L’égoïsme: la conséquence d’un excès d’altruisme

Salut toi, ici je viens donner mon avis encore une fois, sur un comportement général que l’on associe finalement, à presque tout le monde.

Quand j’observe quelque chose qui se fait redondant, ça me donne toujours envie de l’étudier. Et oui, si quelque chose se répète, se généralise, et ici il s’agit d’une généralisation internationale hein, c’est qu’il y a forcément un lien et un cheminement commun, ou tout du moins de quoi faire réfléchir, ce qui fut mon cas.

Tout le monde se plaint constamment de tout le monde. Parmi les multiples plaintes, l’une d’elle revient constamment et fait parti du top: « le monde va mal, les gens sont égoïstes et ne pensent qu’à leur petite personne ». En parallèle, on entend souvent « MOI, j’essaie toujours de penser aux autres, je suis là pour les autres et en retour? rien du tout! ».

L’idéal serait donc que tout le monde pensent aux autres, sans se préoccuper d’eux même? Il faudrait être dévouer aux autres, généreux et surtout ne pas penser à soi? J’imagine qu’on pourrait me dire « mais non, il faut être un peu des deux quoi, penser aux autres, mais ne pas s’oublier ». Mais est ce faisable sans pour autant se faire juger d’égoïste durant la moindre fois où l’on pense à soi? Et puis c’est bien quelqu’un d’égoïste, il en a le droit non? C’est bien qu’il pense à lui, sinon c’est toi qui pensera à lui à sa place?

Mal jugés

Parlons des vrais égoïstes, ceux que l’on juge d’ailleurs bien trop vite, mais admettons. Les gens qui n’aident personnes, qui ne participent jamais et qui, visiblement, méprisent ses compères. Je suis convaincue que l’égoïsme qu’on leur attribue, est, dans la grande majorité des cas, un mauvais jugement lié aux apparences. La plupart de ces « égoïstes » sont simplement des personnes mal à l’aise, blessées, qui se sentent incapables d’être utiles, sans doute inhibées et ayant appris sagement à ne pas se sentir concernés par les autres (« ne t’en occupe pas » « tu sais pas faire » « laisse tomber »).

Au delà de cette catégorie, nous sommes de toute manière tous jugés, un jour ou l’autre d’égoïste.


La source de ce mauvais jugement

Comment cela se met il en place? nous qui rêvons, chacun, d’un monde merveilleux et altruiste?
Tout commence dans l’enfance. Oui, car de toute manière, TOUT commence là, c’est rarement à 70 ans que les mécanismes se mettent en place.

On apprend à nos chers bambins, dans un soucis de correction et de politesse sans doute exagérée, à: se taire pour laisser les autres parler, ne pas faire de bruits pour laisser les autres tranquille, bien se tenir pour laisser les autres avoir de l’espace, laisser passer les autres en premier, prêter ses jouets pour laisser les autres s’amuser, à dire merci et d’autres mots de convenances pour laisser les autres se sentir respectés, etc. En résumé, on nous apprend à faire passer l’autre avant nous. C’est ce que je j’appelle le phénomène du « laisse passer la dame« .

Le soucis c’est que, souvent, ce mécanisme inculqué à l’enfant s’arrête là. On ne lui apprend pas ses droits fondamentaux. L’enfant risque de se sentir oublié, inexistant, sans importance. Ses besoins ne sont pas écoutés, encore moins ses émotions. Il passe après tout le monde, on lui apprend finalement à s’effacer. Classique: l’être humain grandit alors avec des lacunes, des manques, son Etre grandit en se sentant sous considéré, en carence et surtout négligé. L’adulte qu’il deviendra, peut accumuler de la rancœur, de la colère contre les autres, ces fameux autres qu’il faut tant « chouchouter » et faire passer avant soi.

Pourtant, pourtant, personne d’autre que nous même ne peut prendre soin de notre Etre. Nos besoins, nos émotions sont des messages d’une importance capitale pour notre bien être intérieur. On devrait apprendre à nos enfants à écouter leurs besoins et à exprimer leurs émotions, ce sont des droits!

Oui, un enfant a le droit de ne pas vouloir prêter son jouet, t’oblige t on à prêter ta tablette à un inconnu? L’enfant a le droit de vouloir s’amuser autour de la table sans pouvoir se tenir tranquille, son corps a besoin de mouvements. Un enfant a le droit d’oublier de dire merci sans pour autant être mal jugé, les oublis arrivent à tous.

Une fois adulte, notre intérieur se sent mal aimé « les autres ne pensent pas à moi » « qui pense à moi? » « et moi dans tout ça? ». C’est là qu’apparait ce que j’appelle le syndrome du « et MOI?« . On ne s’est pas écouté et, forcément, les autres ne nous ont pas écouté car non conscients de nos besoins. C’est à cet instant précis que l’on se dit que les autres sont « égoïstes« .

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Le droit d’être égoïste

Nous devrions écouter ce dont nous avons envie et besoin et y répondre, car personne d’autre que nous même ne le fera. Ce n’est pas facile de s’écouter lorsqu’on ne nous a pas laisser apprendre à le faire, mais il faut un début à tout! Apprends à t’écouter et à répondre à tes besoins rien qu’à TOI. Nous avons le droit de:

Refuser une soirée parce qu’on a pas envie
Ne pas répondre au téléphone parce qu’on a pas envie
Refuser de rendre un service parce qu’on a pas envie
Laisser tout le monde qui nous attend parce qu’on a pas envie

Nous devrions pouvoir écouter nos « pas envie » car, selon moi, ils sont tout simplement le reflet d’un besoin (besoin d’isolement, de se protéger, de se reposer, de voir ailleurs, de liberté…). Nous devrions pouvoir faire tout ça sans culpabiliser, sans que tout ce joli petit monde autour de nous n’essaie de nous culpabiliser et sans que tout ce joli petit monde n’en arrive à vous juger de « sale égoïste qui pense qu’à soi ».


L’altruisme viendra

Si tu réponds à tes besoins, que tu écoutes ton corps et ton mental, si tu te laisses la liberté de faire et dire ce qui est BON pour toi, alors tu te sentiras bien. Remercie toi. Ton corps le fera. Aime toi, écoute toi. Ensuite que se passe t il lorsqu’une personne a ses besoins satisfaits et qu’elle est en harmonie avec elle même? De façon naturelle, elle deviendra en harmonie avec le reste du monde. Simplement, l’altruisme s’installe. Et oui, lorsqu’on se sent bien, on a envie d’être bien avec les autres. L’altruisme et la générosité ne devraient jamais être forcés, cela vient seul, avec le coeur j’ai envie de dire.


Résumé

On entend partout ces deux messages:
– Moi je pense aux autres et personne ne pense à moi
– Les gens ne pensent qu’à eux
Tu remarqueras la belle contradiction, c’est irrationnel! Tout le monde trouve les autres égoïstes et pourtant tout le monde se trouve altruiste! (note importante: quand je dis « tout le monde » c’est un raccourci pour dire « une bonne grosse partie des gens »).
C’est donc ainsi qu’un excès d’altruisme que l’on nous a inculpé depuis l’enfance, crée alors une impression d’égoïsme de la part des autres.
C’est une erreur d’attendre quelque chose des autres pour être heureux. C’est une erreur de croire que les autres sont là pour répondre à nos besoins. C’est à toi de le faire!
Sois égoïste, pense à TES besoins. Tu seras là pour les autres ensuite.

Oui, je pense à moi et je vais bien, et toi, tu vas bien?

 

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6 réflexions au sujet de « L’égoïsme: la conséquence d’un excès d’altruisme »

  1. Myriametre (C.D. anonymisée)

    Ce que tu dis ici me fait penser à une phrase que ma belle-soeur avait dite et qui nous avait fait beaucoup rire : « Vous êtes horribles, bande d’égoïstes ! » Bande d’égoïstes, je suis assez d’accord avec ton analyse, c’est bien ce que nous reprochons aux autres… par manque d’analyses et d’expression de nos propres besoins. D’ailleurs, analyser ses émotions et ses besoins fait partie de l’étape une de la communication non violente, je me trompe ?
    Je n’avais pas aussi bien précisé cette réflexion que toi, mais j’en avais le pressentiment. J’ai vu avec quelle force les adultes poussent les enfants à être polis, prévenants et à ne pas se mettre en opposition avec les adultes que j’ai décidé d’ouvrir cette vanne dans l’éducation de mon enfant. Il n’a pas à faire plaisir, il a le droit d’être en désaccord, mais il est important d’expliquer correctement ce qui ne va pas (ou d’en laisser le temps) pour que chacun trouve une solution satisfaisante. Ainsi, il n’y a pas de bande d’égoïste, chacun pense à tout le monde et même à soi-même.
    C’est le monde parfait, en somme ^^

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Ah ce monde parfait dont nous rêvons tous! Un jour on y arrivera non?
      Quelle étape indispensable de reconnaitre nos émotions et nos besoins, et pourtant comme c’est dur quand on a pas appris à le faire comme beaucoup d’entre nous. En tout cas, c’est quelque chose que je travaille beaucoup chez moi et c’est si incroyable de voir à quel point nous ne nous connaissons pas nous même, ou si peu. Faisons connaissance avec nous même!

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    2. Cendra Auteur de l’article

      Ah ce monde parfait dont nous rêvons tous! Un jour on y arrivera non?
      Quelle étape indispensable de reconnaitre nos émotions et nos besoins, et pourtant comme c’est dur quand on a pas appris à le faire comme beaucoup d’entre nous. En tout cas, c’est quelque chose que je travaille beaucoup chez moi et c’est si incroyable de voir à quel point nous ne nous connaissons pas nous même, ou si peu. Faisons connaissance avec nous même!

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  2. Charlie

    Que dire? C’est juste parfait ! Thème bien choisi, analyse succinte mais claire et structurée.
    Ton article m’a rappelé un article qu’Anne-Solange du blog Cachemire & Soie avait écrit il y a un moment maintenant. Pour paraphraser, elle déculpabilisait les « égoistes » et affirmait que rechercher son propre intérêt contribuait forcément à l’intérêt général. C’est aussi la thèse soutenue par un célèbre économiste dont j’ai oublié le nom (mémoire de poisson rouge haha).
    Depuis quelques temps, je suis en pleine réflexion et je dois avouer que je me suis retrouvée parfaitement dans ton analyse. J’ai tendance à dire et à penser sérieusement que je pense aux autres et qu’en retour rien ne se passe. Tout se fait dans un seul sens à un point où j’ai accumulé tellement de colère face à cette frustration. Et puis un jour, j’ai décidé d’arrêter. D’arrêter d’en vouloir faire autant pour les autres. D’arrêter de vouloir être la plus gentille. De commencer à penser à moi. D’être un tout petit peu plus égoiste. Et ça a marché pendant un temps. Mais j’ai très vite déchanté parce que j’ai commencé à ressentir de la solitude (pas cool cool). Et c’est là que j’ai compris (et je te rejoins encore sur ce point) que je rendais les autres responsables de mon bonheur et de mon bien-être ce qui est, on est bien d’accord, irresponsable et stupide. J’en arrive au point où je réfléchis toujours, où j’apprends aussi énormément et où parfois je cherche…
    Merci

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    1. Cendra Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire! Et j’ai envie de dire que je te rejoins également encore: moi aussi je réfléchis toujours, j’apprends encore et je chemine toooout doucement vers je ne sais où!

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