La peur au ventre, celle qui balaie tout

C’est bien la première fois que je laisse passer tant de temps entre deux articles et que, surtout entre deux, je n’ouvre quasiment aucun brouillon.

En fait, j’avais l’intention de publier une petite activité de Noël toute simple que j’ai faite avec mon fils ou encore de te parler de l’appréhension que j’ai eu de lui apprendre que j’avais un autre bébé que lui dans mon ventre (appréhension qui s’est avérée non fondée) ou peut être encore de clore les épisodes que j’avais commencé il y a un siècle racontant nos soucis avec le sommeil de la Globule, parce que d’ailleurs, enfin, j’ai une fin à énoncer.

Mais tout ça ne m’emballait pas spécialement. Quasiment chaque fois, je publie un article avec envie, entrain. Là rien ne m’emballait. Je sais à quoi cela est du: mon début de grossesse qui me joue des tours, J’ai l’humeur maussade, les nausées me gâchent l’entrain et je suis exténuée.

Tout ça pour vous expliquer pourquoi je n’ai pas publié depuis un mois. Mais il y a également une autre raison, bien plus palpable et concrète.

Je n’ai, je crois jamais parlé ici de mes relations à ma famille, et à mon père. Cet article serait bien insuffisant pour le faire.
Mon parcours intérieur m’a fait prendre mes distances avec lui, j’en avais besoin. Alors que lui s’acharnait à me rappeler que la famille s’est important et qu’il faut se voir et se donner des nouvelles, moi au contraire j’avais besoin d’isolement.

Alors, on ne s’est plus donné de nouvelles, comme ça sans déclenchement particulier. Pendant des semaines et des semaines. Petit à petit, j’ai repensé à lui, à mon père. J’ai eu envie d’avoir de ses nouvelles, j’ai repensé aux épreuves par lesquelles il est passé et à celles encore présentes. Il faut bien le dire, mon père a eu une vie difficile, de celles qu’on voit dans les films dramatiques tournés dans un contexte de début du 20ème siècle, ce genre là.

En dehors de son rôle de père qui fut, par le passé, ma foi, fortement critiquable mais pour lequel cet article, encore une fois, serait insuffisant, en tant qu’être il est incroyable. Il a cette force unique, que je n’ai vu nulle part, qui le fait passer les épreuves en un seul coup quand d’autres rament longtemps. Il est aussi généreux qu’amical. Les gens l’aiment tous, mais les gens ont aussi tendance à grignoter sur sa trop forte générosité. En résumé, je suis incontestablement fière, fière, fière de l’homme qu’il est et de son parcours.

Fin novembre: il m’appelle pour me souhaité mon anniversaire, alors je prends de ses nouvelles. Il va bien et vient de faire la gastroscopie qu’il devait faire depuis longtemps. Il y a des « trucs » mais sans doute rien d’important, les résultats d’analyses arriveront dans trois semaines. Suite à ça, je n’ai pas été plus alarmée que ça, et pourtant j’avais nettement en tête, l’échéance des trois semaines.

Cette échéance arrive et je me bouge pour l’appeler. Il ne me répond pas et ne me rappelle pas. Ca ne lui ressemble pas.
Le lendemain, ma mère m’appelle en plein boulot, je décroche parce que je sentais qu’il le fallait. Elle m’annonce que mon père est malade, malade du genre c’est l’hôpital qui sera son deuxième foyer, tu vois.

Je m’écroule. Aujourd’hui, je ne me suis toujours pas relevée.

peur desat

Il n’y a pas un seul, pas un seul et unique cas de « longue maladie » dans ma famille et c’est sur mon papa que cela vient s’abattre.

Aujourd’hui, j’ai la peur au ventre, à côté de la vie que je porte, j’ai cette peur. Je fais fleurir un bout de vie dans mon ventre pendant que mon père lui porte un bout de mort dans le sien. Est ce vivable, est ce surmontable.
L’écrire me tord le ventre, ça rend la chose visible, comme si elle méritait la place sur un lieu d’écrits, alors qu’au fond, je préfèrerais même, peut être, ne pas du tout la considérer. L’ignorer la fera t elle disparaitre?

La Vie est aussi imparfaite que nous le sommes alors. La justice n’est pas de la Vie alors? Où vit la justice, d’où est ce qu’elle naît?

Ne me prends pas mon père, j’ai encore un long parcours à faire avec lui.
Quand ce genre d’épreuve nous tombe dessus, cela a au moins le mérite de faire du vent et de souffler très loin les futiles et si vieilles contrariétés. Cela a accéléré mon travail intérieur, en flèche je suis arrivée en bout de ligne avec un horizon de nouveautés. Laisse moi donc les explorer.

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2 réflexions au sujet de « La peur au ventre, celle qui balaie tout »

  1. Aud

    Pas facile comme ‘épisode’… en lisant, j’ai eu un peu l’impression de revivre ma propre histoire… la maladie de mon père à commencé quand je suis partie de la maison, au final, j’ai passé beaucoup de temps lors mon premier mois de maman à la clinique… auprès de mon papa, décédé, quand ma fille avait 1 mois. J’avais une sensation d’injustice. Bref je ne vais pas m’étaler plus mais je te souhaite beaucoup de courage…

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