Ca fait comme une pluie qui fait fermer les yeux

Y a rien à faire, j’essaie d’écrire des articles, j’ai ouvert une pelleté de brouillons, mais je n’arrive pas à me convaincre d’en publier un. Aucun ne me plait, j’aimerais pouvoir écrire des mots comme s’ils coulaient comme de l’eau, mais que dalle, chaque mot est un caillou qui ne tient pas sur le précédent.

Tu me diras, au final j’en ai bien écris un d’article la preuve, il n’empêche que tu vas vite te rendre compte qu’il ne contient rien de palpitant ni même un semblant de trame ou de fil conducteur.

 

Je cherche à me passionner, un peu partout, par tout ce que je touche, je rêve d’avoir un jour une étincelle qui fera de moi une furieuse, une acharnée. Au final, je suis une furieuse dans les revendications mais peu dans les actions. J’envie les passionnés, les timbrés, ceux qui consacrent 20h par semaine à un sport ou une activité, ils sont à fond, ils ont une cible devant les yeux, une voie, un truc à regarder quoi, qui reste toujours devant eux, comme une persistance rétinienne qui partirait jamais . Moi j’ai mille idées et aucune dans mon collimateur. J’envie les routards, les marginaux qui plaquent le monde civilisé en lui disant d’aller crever tout seul sans eux. J’envie leurs aventures, et le drapeau qu’il porte haut, très haut sur eux, fièrement devant la masse de moutons.

Encore une fois, mon frère me disait il y quelques jours « oui mais toi, tu as réussi ta vie, alors c’est normal que tu t’occupes de ceux qui ont foiré la leur » (sous entendant la sienne). J’ai gueulé, encore, on a gueulé, encore, parce que non, je n’ai pas à porter sur mes épaules le poids de ses échecs. Je vous emm*rde, je ne suis plus la petite fille parfaite et docile qui se range derrière bien tranquillement, cette image d’enfant si sage est en train de mourir. Alors c’est ça, quand on rentre dans les rangs, bien sagement, on a réussi notre vie? Foutaises encore, il y a des marginaux plus heureux que moi, et, selon moi réussir sa vie cela veut dire qu’on est heureux et sacrément bien dans ses pompes. Les miennes je les ai pas encore trouvé, alors, non, je ne m’occuperai pas des problèmes des autres en plus des miens.

Je me suis toujours sentie seule, depuis la maternelle, je m’en souviens encore. Parfois ça fait comme si j’étais seule dans un endroit qui fait peur, un peu comme un insecte au milieu d’une grande cave noire. Mais je n’inventerais rien en disant que de toute manière, on est tous seuls, seuls avec nos émotions, nos vécus intérieurs, qui sont intimement seuls dans notre corps unique. J’ai un océan dedans qui voudrait sortir mais j’ai un énorme et immense barrage blindé qui ne laisse passer qu’un filet d’eau. C’est con, à ce rythme là, je mourrai avec un sacré paquet de flotte à l’intérieure encore.

J’en veux au monde que l’Homme s’est crée, je le trouve si mauvais et imparfait. J’ai une colère pour cette traditionnelle éducation de violence ordinaire qui a totalement pourrie le Monde. L’épanouissement, le bien être et l’empathie collective, sont pourtant tellement à notre portée, faut être sacrément con pour passer à côté. Je sais que ça viendra, dans quelques siècles, c’est du gâchis de faire ça si doucement alors qu’on sait déjà tout ce qu’il faudrait faire. D’ici là, on sera peut être déjà plus là d’ailleurs, débile, c’est nase. « On vit pas dans le monde des bisounours », me répète souvent mon frère, il a raison, et pourtant, ce serait complètement faisable, c’est con. N.B: perso, j’ai plutôt tendance à rêver d’entrer dans le monde de Dany (les connaisseurs me comprendront), parce que n’empêche même chez les bisounours il y a des méchants.

gouttes vitre

A la base, j’avais crée ce blog, un peu pour faire comme si j’écrivais à mon enfant intérieur, la petite Cendra muette. ‘Savez qu’elle en a un sacré paquet à dire, un sacré sacré paquet… On lui a tellement fermé son clapet à double tour durant toute son enfance, que derrière ses lèvres, y a du lourd, du décibels, du merdier, mais aussi des opinions, des idées et des pas cons en plus, de quoi en surprendre plus d’un. Alors je crois qu’elle apprécie que je me batte pour elle, que je me débatte avec le bordel qu’on nous a mis autour des bras, je pense qu’elle aime me voir en plein combat et m’agiter pour nous sortir de là toutes les deux.

Il y a cet autre bébé intérieur, si discret, qui pousse dans mon ventre et que j’aime déjà tant. Je ne me projette pas avec lui, je ne l’imagine pas, je ne vais pas au delà de la seconde que j’habite avec lui, et j’aime ça je crois. Ce bébé, et la relation d’instants successifs que l’on partage me donne l’impression de partager avec lui un sentiment de plénitude. Reste là au chaud, tout tranquillement grandis, ici c’est un peu la foire, alors prends ton temps, quand tu sortiras ce sera sans doute moins le bazar.

Et il y a mon fils, ma bataille. C’est vrai, c’est mon combat, il représente exactement ce que je veux que le monde voit, il porte avec lui mon coeur entier avec les artères et tout le bordel. J’y mets mes tripes, parfois ça fait mal, et je le fais souffrir aussi, parfois. Alors je m’excuse auprès de lui, et, quoiqu’il arrive, je reviens toujours à lui. Je ne laisse aucun vide ni aucun silence, pas de non-dits, c’est interdit entre nous.

Et puis oui évidemment, parmi la pluie qui m’inonde, il y a mon père, l’autre bout de la corde. Il y a cette mort qui n’a jamais été aussi près, et la peur qui va avec.

Alors c’est ça. Parfois, en ce moment, ça me fait comme une pluie qui tombe, comme quand on lève les yeux pour essayer de la regarder tomber, mais que les gouttes nous forcent à fermer les yeux. C’est trop d’un coup, c’est pas violent, c’est juste sans repos.

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2 réflexions au sujet de « Ca fait comme une pluie qui fait fermer les yeux »

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