
Je m’en contrefichais et la Globule aussi. C’était tellement plus libertaire comme façon de penser. Les adultes se cassent les noyaux pour des détails si inutiles. Enfant, on ne pense qu’à courir, sauter, grimper et surtout, être en contact avec notre monde. Les détails de la logistique des adultes leur passe au dessus. C’est eux qui ont raison.
Mais, malgré ces souvenirs qui reviennent sous ma peau, je n’ai plus cette fougue, cette énergie dans les jambes et les bras. Je laisse mon fils courir jusqu’à la boîte aux lettres, comme ça je regarde ses jolies jambes et je souris. Bien sûr, parfois j’y arrive, durant nos longs jeux, nos courses, la petite Cendra vient jouer avec lui et je crois que lui et elle auraient été de sacrés copains.

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Ce temps qui part en courant, ça me donne le vertige, j’ai l’impression qu’un jour, en clignant des yeux, je me retrouverais d’un coup aux portes de la fin. Vieille, grand mère, prête à mourir. Et j’ai peur de la rapidité avec laquelle tout avance. Et, le pire, c’est que le temps, il va donc me paraitre de plus en plus rapide avec les années.

Enfin, tu l’auras compris, mon petit à 1 an et je suis toute chamallow

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