Montrer le monde à mes enfants alors que j’en ai peur

Je savais pas si une idée d’article allait me venir rapidement, là, ces derniers jours, et puis c’était juste devant mon nez, une évidence!

En ce moment, à la maison, on tourne un peu en rond, les cinq rhododendrons (j’adore ce mot) que nous sommes. On sort, mais pas trop, on s’ennuie du côté de la Globule, on s’active à fond du côté de la Granule et on s’épuise du côté des parents. Par contre, du côté du félidé femelle, RAS, elle glande, qu’est ce que je l’envie celle là. Et moi, ça me tracasse quand on tourne en rond, la météo n’a pas aidé (du tout), mais pas seulement la météo.

Je sais pas trop comment abordé le truc. C’est que je voudrais pas donner une fausse image du tableau, tu vois. Je vais faire quelques points là, importants:

– j’aime la vie
– j’aime les humains
– j’aime les échanges de qualité (de vrais échanges, où l’on se rencontre sans rien devant notre pif comme la politesse, un bus à prendre, les préjugés, etc)
– j’ai horreur des échanges superficiels ou impromptus (je sais pas faire, ça me met en stress, je ne contrôle plus rien)
– chaque sortie et échange social avec mes deux enfants, m’épuise (totalement, je suis vidée)
– j’aime mes enfants
– j’aime la joie, vivre à fond, être dingo comme on dit chez nous
– je veux que mes enfants aiment le monde et soient à l’aise contrairement à moi

Alors bon, je sais pas si t’as lu tous les points, mais on y voit bien un joli soucis. Je veux faire découvrir le monde à mes enfants mais moi même j’en ai peur.

C’est totalement irrationnel en plus comme peur. Enfin si, y a une origine, une histoire, des raisons que je connais bien. Il y a toujours une explication à tout (à notre échelle planétaire j’entends, pour le reste, je laisse cela à l’inconnu). Je travaille à fond là dessus depuis des années, j’ai élargi de façon magistrale mon cercle de confort et j’ai considérablement réduis le nombre de mes phénomènes d’évitement. Je suis extrêmement fière du job que je fais sur moi même et franchement, je suis presque sûre que, dans beaucoup de contextes, mon anxiété sociale ne se voit même pas.

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A l’inverse, mon homme est très sociable, ultra à l’aise entouré des Autres, très avenant et d’une humeur assez stable. Pourtant, c’est fou, mais c’est pas lui qui nous ramène le plus de monde ni qui emmène le plus mes enfants vers le monde! Non, c’est moi. Peut être (sans doute) parce que je fixe beaucoup mes pensées sur ce besoin de faire découvrir le monde à mes enfants, j’en fais presque une obsession, un soucis récurrent. Du coup, je cherche un maximum d’opportunités et mes recherches me prennent du temps car les sorties doivent remplir différents critères:

– le trajet doit m’être accessible sans trop de stress. Partout sauf les gros centre villes qui me sont, pour le moment, encore insaisissables.
– Le temps de trajet ne doit pas trop excéder 30 minutes (parce que selon la Granule, 21 mois, la voiture c’est nul).
– Il ne doit pas y avoir trop de monde ou, en tout cas, pas du monde qui me stresse.
– Il ne doit pas y avoir qu’une personne. Un tête à tête entre adultes peut me rendre très anxieuse.
– Les activités et le lieu doivent convenir le plus possible à un enfant de 21 mois et à un enfant de 5 ans sinon l’un va vouloir rentrer au bout de 10 minutes.
– La durée de la sortie ne doit pas être trop longue.
– Evidemment ça ne doit pas me coûter un rein, ni même la moitié.

Alors, mon homme me dit que je me prends trop la tête. Mais mon homme n’est pas anxieux social vois tu, il est donc un peu à côté de ses pompes à ce niveau là. Et c’est ainsi que je fonctionne, je pose mes exigences, mais qui répondent à mes limites « tolérées », c’est à dire que je pose les limites toujours un peu plus loin que ma zone de super ultra confort, elles doivent me permettre de trouver la solution qui me sera adaptée tout en me faisant passer des petits défis peu angoissants. C’est ainsi que je progresse.

Alors, je ne sors pas encore autant que je le voudrais, je n’ai pas beaucoup de monde qui vient à la maison (j’ai beaucoup de mal avec ça, beaucoup de mal à faire entrer les gens dans mon intimité, mon cocon, mon bunker), mais n’empêche qu’on en voit quand même du monde! Ouais, oui, mes enfants, je les sors, ils voient d’autres enfants, d’autres adultes et l’idée c’est que cela doit aller crescendo, sans pour autant atteindre un niveau ultra élevé d’interactions sociales, on s’en fiche!

Mais c’est une bataille, en fait je le vois, j’ai ce mur en plexiglas, je me cogne dessus en avançant, mais je te le dis, il recule ce nase à force de taper dedans. Et je fais en sorte que ce problème soit bien identifié par mes enfants comme étant le mien. On en parle à coeur ouvert sans difficultés.

« ouais tu vois, j’ai du mal à être à l’aise quand je rencontre d’autres gens, mais j’avance! je fais des trucs, je me suis inscrite là, et j’ai invité bidule, les barrières ça se recule jusqu’à ce qu’elles tombent dans un fossé »
 » Ouais maman, ha, toi tu as peur des gens et moi j’ai peur des tsunamis, mais un jour j’irai sur une île de l’Asie! »

Il est fortiche mon môme pour me montrer le chemin, vers l’océan indien alors, en avant guiguamp!

5 réflexions au sujet de « Montrer le monde à mes enfants alors que j’en ai peur »

  1. Maman Nouille

    Je trouve que les enfants aident à nous dépasser. Parfois, quand ce n’est pas pour nous, mais que c’est pour eux, on le fait, c’est tout (enfin je ne dis pas qu’on a pas peur, on se laisse peut-être moins le choix.
    Personnellement, cette année mon compagnon est parti travailler à l’autre bout de la France, je peux te dire que ça m’a sacrément dégourdie. Bon parfois je me plante quand même. Il ne me reste plus qu’à guérir de ma phobie de conduire maintenant et je pourrais même les emmener à la campage le weekend…

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    1. Cendra Auteur de l’article

      C’est carrément vrai, quand on « a pas le choix » et que les circonstances nous poussent hors de notre zone de confort, on fait de sacrés bonds en avant, on se dépasse. Ca peut être aussi une façon de s’améliorer, se donner de gros coups de flippe! Rha, j’imagine avec le compagnon à l’autre bout du pays, tu as du effectivement sacrément te dépasser!

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  2. Ping : Besoin de solitude | Des Cendres à l'Or

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