Ce que 6 mois de yoga m’a (déjà) apporté

Il y a quelques années, je me suis initiée, seule chez moi, au yoga. Je me suis fournie sur internet et dans des livres. Je me suis rapidement mise à travailler ma respiration. C’était pas gagné. La majorité d’entre nous (plus encore chez les femmes) respire de façon costale (on fait gonfler notre cage thoracique), c’était mon cas. Mais l’idéal est de respirer par le ventre, ou, mieux encore de faire des respirations complètes sur trois niveaux (abdominal, thoracique puis claviculaire).

Donc voilà, j’étais déjà sensibilisée à la respiration, à quelques postures et à la façon de les optimiser. En septembre dernier, je me suis inscrite en cours de yoga, avec un vrai yogi, un prof formé et pratiquant le yoga depuis plusieurs décennies. Une vraie mine d’informations le gars.

Le yoga, chez les occidentaux, s’illustre dans les esprits, par de jolies photos, de jolies nanas, faisant de jolies postures acrobatiques. Or, les postures ne sont pas l’essentiel de cette discipline, en voici les 4 composants essentiels:

– la respiration
– la méditation
– les postures
– la relaxation

Donc, depuis septembre, je travaille ces 4 aspects là.
Peut être que, pour ressentir déjà des bénéfices, tu t’imagines que je pratique le yoga tous les jours et que je suis ultra assidue.
Pas-du-tout. Je suis en présence de mes enfants environ 22h/24h (je rigole pas), donc c’est pas la folie au niveau emploi du temps disponible, je ne me donne donc pas le temps de faire du yoga quotidiennement, pour le moment en tout cas.
Pour être plus claire et vraiment concrète, je fais:
– du yoga une fois par semaine durant 1h30 avec mon super prof.
– des exercices de respiration et méditation tous les jours, durant les moments opportuns. Les moments opportuns étant essentiellement lorsque je couche la Granule pour la sieste et que j’attends à côté de lui qu’il s’endorme, et également le soir pour le coucher de mes deux mômes, toujours pendant que je reste à côté d’eux pour l’endormissement.

Alors, j’ai mis dans le titre « 6 mois », mais pour être claire, j’ai ressenti les changements ci-dessous, bien avant 6 mois.

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La respiration
Si tu essaies de conscientiser comment tu respires, sans intervenir dessus, sans modifier ta respiration (c’est pas facile, perso), comment tu respires, tu fais gonfler quoi? ton ventre, ton thorax? Comme je le disais au début de cet article, moi j’étais à fond dans une respiration thoracique. Aujourd’hui, ma respiration se fait, automatiquement de façon abdominale. C’est top. Pourquoi c’est top? Je pense que, depuis, je ne ressens plus les contractures dans le dos que je ressentais avant à cause de mon anxiété omniprésente. Y a du mieux, c’est cool donc. Ma respiration abdominale n’est pas encore « parfaite », je gonfle essentiellement mon ventre au dessus du nombril voire près du diaphragme, mais l’idée étant qu’avec le temps, ma respiration s’abaisse encore.

Conscience du corps organique
Alors, ce point là, c’est le gros big point que je voulais te partager. Est ce que tu a conscience, vraiment, de l’aspect organique de ton être? Est ce que tu visualises facilement ton corps fait de chair et d’organes?
Moi, avant, pas du tout. Et oui, bien sûr, on est fait de chair et de sang, on le sait, mais en avons nous conscience de façon pleine et réelle?
Depuis que je prends des cours de yoga et que l’on pratique la méditation, je visualise de façon vraiment claire mon organisme. J’ai conscience de mon cerveau, plein et lourd, de sa présence dans ma tête. Je visualise très bien mes organes dans l’abdomen, humides, qui glissent les uns contre les autres. Et je vois très bien mon squelette, dans son intégralité, de ses mouvements lorsque je bouge ou fais une posture, c’est assez dingue. Ma chair, la lourdeur, la plénitude de mes organes, tout ça me paraissait abstrait, flou. Aujourd’hui, je les « vois » et je les sens (je ressens les battements de mon coeur durant une méditation) et j’ai conscience de leur importance, du soin que je dois leur apporter et de leur fragilité (une chair ça se déchire, un organe ça s’abîme, un os ça se casse). Je les considère comme des collègues, ils sont des bouts de moi, et, tous rassemblés, ils me forment moi, c’est assez fou de se dire ça.
Je ne saurais mieux te dire, comme la vision de mon corps à changer.

Relâchement des tensions
C’est clairement un des aspects les plus « utiles ». Pour tenir une posture en yoga, l’idée est de toujours bien respirer et également de n’utiliser que les muscles nécessaires à la postures, en ayant donc un minimum de tensions. Si tes bras ont besoin d’être en tension, tu apprends à détendre complètement le reste du corps.
Je l’applique quotidiennement à la maison.
Tu peux peut être t’en rendre compte toi aussi dans ta vie de tous les jours, lorsque, par exemple, tu portes un objet un peu lourd, peut être que tu contractes ta nuque, tes mâchoires, etc, alors que ça n’est pas nécessaire. Un des cas les plus fréquents dans mon cas: lorsque je suis allongée sur le lit et que je tiens mon petit près de moi (sur un bras, ou contre ma poitrine) en attendant qu’il s’endorme, je conscientise et là, tout à coup, je me rends compte que je contracte la nuque, les fesses, les mollets, le dos, etc et que ça n’a pourtant aucune utilité dans l’instant. Alors, je relâche tout ce bazar et je me sens directement mieux.
D’ailleurs, et ça a un lien avec le point précédent (avoir conscience de son corps organique), dans les moments de relaxation, relâchement, pour me détendre au maximum, je m’imagine… comment dire ça sans paraitre glauque… j’imagine avoir quitté mon corps, comme si j’étais morte, hein, y a pas d’autre mot. Parce que bon, y a pas plus détendu qu’un corps sans vie. (Cela peut paraître étrange, peut être, je ne sais pas, la mort m’est devenue très réelle et très collée à la vie, alors ce n’est pas un sujet tabou pour moi). Me rapprocher au maximum de cet état sans énergie, m’aide beaucoup à relâcher les muscles, je m’imagine, comme au cinéma disons, «  »PAN », on m’a tué, eurghhh, je suis morte« .

S’intérioriser
Durant les moments de méditation, on fait du recentrage. On vient s’assoir là, dedans, à l’intérieur de nous et on regarde.
Je me suis familiarisée avec mon chez moi.  A l’intérieur de moi, c’était pas un endroit que je connaissais bien, maintenant je m’y installe sans trop de difficultés. Bien sûr les pensées par paquets me tirent le bras pour m’emmener dehors, mais je travaille pour me recentrer et revenir visiter mon intérieur.
C’est pas agréable, enfin, je sais pas les autres, moi, mon intérieur il est pas ultra agréable et confortable. Il y fait noir, mais surtout ça bourdonne de partout et, c’est à la fois vide et totalement emmêlé, y a comme des fils qui font des gros nœuds, et comme des courants qui tirent les parois. Bon c’est pas top cosy, tu vois. L’idée c’est que: c’est chez moi, je peux y faire ce que je veux, alors je peux, avec du temps et de l’entrainement, réaménager et redécorer l’intérieur.

6 mois c’est rien et en même temps c’est quand même pleins de semaines les unes derrière les autres.
Quand j’ai le front posé sur le sol, c’est beau tu vois, je forme un tout, la terre, le sol, mon front, mon dos, l’air au dessus, l’atmosphère, l’espace, l’univers, y a pas de lien brisé entre tout ça, c’est une continuité. J’aime bien l’idée, c’est beau je disais.

5 réflexions au sujet de « Ce que 6 mois de yoga m’a (déjà) apporté »

  1. Maman Lempicka

    J’aime beaucoup le 2ème et le 4ème paragraphe, parce qu’ils se rejoignent, qu’on sent que l’essence de la discipline est là, et aussi parce que je sais d’instinct que c’est avec ces deux facettes que j’aurais le plus de difficultés. Article très intéressant!

    Aimé par 1 personne

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  2. chutmamanlit

    Ton article m’a inspiré et motivé un truc de fou. Je pratique le yoga de temps en temps chez moi, via des livres. Et je rêve de m’y mettre un peu plus mais je n’ose pas car je n’ai pas vraiment le temps de pratiquer à la maison avec le Lardon. Mais comme toi, je passe plusieurs heures par semaine prêt de lui à attendre qu’il s’endorme.

    Quel type de yoga fais tu ? Ceux que j’ai pratique en cours n’allaient pas aussi loin dans la meditation et la respiration!

    Aimé par 1 personne

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Génial que ça puisse te motiver! Je pratique le hatha yoga. Je crois que, selon les profs, ils ne choisissent pas forcément tous de bosser les 4 aspects dans la même proportion. Par exemple, j’avais fait un cours avec une autre prof qui elle, travaille pas mal la respiration avec différents exercices, moi, mon prof ne fait pas ça, je pense qu’il est très orienté méditation/concentration.
      En fait, durant les moments (parfois si longs) où j’attendais que mes enfants s’endorment, je me suis dis « mais c’est pas possible, tout ce temps à regarder le plafond, je pourrais en faire quelque chose », et ça m’est venu comme ça, la méditation, la respiration et même de la sophrologie (ex: je visualise un endroit que j’adore, je m’imagine là bas, dans une ambiance relaxante, etc). Au moins, le temps est optimisé 🙂

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