Le premier enfant: l’objet de nos premières erreurs

Tu t’es déjà fais la réflexion? Te dire que ton premier enfant, mine de rien, il prend en pleine poire toutes nos erreurs de parents débutants…

Ca m’énerve mais ça m’énerve… Me dire que mon fils, la chair de ma chair, mon amour de bonhomme que j’aime plus que tout, a subit et continuera de subir nos tâtonnements, nos essais, nos premières fois et donc nos conneries involontaires en tant que jeunes parents.

Parce que clairement, c’est vraiment ça. Nous, en tant que primipares, on est en plein dans l’inconnu, la nouveauté, la découverte de la parentalité pour chaque étape de la croissance, le nouveau né, le bébé, l’enfant, et, bondieu que j’appréhende, l’adolescent. Notre fils nous apprend TOUT, TOUT TOUT. Du changement de couches, jusqu’aux négociations pour qu’il nous laisse lui peigner les cheveux ou lui enlever le pantalon plein de pipi en passant bien sûr par la découverte de nouvelles acquisitions et la gestion des émotions infantiles exacerbées.

A sa naissance, il était comme un diamant brut, fragile, que l’on portait comme s’il allait se briser. On y connaissait rien, que dalle, peau d’zob. On en était au point de demander aux puéricultrices si c’était normal qu’il respire si vite quand il dort, si sa fréquente de gaz intestinaux étaient correct, ou encore si c’était grave de le sortir par temps froid, bref, on nageait en plein marécage.

Je me souviens de ma naïveté, de mon ignorance si profonde que j’en étais soumise aux dires des autres dames.

J’ai accouché à 16h31, le temps a ensuite défilé si vite qu’il était déjà l’heure de dormir. On m’a pris mon fils pour le mettre en pouponnière, je n’ai pas bronché d’un poil, naïve, ignorante, je me suis dis « ok, no problemo, moi je vous suis« . Le lendemain matin, on me l’a ramené avec une tétine improvisée (une tétine de biberon), on m’a dit « on lui a donné ça parce qu’il a un fort besoin de tétouiller, il en avait besoin ». « No problemo j’vous dis, vous faites comme vous le sentez, moi j’y connais que dalle ».

Aujourd’hui j’ai de la rancœur contre ces dames qui n’ont même pas eu le respect de demander aux parents si elles pouvaient ou pas donner une tétine à mon fils.

Aujourd’hui, je suis une primipare expérimentée, j’ai essuyée des tempêtes par centaines, des naufrages, des milliers d’heures de fatigues, des milliers de changements de couches, de nettoyage de nez, des millions de minutes de bercements. J’ai tenté mille astuces pour soulager et apaiser mon fils, je suis experte dans l’endormissement d’un bébé ultra-demandeur et dans la résistance contre l’épuisement. Alors, maintenant avec du recul, je me rends compte à quel point je n’étais pas d’accord avec les conseils pourris des autres, à quel point ils n’étaient pas de meilleurs parents que nous, et à quel point j’aurais aimé pouvoir leur dire que je ne souhaite pas les écouter!

pieds chaussures

Tout ça, je le dois à mon fils, il m’aura tout appris. C’est lui qui m’a faite Mère, c’est lui qui m’a montré le chemin, qui m’a enseigné mon rôle, qui m’a construite. Je lui dois tout. Le revers de la médaille, pour mon plus grand malheur, ce sera peut être quelques blessures intérieures qui seront présentes en lui, suite à des erreurs et des regrets de parents tout frais.

Oui, des erreurs que je regrette beaucoup aujourd’hui, des erreurs que je ne ferai plus, et qui, avec mon expérience actuelle, n’auraient pas eu lieu si je pouvais revenir en arrière.
Aaaah, si je pouvais emporter avec moi mon expérience actuelle et la refourguer à la Cendra d’il y a 2 ans et demi, pouah, comme je m’en serais reconnaissante à vie!

Bien sûr, j’en ferais d’autres, même si j’avais la possibilité d’effacer mes erreurs, il y en aurait eu d’autres et il y en aura toujours. Et même pour un second, il y aura d’autres erreurs, c’est évident, mais on ne sera jamais aussi ignorant que pour le premier. L’ainé, mine de rien, a une place pas facile, il est, potentiellement, plus exposé aux erreurs qui le marqueront, un peu comme s’il était positionné en première ligne, les autres derrière se prendront moins de blessures, ou en tout cas moins de blessures liées à des parents débutants!

Merci mon fils, tu m’apprends tout, c’est toi qui me forme en tant que mère et je suis en colère de me dire que tu as subis et subiras encore mes erreurs de débutante, pourtant, je t’aime plus que tout, n’en doute jamais jamais.

 

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2 réflexions au sujet de « Le premier enfant: l’objet de nos premières erreurs »

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