La mort et ses tabous

On parle ici d’un tabou, mais pour être honnête, je n’aime pas les tabous, aucun. J’ai comme idée que si les tabous n’existaient pas, les sujets concernés par les tabous seraient bien moins problématiques (voire plus du tout).

Avant, lorsque je n’avais pas encore rencontré la mort, lorsqu’elle me semblait loin et semblait ne pas me concerner, j’étais très dérangée par ce sujet lorsqu’il touchait quelqu’un. Comme quoi, on peut ne pas aimer les tabous et être mal à l’aise avec l’un d’eux (ce qui reste logique, puisque j’ai grandis dans un monde de tabous, serpent qui se mord la queue, tout ça).

Je me souviens, il y a plusieurs années, une de mes anciennes collègues venait de perdre brutalement son mari. Il dormait et ne s’était jamais réveillé. Lorsque ça s’est passé, j’étais en congé. Mais, lorsque je suis retournée travailler et que j’ai appris la nouvelle, je ne suis pas allée voir ma collègue. Tu sais pourquoi? Tu imagines peut être. La mort, pfffiou, quelle lourd sujet, comment savoir comment la personne qui est en deuil souhaite qu’on l’aborde? C’est si compliqué. Je m’étais dis, moi, à l’époque ignorante en matière de mort proche, je m’étais dis que ma collègue voulait probablement qu’on ne vienne pas remuer le couteau dans la plaie, je pensais même qu’elle préférait ne pas en parler et qu’on la laisse tranquille avec ça.

C’est quelque chose que maintenant, je regrette beaucoup et je n’ai encore jamais pu lui en reparler, même si on se revoit encore de temps en temps.
Cette maladresse, ou même carrément cette « impression d’indifférence », c’est typiquement lié aux sujets tabous. On en parle pas mais si on le fait, on le fait mal, ou avec mal-aise ou maladresse. Moi j’avais choisi de ne pas du tout en parler. J’ai tellement grandis entouré de tabous, j’ai donc très bien intégré la gène, l’inconfort et l’inacceptation sociétale des sujets tabous.

Pourtant, me voilà, aujourd’hui, à demi-orpheline. J’ai vu la mort jusqu’aux entrailles et j’ai vu son processus organique. Et aujourd’hui, je me dis que c’est un sujet dont j’ai envie de parler, partout, souvent, avec n’importe qui! Mais, personne ne le fait.

C’est un sujet dont on parle avec humour et légèreté lorsqu’il ne concerne aucune des personnes de l’audience de façon directe. « héhé, j’ai mes nouvelles lunettes de presbytie, ça sent le sapin héhé » « ouhla, vous voyez cette pauvre dame, elle a déjà un pied dans la tombe! ». L’humour est un outil comme un autre pour faire face à certaines peurs, certains stress, ça permet d’augmenter les hormones de bien être et éliminer les hormones du stress.
Mais, si la mort frappe, alors, nos bouches se ferment.

mpap

Le chagrin

Il est si difficile d’accueillir le chagrin et les pleurs de quelqu’un. C’est si terrible comme épreuve, comment des mots ou même une attitude pourrait soulager la peine? Mais au delà de ça, nous sommes, généralement, toujours mal à l’aise face aux larmes. Et pourtant, pleurer, tomber au sol, crier de désespoir, n’est ce pas si humain et si libérateur. Alors, la personne en deuil, se retient de pleurer, ou s’arrête vite, s’excuse et dit que ça va aller. Pourtant ça n’ira pas mieux en quelques jours, et le chagrin fait parti de ce qui a besoin d’être exprimer.

Le corps des morts

Ici on arrive dans la délicate affaire du corps, charnel, organique, qui ne contient plus la vie, qui se décompose et disparait. En voyant mon père mourir, j’ai été chamboulée par ce qu’un corps devient lorsqu’il se vide de sa vie. On ne m’en avait jamais parlé bien sûr, je n’avais jamais réalisé à quel point cela peut être marquant et fascinant. Tous les muscles se détendent, le corps s’affaissent, puis se vide, la peau se rétracte et devient grise. Je pourrais te faire un récit de ce que j’ai vu, mais je sais comme cela peut être choquant et même insupportable pour certains. Pourtant! Pourtant, j’aimerais en parler, mais personne ne le fait. On cherche à nous préserver, à ne pas nous choquer, mais, si cela n’était pas tabou, si on pouvait en parler naturellement, librement, ouvertement, tout au long de notre vie, cela ne choquerait plus. Ma mère avait tenté de m’empêcher de voir mon père dans sa chambre d’hôpital, avant qu’ils n’aient « arrangé » son corps, elle voulait me préserver bien sûr, mais je suis si reconnaissante d’avoir balayé son inquiétude et d’avoir su m’écouter.

La proximité avec le corps

Au funérarium on m’avait laissé seule avec mon père, ou plutôt avec son corps. Et, au milieu de mes sanglots, je l’avais touché, de partout. Je m’étais collée à sa peau, et j’avais scruté chaque pli de son cou, sa nuque, ses oreilles. Ses doigts croisés sur son ventre, chaque poil de ses doigts. Et j’ai voulu le prendre en photo, parce que je savais que je ne le reverrai plus jamais, jamais, jamais. Et le tabou m’avait empêché de le faire, j’ai pris des bouts de son corps en photo, ses mains, sa nuque, mais pas son visage, ni son corps entier, tu comprends, c’est si glauque, si morbide, si inaccepté comme « normal ». Et pourtant, quelques jours plus tard, j’avais osé demander à ma mère si, par hasard, elle l’avait pris en photo. Elle l’avait fait. La compagne de mon père l’avait fait. Et même à l’hôpital, elles avaient pris son corps en photo. Mais ça ne se montre pas, ou uniquement au cercle de ceux qui savent. Et cette envie d’aller voir le corps, souvent, de le toucher et d’être proche, bien sûr, c’est si normal, lui dire aurevoir pour toujours, là? alors qu’il vient de mourir il y a 4 jours? mais comment accepter cela sereinement? c’est si court!
J’en avais parlé à ma psy, je lui disais que je ne voulais pas qu’on enterre son corps, je voulais pouvoir aller le voir au funérarium aussi souvent que je le souhaitais, pouvoir le toucher, encore, encore, pour le toucher en quelques fois, ce que je n’avais jamais touché de toute ma vie, parce que je ne connaissais pas son corps, on ne se touchait pas, alors pouvoir le faire sans crainte, et pouvoir me faire à l’idée doucement de notre séparation définitive, c’était ce que j’aurais voulu. Elle m’avait dit qu’il y a des pays où le corps du défunt est conservé un an avant de s’en séparer, cela permet aux proches de vivre la séparation de façon un peu plus douce. Moi ça me parle.

La mort et les enfants

Incompatibles! dans notre société, les enfants doivent être préservés de la mort, il faut les protéger. Pouvons nous réellement les protéger de la mort? de la douleur, de la tristesse, du deuil? J’avais écris un article où j’expliquais comment j’avais accompagné mon fils de 4 ans dans cette épreuve ( article ici ). J’avais emmené mon fils à l’hôpital lorsque mon père était malade, puis lorsque son corps était là bas, puis encore au funérarium. J’ai simplement suivi ses demandes, ses envies et répondu à ses questions de façon simple et factuelle. Je me souviens qu’une dame avait été surprise au funérarium de voir mon fils entrer dans la chambre. Pourtant, c’est son papy et le préserver de cela c’est surtout risquer de le marquer encore plus fort. Ma mère me disait « oui, mais, moi j’ai été très choquée lorsque j’étais petite par le fait d’avoir vu le corps de ma tante morte ». Et oui, parce que ma mère avait été mise là, face à un cadavre sans aucun accompagnement, sans aucune explication, sans réponse à ses questions et ses peurs. Les enfants concernés par la mort, devraient toujours être écoutés, quelque que soit leur âge, et être accompagnés pour qu’ils vivent leur deuil à eux.

Avant de connaitre la mort de façon proche, j’en étais presque indifférente, je ne me sentais pas concernée, et lorsqu’elle frappait quelqu’un, j’étais totalement inhibée par le tabou qu’elle représente.
Aujourd’hui, c’est un sujet qui est banal pour moi, la mort est entrée dans mon histoire, je l’ai vu de façon familière. Elle n’est donc plus tabou pour moi, je la connais.
Ce qui se passe maintenant, c’est que j’aime en parler, mais, j’ai compris également que je ne lui échapperai pas. Je n’y suis plus indifférente, j’ai pris conscience, compris et constaté qu’elle était là, juste à un cheveu de moi et de chacun de nous. Et la sentir ici, ou là, bientôt ou plus tard, la savoir roder, sans savoir quand elle frappera, mais surtout savoir qu’elle frappera de façon certaine, cela m’a fait développer de belles angoisses. J’ai peur, et quand je vois mon visage qui vieillit, je me dis que, sans s’en rendre compte, ça commence déjà, doucement à sentir le sapin.

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14 réflexions au sujet de « La mort et ses tabous »

  1. Rozie & Colibri

    Tout cela me parle.

    J’ai connu la mort d’un proche (mon grand-père) lors de mon enfance. J’avais 10 ans. Inconsciemment, mes parents et les autres membres de ma famille m’ont caché qu’il était malade (en tout cas à ce point-là : ils m’ont caché la finalité de la maladie pour que je ne m’inquiète pas, ils ne m’emmenaient pas le voir à l’hopital) et quand il est mort … Ils ne m’ont pas amenée le voir au funérarium non plus. Heureusement, j’étais présente à l’enterrement, mais là encore ils ont jugé que je ne devais pas assister à la mise en terre.

    Si bien que je n’ai jamais eu l’impression d’avoir pu lui dire au revoir. Je me suis sentie volée, infantilisée. Dans l’église, je n’avais pas conscience de ce qui se passait. J’étais pourtant largement assez grande pour comprendre et être intégrée. Tout cela a généré beaucoup de sentiments négatifs et a fortement altéré mon rapport à la mort. On m’avait même donné de l’homéopathie pour que je ne pleure pas pendant l’enterrement, c’est dire …

    Il y a 3 ans, le grand-père de mon conjoint est décédé. Et de pouvoir faire partie de cette mort, ça a réparé mon vécu. J’ai vu le corps, vu les gens le toucher, j’ai vu les gens pleurer et j’ai pleuré aussi. J’ai tout vu et tout vécu de A à Z. Si tu savais le bien que ça m’a fait … !

    Depuis, je développe un nouveau rapport à la mort, plus personnel et pas issu des transmissions taboues de ma famille. Plus en lien avec mes croyances et ma façon de voir les choses. Quelque chose de beaucoup plus sain, plus libre, normal. C’est très agréable.

    Il est vrai que c’est dérangeant de lire que tu as touché comme ça le corps de ton père, que tu l’as pris en photo. Tout de suite, on a l’image « morbide » en tête, une réaction presque épidermique. Mais ça n’est que le résultat de notre héritage. Quoi de plus normal que de ressentir ces besoins dans ce moment ?

    Tu me permets une nouvelle fois de questionner mes sensations, de me remettre en question. Merci.

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    1. Cendra Auteur de l’article

      J’ai vécu la même frustration avec ma grand mère. Elle est morte loin et je n’ai assisté à rien. J’ai eu longtemps l’impression qu’elle n’était pas morte puisque je n’avais pas pu dire aurevoir à cette mamie dont je suis, mine de rien, l’héritière (au sens « hériter de son histoire familiale »).
      Je comprends carrément cette réparation que tu as pu vivre via le décès du grand père de ton conjoint, tu le dis très bien: ton rapport à la mort devient familier et personnel et non plus basé sur un inconnu fantasmé (dans le sens « imaginé comme énorme »).

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  2. LittleNastyGirl

    C’est une de mes plus grandes phobies, pas de mourir mais de perdre un proche. Je me sens faible face à tout ça, j’ai perdu mon arrière grand mère (que je considérais comme ma grand mère) à l’âge de 13 ans, je me souviens encore de l’annonce et de l’enterrement. Je n’ai pas vu son corps parce que je pense que mes parents me trouvaient trop jeune et honnêtement je ne pense pas que j’aurai souhaité le faire, par manque de force et de courage. C’est vraiment un sujet tabou pour moi car j’appréhende et je sais dans quel état je vais me retrouver quand ça arrivera…

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Je suis dans la même crainte, parfois rien qu’en imaginant perdre un de mes proches, un malaise (au sens propre, un malaise vagal) me vient, alors comme toi je n’imagine même pas dans quel état je serais. Et je crois que le fait que la mort soit tabou, rend la douleur encore plus douloureuse.

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  3. ornellastro

    En ce qui me concerne, j’ai toujours été fascinée par la question de la mort, c’est d’ailleurs marqué dans mon thème astral ! ^^ Et le destin a voulu que je rencontre l’année dernière un croque-mort. Nous avions besoin d’un cercueil pour notre parade à Avignon, ce type a répondu présent et je suis tombée amoureuse au premier regard.

    Je l’accompagne dans ses toilettes funéraires, quand j’ai le temps, dans ses cérémonies, ses enterrements, et c’est fascinant en effet. Et tout le respect qu’il y a derrière aussi.

    Si tu as envie d’en parler, n’hésite pas !

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Ca doit être un monde vraiment à part que tu as rencontré, fascinant. Je me pose encore beaucoup de questions sur les suites de la mort. Je prendrai le temps de t’écrire pour en savoir plus, merci 🙂

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  4. Madame Bobette

    Ton article me parle beaucoup. J’ai dû laisser partir un bon nombre de personnes depuis mon enfance, à commencer par ma maman… C’est tellement arrivé trop souvent que je suis toujours étonner de rencontrer des personnes qui, à plus de 30 ans parfois, n’ont jamais côtoyé la mort. Je leur souhaite que cela dure longtemps.
    Je trouve tes mots très justes même si j’ai du mal à prendre autant de recul (peut-être parce que la mort m’a volé une partie de mon enfance). Tu pousses à la réflexion et pour ça, merci 🙂

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Perdre sa maman tôt, c’est la plus douloureuse des pertes selon moi. D’ailleurs, depuis qu’est née en moi, la peur de la mort, j’ai surtout peur de la mienne, peur de laisser mes fils sans une mère. Dur 😦

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  5. Céline Dehors

    Bonjour Cendra,
    Je n’ai jamais réussi à poster mon dernier commentaire sur l’un de tes articles qui m’avait intéressée alors j’appréhende pour celui-là.
    Ces dernières années ont été riches en morts pour nous. Les grands parents de François sont morts en moins d’un an, puis ma grand-mère l’année dernière. Je me souviens d’elle, morte, elle était vraiment très belle. J’ai eu du mal à la comprendre morte (d’ailleurs c’est toujours le cas… elle avait l’air si vivante morte !). Je me souviens de l’avoir touchée et d’avoir imprimé son visage dans ma mémoire avec force, surement avec plus d’impudeur qu’un appareil photo.
    A la suite de ton message, j’ai été marqué par la personnification de la mort que tu emploies et je me suis dit qu’il y avait là quelque chose à comprendre. Pourquoi la mort est-elle si individualisée dans ton esprit ?

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Je pense que cette personnification (que je n’avais pas relevé, du coup merci!), est le signe que je n’accepte pas la mort. Je ne l’accepte pas comme une étape naturelle, comme faisant partie de la vie en étant simplement sa fin. Je la personnifie parce que j’en ai peur et probablement pour avoir un coupable, pour avoir un « méchant qui donne du chagrin » à pointer du doigt et pour diriger ma colère et ma tristesse sur quelque chose de palpable.

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  6. Charlotte

    Quel joli article que je découvre seulement aujourd’hui ! Ça me parle ! L’année 2018 a été meurtrière par chez nous, et ça m’a donné l’occasion de réfléchir à cette question de la mort. En accompagnant les derniers jours de quelqu’un que j’aimais tant et en la voyant affronter sa propre mort, il y a des résistances en moi qui ont lâché, sur lesquelles je ne peux pas mettre de mots. La première nuit, « après », à ses côtés, a été terrible d’angoisses et de peurs viscérales jusqu’alors enfouies. Mais nous avons eu la chance d’être accompagnés par une équipe aux pompes funèbres tout à fait magique de bienveillance et d’ouverture, à qui j’ai pu poser toutes les questions qui me venaient entre le décès et le crématorium. Trois jours que j’ai mis bien à profit, avec des dizaines et des dizaines de questions ! 🙂
    Je me suis rendu compte de mon ignorance face à la mort physique. Si la mort en tant que telle reste un mystère, celle du corps, de l’enveloppe, est entourée de tabous. Comme tu dis, on n’en parle pas, on ne touche pas, on ne voit pas. On ne pose pas de questions. On éloigne les enfants.
    Sauf que, quand je me revois en proie à mes angoisses au milieu de la nuit de la savoir, morte, de l’autre côté du mur, je me dis que si j’avais su, si on m’avait dit, si j’avais posé mes questions plus tôt, tout cela serait devenu moins angoissant.
    Depuis, je m’efforce d’en parler. Je ressens parfois une gêne, un œil qui se détourne ; mais souvent, la personne est intéressée, curieuse, avide de savoir. Il y a bien des choses qu’on ne sait pas sur la mort, et c’est ce qui rend la vie si savoureuse, aussi. Mais il y a plein de choses qu’on pourrait dire, qu’on pourrait savoir, si on osait. Si on en parlait parce qu’après tout, ça fait partie de nos vies. Et parce que quand on connaît, on a moins peur… 🙂
    J’ai lu tes mots comme des bonbons, des bulles d’ouverture et de douceur, d’amour aussi. Merci.

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Merci beaucoup de partager ton histoire! Je crois que tu as vraiment raison, « quand on connait, on a moins peur », c’est vrai pour tout et donc pour la mort aussi, sur tout ce qui est à notre portée bien sûr 🙂

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  7. Ping : Doit-on faire peur à nos enfants ? - Feeducatif

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